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jeudi 8 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous tient au courant de toutes  les petites nouvelles du coin :

Le 21 juillet 1912 : Notre sympathique G. Paquay vient de remporter une médaille d’or et un diplôme d’honneur à la course de régularité pour motocyclettes Paris-Liège.

Le 27 juillet 1913 : les coureurs indépendants du Circuit provincial organisé par le vélodrome de Jupille et le comité des fêtes d’Ayeneux traverseront notre localité lundi prochain vers 1h de l’après-midi.

Le 26 juillet 1914 : A Grand-Halleux, au Vélodrome de la Salm, des courses ont eu lieu le 19 écoulé sous les applaudissements frénétiques d’une foule passionnée et avec le concours de la société de fanfares. Classement de la première course : 1er : Lanuit, 2ème : Jeunejean, 3ème : Gilson, tous de Grand-Halleux, 4ème : Hoffmann de Rencheux, 5ème : Baccus de Grand-Halleux.

La nécrologie nous apprend que jeudi dernier ont été célébrées les funérailles de Constant Paquay. Une foule énorme y assistait, preuve certaine de l’estime acquit [sic] par le regretté défunt.

Le 9 juillet 1933 : Sur le circuit de Stavelot-Francorchamps se courra dimanche le Grand Prix de Belgique vitesse automobile. Le départ sera donné à 13h et les concurrents devront boucler 40 fois le circuit. Seront en présence la Maserati de Zehender, les 4 Bugatti de Varzi, Williams, Dreyfus et Lehoux, les 5 Alfa-Roméo de Nuvolari, Wimille, Markewich, Chiron et Moll.
Cette liste d’engagés ne correspond pas tout à fait à la grille de départ figurant dans les livres de références.

A Vielsalm, le vendredi 7 juillet vers 11h30 Alexandre Claude pêchait au ruisseau près de l’étang du Baron de Rosée au Tienne Messe. De loin, il lui sembla apercevoir un baigneur dans ledit étang mais en s’approchant il se rendit compte que c’était un noyé. Il s’agissait en fait d’une femme en laquelle on reconnut vite Léa Gothal, épouse de Constant Putz, camionneur à la boulangerie Demoulin. Le corps était vêtu d’un pantalon blanc et d’un cache corset, comme pour le bain. Les vêtements étaient déposés dans la cabine au bord de l’eau. Comme elle vomissait de la nourriture on suppose qu’elle a voulu aller se baigner après son déjeuner et qu’elle a été prise de congestion. Âgée de 23 ans, elle était mariée depuis 4 ans et n’avait pas d’enfant.

Le 1er juillet 1934 : le meunier François Heinskyll de Regné a été découvert mort, lundi, dans son moulin. Ce moulin est en construction et seule la roue motrice est montée. Le cadavre était au fond du trou de cette roue et portait plusieurs plaies béantes. On se perd en conjecture sur cette mort qui paraît étrange.

Le 8 juillet 1934 : vendredi après-midi un pénible accident est survenu sur le tronçon de la route en réfection devant la propriété  Misson. Un cycliste, M. Renard de Rencheux, s’était engagé dans le couloir déjà réfectionné lorsque la camionnette de M. Caëls de Rencheux survint par derrière et heurta le cycliste qui fut violemment projeté sur la chaussée. Il fut promptement dirigé vers la clinique de Trois-Ponts : on craint une fracture du crâne.

A Ville-du-Bois, vendredi dans l’après-midi, Melle Remacle  était allée traire dans les champs. Les vaches rendues furieuses par le chien qui l’accompagnait se lancèrent sur elle et s’acharnèrent. Aux cris poussés par la victime, des personnes travaillant aux environs accoururent et eurent toutes les peines à la délivrer. Le docteur Misson, mandé, a réservé son diagnostic.
                                                                                                                                                                                                     Robert NIZET


jeudi 1 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans l’Organe de Vielsalm

du 25 juillet 1909 : la Cour d’assises de Trêves a condamné à mort Breuer qui, il y a quelques mois, avait lâchement assassiné Mr Mathonet de St-Vith.

du 3 juillet 1910 : le chien du cantonnier Dufourny a été écrasé vendredi par le vicinal en face de la maison Rausens [actuellement Mullen à côté de la Place de Salm, voir la photo d’époque] à Vielsalm.

du 10 juillet 1910 : un club cycliste est en voie de formation en notre ville. Nous engageons nos jeunes à s’inscrire et nous formons des vœux pour voir à Vielsalm une forte société de sport. Il va sans dire que toute question politique sera écartée et que le seul but des organisateurs est le sport et l’athlétisme.

Le sport colombophile est, quant à lui, entaché d’une fraude de plus. Le sieur X qui occupait une place en vue dans la société  Le Ramier vient de se faire prendre en flagrant délit au local même au moment où il enlevait les bagues à ses pigeons avant de les enloger. Il faut savoir que les pigeons sont bagués à la société avec une bague en caoutchouc numérotée que l’on constate à la rentrée du pigeon. C’est grâce à M. Jean Kaiser, un dévoué commissaire, que l’on doit la découverte de la fraude qui aurait pu durer encore longtemps. L’amateur indélicat a évidemment été exclu de la société sine die.

du 24 juillet 1910 : un aliéné de la colonie de Lierneux s’est échappé lundi en trompant la surveillance de son gardien et a gagné la voie ferrée qu’il a suivie de Rencheux à Trois-Ponts sans être inquiété par les ouvriers de la voie qui prirent le fou, bien habillé, pour un surveillant ! En gare de Trois-Ponts, il tenta de prendre un coupon pour Bruxelles en disant qu’il n’avait pas d’argent : il fut éconduit puis gagna Stavelot où il logea avant de pénétrer dans le train vers Trois-Ponts pour regagner la colonie ! Son gardien, prévenu, arriva pour l’accompagner mais le fugitif tenta alors de se jeter par une portière alors que le train roulait. Il en fut empêché par son gardien et des voyageurs et réintégra la colonie.
Quelle affaire !

A Burtonville, M. N. Grolinger, brigadier des douanes en congé de maladie pour cause de neurasthénie a disparu de son domicile depuis samedi dernier le  16 alors qu’il voulait se rendre à Rogery. Le soir du 19 il n’était pas encore rentré. Une battue organisée dans les bois n’a rien donné et les recherches faites par la police allemande avec des chiens sont aussi restées vaines. Voici le signalement du disparu : 1,62m, cheveux et moustaches grisonnants, figure ronde, yeux gris-bleues [sic], chapeau de paille grand format, gilet et veston gris clair, pantalon de coutil, col de caoutchouc droit, cravate noire, souliers ferrés. Le même fait s’est produit il y a une quarantaine d’années et la victime, un douanier également, n’a jamais été retrouvée. On a toujours supposé que le malheureux avait été  enlisé dans les fagnes de Bechfat [sic].

A Lierneux, deux vaches ont été foudroyées dimanche dernier dans une pâture pendant l’orage qui s’est déchaîné sur notre contrée.

du 23 juillet 1911 : le bruit circule que le Gouvernement serait intentionné de démolir une partie du presbytère, de la maison Sépult et du mur de clôture de l’église pour élargir la route à cet endroit. Sous toutes réserves !

                                                                               Robert NIZET


mardi 7 mai 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe de Vielsalm du 9 avril 1905 donne les informations sur le prix d’entrée (1fr) et les abonnements à l’Exposition de Liège dont l’ouverture approche. Les abonnements acquis dès à présent permettent en outre la visite des travaux préparatoires. L’abonnement ordinaire coûtera 20 frs ; pour les actionnaires, 15 frs ; pour les militaires de tous grades en fonction ou à la retraite, leur femme et leurs enfants, 10frs. La demande doit être accompagnée d’une photo format carte de visite sur carton dur.

Retour du Congo : le commandant Alphonse Jacques de la mission d’étude du chemin de fer du Katanga se trouvait à bord de l’Anversville arrivé à Anvers le 3 avril dernier. Il était descendu à Southampton et est revenu par Ostende. Son boy Abdallah l’accompagne. [Précisons pour les tintinophiles que ce n’est pas le même Abdallah, fils de l’émir Mohammed Ben Kalisch Ezab et  cher au capitaine Haddock]. C’est déjà la septième fois que ce négro [sic] vient en Europe. M. Jacques nous est revenu bien portant.

Dans l’édition du 8 avril 1906 il est question de divers travaux auxquels le ministre promet son soutien : construction d’un égoût, pavage de la partie de la route Sedan-Malmedy entre Vielsalm et Salmchâteau et nouvelle voie de chargement du vicinal Lierneux-Vielsalm à la gare de Vielsalm




La pompe située au bas de la place du marché fait l’objet d’articles récurrents.

  
Le 3 juin 1906 : Estudientina – La visite des Etudiants des Mines de L’Université a été, comme les années précédentes, marquée par la culbute de pompe se trouvant au bas de la place du marché.

Le 6 avril 1913 : le passage des étudiants en notre localité a encore été marqué par quelques exploits drolatiques. Ils s’en sont de nouveau pris à notre pauvre borne fontaine, l’ont arrachée, décapitée et sont partis en emportant la partie supérieure. Tout cela accompagné de cris, de chants et de discours. Il paraîtrait que le larcin se trouve à Stavelot à la disposition de notre administration communale.

Le 26 avril 1914 : dans la nuit de lundi à mardi les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à notre fameuse pompe de la place du marché. Pour la trente-unième [sic] fois cette dernière a été malmenée et en fin de compte portée sur le kiosque au milieu d’un charivari très animé. Selon leur coutume ils sont arrivés le lendemain matin pour lui rendre leurs derniers hommages, malheureusement leur espoir fut déçu, la pompe avait été soustraite à leur extravagance. Cette fumisterie durera-t-elle jusqu’à la consommation des siècles ou fera-t-on disparaître ou placer moins en vue cette pauvre persécutée ?

Chaque année à pareille époque, l’Organe rapporte des faits similaires.
 Lu sur une carte éditée par Ernotte-Colson avec la légende « Vielsalm-Grand’Place » et envoyée le 24 mai 1905 : Mon cher Marcel. Ci-dessus [avec une flèche] la pompe que nous avons fichue par terre dès notre arrivée à 5 heures à Vielsalm ; un superbe jet d’eau s’élève sur la place. Ebahissement général des naturels. Léon.
Les « naturels », c’est nos grands-parents !

Maintenant (en 2013)  que la place est de nouveau pourvue d’une fontaine, cette tradition pourrait, ne trouvez-vous pas, être remise à l’honneur ?  Je compte glisser l’idée à l’un ou l’autre président d’étudiants toujours à la recherche de tours à jouer !

Dans l’Organe du 3 avril 1910 : Nous  savons de la meilleure source que nous sommes sur le point d’obtenir un train venant de Gouvy vers 4h40, allant jusque Grand-Halleux sans arrêt, puis, retournant de là à 5h25 pour s’arrêter partout et donner la correspondance à Gouvy vers Libramont à 6h05. Nous savons aussi que M. le chef de station de Vielsalm a donné un avis défavorable. Allons, MM. les intéressés de Vielsalm, tâchez de faire changer d’avis notre brave chef de station. [qui, à l’époque, était J.C. Goffart]

                                                                                         Robert NIZET 

mardi 8 novembre 2011

Création de la route Salmchâteau - Trois-Ponts en 1845

538. — 12 JUILLET 1845. — Arrêté royal déterminant le tracé de la route de Salm-Château à Trois-Ponts. (Monit. du 20 juillet 1845.)

Léopold, etc. Revu, 1° notre arrêté du 26 mars 1845, autorisant la construction, aux frais de l'État, d'une route de Salm-Château à Trois-Ponts, par le vallon de la Salm;
2° L'art. 3, portant qu'il sera statué ultérieurement sur les détails du tracé définitif de la route décrétée;
Sur la proposition de notre ministre des travaux publics,
Nous avons arrêté et arrêtons:

Art. 1er . Le tracé de la section de route comprise entre Salm-Château et Trois-Ponts suivra la direction générale indiquée au plan annexé au présent arrêté el approuve par notre ministre des travaux publics.

Art. 2. Ce tracé présentant un développement total de 15,427 mètres, aura son point de départ sur la place publique de Salm-Château, a l'extrémité de la section en construction entre la route de Bastogne vers Aywaille et Salm-Château.
Il se composera des alignements et courbes ci-après indiqués:

Le premier alignement formera le prolongement de l'alignement extrême de la section de route comprise entre celle de Bastogne vers Aywaille et Salm-Château, sur une longueur de 195 mètres; il passera entre l'église de Salm-Château et la maison du sieur Andrianne (Bartbélemy), situées respectivement à gauche et à droite du tracé;

Le deuxième alignement, long de 98 mètres, formera sur la droite, avec le précédent, un angle de 173 degrés. Il passera entre la Salm et la maison du sieur Masson, dont l'angle nord-ouest restera à cinq mètres sur la droite;
A partir de l'extrémité du deuxième alignement, le tracé se composera d'une première suite de courbes régulières sur une longueur totale de 600 mètres 50 cent., lesquelles passeront au pied des ardoisières de la société Luxembourgeoise, qui resteront à droite et la Salm à gauche;
A cette première série de courbes succédera le troisième alignement, dont la longueur sera de 400 mètres, lequel se tiendra constamment sur la droite du chemin de Salm-Château à Vielsalm;

Le quatrième alignement formera sur la gauche, avec le précédent, un angle de 146 degrés 10 minutes. Il restera également sur la droite du chemin de Salm-Château à Vielsalm, et ira se terminer à 299 mètres au delà de son origine;

Le cinquième alignement traversera le chemin de Salm-Château à Vielsalm, sur la gauche duquel il se terminera un peu en deçà de la chapelle Saint-Jean-Goux; sa longueur sera de 268 mètres, et il formera, avec le précédent, un angle de 161 degrés 5 minutes, dont l'ouverture sera tournée vers la droite;

Le sixième alignement, long de 392 mètres, formera sur la droite, avec le précédent, un angle de 172 degrés. 11 suivra à peu près le chemin de Salm-Château à Vielsalm, dans lequel il se terminera;

La longueur du septième alignement sera de 258 mètres 50 cent.; il formera, avec le précédent, un angle de 162 degrés 26 minutes, dont l'ouverture sera tournée à gauche et se terminera dans le chemin communal un peu en deçà des premières maisons de Vielsalm;

Le huitième alignement formera à gauche, avec le précédent, un angle de 160 degrés 15 minutes; il aura 128 mètres 50 cent. de longueur, passera à l'angle sud-ouest des bâtiments servant de remises à M. Lamberty (Christophe), et ira se terminer sur la place publique de Vielsalm, entre le presbylère et la maison du sieur Offergeld;

Le neuvième alignement, long de 52 mètres seulement, se dirigera vers la gauche, sous un angle de 132 degrés 35 minutes. Il passera entre l'auberge du sieur Sépult et la maison Masson, qui se trouvent respectivement sur la gauche et sur la droite du tracé;
Au neuvième alignement succédera une courbe régulière de soixante mètres de développement, laquelle contournera le jardin Masson, le cimetière et l'église de Vielsalm, qui resteront sur la droite, et ira se terminer un peu en deçà d'un petit bâtiment en ruine appartenant à la dame veuve Lebaron;

Celte courbe sera suivie du dixième alignement, long de 134 mètres, lequel ira se terminer en face et à 26 mètres sur la gauche de l'angle nord-ouest de la dernière maison de Vielsalm, appartenant au sieur Toussaint Jean-Goux;
A l'extrémité du dixième alignement commencera une seconde suite de courbes régulières d'un développement total de 906 mètres;
Ces courbes traverseront deux fois le chemin de Vielsalm à Grand-Halleux, un peu en deçà et immédiatement au delà de la chapelle Touton, qui restera sur la gauche ; elles passeront ensuite sur le dessus des prairies de Vielsalm pour entrer dans des terres sartables et dans des broussailles, en laissant les fanges et tourbières appartenant à plusieurs particuliers de Vielsalm, à peu de distance sur la gauche, et aller se terminer dans un petit bois de sapins appartenant au sieur Piette (Guillaume), de Vielsalm;

C'est à la fin de ces courbes que commencera le onzième alignement, long de 205 mètres;

Le douzième alignement fléchira vers la gauche, sous un angle de 169 degrés 15 minutes. Il aura 165 mètres de longueur et sera suivi d'une courbe régulière de 358 mètres 50 cent, de développement total, laquelle restera constamment sur la droite du chemin d'exploitation qui longe la rive droite de la Salm;
Viendra ensuite le treizième alignement dont la longueur est de 343 mètres; il traversera le chemin d'exploitation susmentionné, pour aller se terminer sur la gauche, à la naissance d'une troisième série de courbes régulières et de très petits alignements, ayant ensemble une longueur totale de 1,849 mètres; sur cette distance l'axe de la route suivra le cours de la Salm, dont le lit sera reporté plus sur la gauche, à trois endroits différents, vis-à vis des rochers de Hourt, qui resteront à droite du tracé;
La dernière courbe de cette série se terminera dans le chemin communal, à l'entrée des clos du village de Hourt, où commencera le quinzième alignement, long de 393 mètres. Celui-ci suivra a peu près le chemin communal, dans lequel il se terminera à l'entrée du village de Hourt;

La longueur du seizième alignement sera de 143 mètres; il formera, avec le précédent, un angle de 155 degrés 23 minutes, dont l'ouverture sera tournée vers la gauche, et il ira se terminer sur le bord et à droite du chemin communal;

Le dix-septième alignement formera à droite, avec le précédent, un angle de 146 degrés 26 minutes. Il suivra constamment la traverse du village de Hourt, dans laquelle il se terminera à 104 mètres au delà de son origine;

Le dix-huitième alignement se dirigera vers la gauche, sous un angle de 172 degrés 42 minutes. Il aura 123 mètres de longueur et suivra également la traverse du village jusque près de la maison de la dame veuve Parmentier, a coté de laquelle il se terminera;

Le dix-neuvième alignement, long de 465 mètres 50 cent., fléchira vers la gauche, sous un angle de 162 degrés 16 minutes, el il ira se terminer à l'entrée du village de Grand-Halleux en face de la maison du sieur Vincotte (Thomas);

Le vingtième alignement formera, avec le précédent, un angle de 143 degrés 57 minutes, dont l'ouverture sera tournée vers la gauche. Il aura 104 mètres de longueur et suivra la traverse de Grand-Halleux;

Le vingt et unième alignement aura une longueur de 58 mètres 50 cent. et formera à droite, avec le précédent, un angle de 163 degrés 14 minutes;

Le vingt-deuxième alignement, dont la longueur sera de 131 mètres, fléchira vers la gauche, sous un angle de 147 degrés 40 minutes. Il passera entre les bâtiments du sieur Herman (Eugène), et ira se terminer dans le chemin de Petit-Halleux;

Le vingt-troisième alignement formera, sur la droite, avec le précédent, un angle de 148 degrés 30 minutes. Il aura 153 mètres de longueur et traversera les clos de Grand-Halleux pour aller se terminer à la naissance d'une quatrième suite de courbes régulières ayant un développement total de 469 mètres 50 centimètres.

A partir de l'extrémité de cette quatrième série de courbes commencera le vingt-quatrième alignement, long de 197 mètres 50 cent., lequel ira se terminer dans une terre sartable appartenant à la fabrique de Grand-Halleux;

Le vingt-cinquième alignement aura 279 mètres de longueur et formera, sur la droite, avec le précédent, un angle de 171 degrés, il longera la Salm, qui restera sur la gauche; Le vingt-sixième alignement se dirigera vers la droite sous un angle de 150 degrés, pour aller se terminer à 136 mètres au delà de son origine;

Le vingt-septième alignement n'aura que 74 mètres 50 cent. de longueur et il fléchira vers la gauche, sous un angle de 173 degrés 30 minutes;

La longueur du vingt-huitième alignement sera de 134 mètres 50 cent. ; il formera, avec le précédent, un angle de 173 degrés 35 minutes, dont l'ouverture sera tournée vers la droite et se terminera un peu en deçà du chemin de Grand-Halleux à Wanne;

Le vingt-neuvième alignement formera à gauche, avec le précédent, un angle de 176 degrés. Il franchira la limite séparative des provinces de Luxembourg et de Liège et ira se terminer sur le territoire de celle-ci à 183 mètres au delà de son origine;
C’est à 76 mètres au delà de la naissance de cet alignement que finira le 1er lot ;
Au vingt-neuvième alignement succédera une cinquième suite de courbes régulières et de petits alignements avant ensemble une longueur totale de 3,077 mètres, lesquels suivront eu partie les sinuosités formées par la Salm, qui restera sur la gauche, de même que le moulin de Rocklinval;

Le trentième alignement traversera la Salm et il aura 86 mètres de longueur;
A partir de l'extrémité de cet alignement, l'axe de la route se tiendra constamment sur la rive gauche de la Salm, el décrira une dernière suite de courbes régulières el de petits alignements sur une longueur de 2,403 mètres. Il traversera les haies et le dessus des prairies de Trois-Ponts, longera la maison du sieur Lambert (Barthélémy), qui restera sur la gauche, et ira aboutir à la route de Huy à Stavelot, en face et un peu à droite de l'auberge du sieur Renard.
Les axes des deux routes feront ensemble, vers la droite, un angle de 93 degrés 25 minutes.

Art. 5.Ces divers alignements seront raccordés entre eux par îles courbes régulières, dont la longueur variera de quatre-vingts à deux cents mètres.

Art. 4. Dans les traverses des villages, la largeur des accotements fixée par notre arrêté du 26 mars dernier, art. 4, pourra être restreinte par le maintien des bâtiments existants, sauf à la porter ultérieurement à 2 mètres 50 cent., au fur et à mesure que les façades de ces bâtiments seront reconstruites.

Art. 5. Noire ministre des travaux publies (M. A. Dechamps) est chargé de l'exécution du présent arrêté.

(Pasinomie, ou Collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux, Volume 15, 1845)

mercredi 9 décembre 2009

Usages d’antan. Lierneux. Barrière et Péage.

(publié en trois parties le 28 novembre 1954, le 5 décembre 1954 et le 12 décembre 1954, dans Pays de Salm ( ?))

Jadis, les villes comme les villages, étaient autorisés à établir des droits de péage, grevant soit le passage d’un pont, soit l’entrée et la sortie à chaque carrefour du village.
Le produit de ce péage était déposé chaque semaine dans une caisse particulière pour servir aux besoins urgents du village. Les commis et les contrôleurs à employer à la collecte susdite étaient désignés par la commune et choisis parmi ceux qui étaient en fonctions dans d’autres services, en prenant égard à leurs capacités et leur probité.

Pour Lierneux, nous sommes portés à croire que le droit de barrière existait encore vers 1885, taxe qui était très impopulaire et qui amenait bien souvent des conflits.

Nous possédions ce que l’on désignait : le bureau A de Basse-Bodeux ; le bureau B d’Odrimont ; le bureau C de Lierneux le tout intéressant le chemin de Regné à Basse-Bodeux.

La perception du droit de péage était mise en adjudication publique. Celle-ci était annoncée par voie d’affiches et les journaux. Les amateurs prenaient communication à la Maison communale de Lierneux, des clauses et des conditions auxquelles la perception était soumise.
L’adjudication avait lieu pour un terme de trois ans. Cependant la commune se préservait le droit de pouvoir résilier le bail à la fin de chaque année, mais cette résiliation devait être notifiée à l’intéressé au moins deux mois avant l’expiration de l’année. En ce qui concerne la perception du droit, on se conformait aux lois du 18 mars 1833.

Les procès-verbaux constatant les contraventions étaient soumis au juge de paix. Quant aux frais d’adjudication, ils étaient comme les droits d’enregistrement, à charge des adjudicataires.

Un procès-verbal d’adjudication publique du péage autorisé parut l’an 1869, le 22 décembre, et accepté par la commission spéciale nommée pour l’entretien de chemins, en présence du commissaire voyer du canton. La réunion eut lieu à la Maison communale de Lierneux, lieu indiqué par les affiches et les annonces. Les amateurs avaient reçu communication des clauses et conditions auxquelles la perception était soumise.

Les poteaux des barrières étaient placés dans la limite déterminée par l’arrêté royal du 9 octobre 1864 et les conditions du cahier des charges général, inséré au N° 1284 du mémorial administratif de la province.

Le procès-verbal du 22 décembre 1869 cité plus haut en ce qui concerne la perception des différents bureaux, nous renseigne que :

Pour le Bureau A, une mise à prix de 120 francs est offerte par le sieur Gilles SONNET, cultivateur à Basse-Bodeux. Aucune nouvelle enchère n’ayant été présentée pendant la durée des deux feux, le susdit SONNET a été déclaré adjudicataire de la perception du bureau A, dit de Basse-Bodeux, au prix de 120 francs. Il présente le sieur Jean Gaspard LEJEUNE, cultivateur à Basse-Bodeux, lequel est accepté.

Le Bureau B d’Odrimont est ensuite exposé sur la mise à prix de 70 francs par an, offerte par le sieur Jean-François LANSIVAL, maréchal-ferrant au dit Odrimont, dont l’offre est acceptée. Il a présenté comme adjudicataire le sieur Thomas François ALBERT, négociant à Odrimont. Celui-ci accepte.

Le Bureau C, dit de Lierneux, est exposé pour le prix de 60 francs, offert par le sieur Pierre-Joseph LAURENT, négociant à Lierneux. Différentes enchères sont offertes. L’une du sieur Jean Pierre MONFORT-MOTHET est déclaré adjudicataire de la perception du droit au bureau susdit. Il présente le sieur Jean Mathieu PAQUAY pour co-adjudicataire, lequel a accepté.

Généralement, les poteaux des barrières étaient généralement placés aux abords de l’habitation du percepteur, un cabaret le plus souvent, où les voituriers, car c’est d’eux qu’il s’agit, s’arrêtaient pour payer leur droit et occasionnellement prendre quelques petits verres, autre profit pour le percepteur. On ne payait pas le « passage », paraît-il, pour la chaux destinée à l’agriculture. Nous ignorons quel était exactement le montant perçu qui variait suivant que le véhicule comportait deux, trois ou quatre roues.

« La Meuse » du 26 mars 1904 écrit au propos du péage exigé sur le passage du pont de la Boverie à Liège, qu’en 1837, il était perçu trois centimes pour une personne ; un cheval ou un mulet, dix centimes ; un bœuf, une vache ou un âne, 5 centimes. À titre documentaire évidemment, cela n’ayant aucun rapport avec la perception de Lierneux dont il est question.

Il y eut adjudication en 1853 (18 avril) ; en 1854 (1er avril) ; en 1855 (9 février) ; en 1858 (15 avril) ; En cette dernière année, l’adjudication rapporta 135 francs à la commune.

En 1860, l’adjudication des barrières ne trouve pas preneur. Le principal motif qui empêchait la réadjudication est que les bureaux de perception étaient mal placés. En effet, en ce moment, on ne payait pas seulement pour la distance à parcourir, mais encore pour la distance parcourue. C’est ainsi qu’un voiturier partant de Lierneux pour Bodeux devait payer trois barrières pour deux lieues de chemin parcouru. À partir d’Odrimont pour Bodeux, on payait deux barrières pour une lieue de chemin et il en était de même pour le voiturier venant de Bra qui partait pour Bodeux et vice versa. Tandis qu’un voiturier qui partait de la partie supérieure du village de Lierneux pouvait aller à Regné et revenir sans devoir rien débourser.

Ce vice d’organisation, qui n’avait en somme été établie par la commune que pour susciter plus de concurrence entre les bailleurs, donnait lieu à des discussions, des embarras, des procès, même entre les voituriers et les collecteurs ce qui dérangeait considérablement ceux-ci. La commune voulut combler cette lacune en ne faisant plus percevoir à Bodeux que lorsqu’on entrait sur la route, soit pour se diriger vers Lierneux ou Bra. Décision fut prise de placer une barrière à Regné à laquelle on ne percevait que du côté de Lierneux. Cette mesure ramena le calme.

En 1862, le 15 novembre, l’adjudication eut lieu en faveur de Jean Pierre MONFORT-MOTTET, barrière de Lierneux, pour 80 francs annuellement ; celle d’Odrimont à Jean François JEHENSON, au prix de 45 francs.

En 1866 (26 mars), adjudication de la barrière de Bodeux, 120 francs.
En 1867 (31 janvier), une circulaire du commissaire d’arrondissement est envoyée aux communes, ayant pour objet la suppression des barrières établies sur les routes provinciales et sur les chemins vicinaux de grandes communications. Des compensations financières ayant été proposées, la commune de Lierneux décida d’adhérer complètement aux propositions dont il s’agit dans la dite circulaire et de se conformer aux décisions qui en adviendra.

En 1870 (13 janvier), approbation des barrières. Basse-Bodeux, 120 fr., Odrimont, 70 francs, Lierneux, 75 fr. Mais peu après, le droit de péage est supprimé.

En 1875, le conseil communal demanda en haut lieu le rétablissement de ce droit. Celui-ci est accordé. En 1885, il existait encore, mais pour disparaître bientôt à tout jamais.

Nous osons affirmer que la dernière barrière de Lierneux était établie au café Mathieu FAIRON (actuellement boucherie GEUZAINE). Nous n’avons pas voulu laisser se dissiper sans en conserver des bribes, cette coutume d’antan.

Charles PIERRARD

dimanche 9 août 2009

3. Le nom de Salm.

A la fin du siècle dernier, on a cherché une explication de la présence du terme Salm dans la dénomination de la famille comtale. Plusieurs opinions ont été avancées, rattachant ce terme à certaines hypothèses présence présumée, autrefois, du saumon dans nos ruisseaux ; nom du défilé entre Vielsalm et Salmchâteau, qui serait apparenté à un terme de langue finnoise ; particulièrement, nom de Salm donné à la rivière passant à Salmchâteau et sous Vielsalm. Ces suppositions ne reposent sur aucun fondement.

G. JOTTRAND, dans Notice sur Alt-Salm ( A.I.A.LUX., p. 193), écrit qu'un défilé pareil à celui qui se trouve entre Vielsalm et Salmchâteau, « s'appelle en langue finnoise Salmé », et que « c'est ce vieux nom qui est resté attaché » à la dénomination de Vielsalm.
Toutefois, dans une édition postérieure (Ed. SEVRIN, vers 1930, p. 3), JOTTRAND a modifié son texte sur cette question et ne tire aucune conclusion ; il a donc changé d'avis. Quant au véritable nom de la rivière entre Salmchâteau et Vielsalm, c'est-à-dire Glain, aujourd'hui un peu méconnu, c'est à partir de la moitié du XIXe siècle qu'on a commencé de le confondre avec celui de Salm ; mais nous ne pouvons nous étendre ici sur ce sujet.



Au cours de nos recherches à ce propos, un autre élément nous a frappé. A notre avis, il est convaincant. C'est le nom du ruisseau passant au pied du promontoire rocheux sur lequel a été bâti le premier château de Salm dont on parle ci-après.
Il s'agit du ruisseau, guère inférieur au Glain, et venant par Hermanmont, Beaufays et Petit-Thier. De sa source à son confluent avec le Glain, le terme Salm se retrouve sur son cours dans trois toponymes fort anciens et toujours utilisés par le langage local actuel :

Vîfsâm, à la source ;

Voici trois mentions de ce nom de lieu :
— 1602. « Anthoine le Burneau de la Ville du bois at vendu à Jean filz Leonard gros Henry de Burtonville... la quatriesme part de l'accens gisant à la Vivesaume... » (CS, 1602 -1609 /28).
— 1768. « Mathieu Willem Jacques du petitier » déclare vendre une prairie « en lieu dit à la vive Salm... pour le profit de Henri Englebert de Blanchefontaine » (CS, 1780-1783/138).
— 1825. « un idem (sartage) dans le vif Sâm » (Papiers GEORGES, de Petit-Thier).


Sursâm , à Petit-Thier ;

Entre autres, quatre textes
— 1581. « sa quatriesme part du pré de Sursaulme tenant pardesseur à Leonard Denys et pardessous à l'eau » (CS, 1587-1622/71).
— 1646. « moyse noel de la ville du bois.., cède à Henry Jean du pont (de Petit-Thier) sa parte de prez situe en sursalm » (CS, 1638-1651/180).
— 1733. « un pré au finage du petithier au lieu dit Sursame joindant deseur a barthelemy Jean Mathy et desoub au ruisseau » (CS, 1730-1734/93).
— 1771. « un champ situé proche le petitier dit Sursame traversé par le centier conduisant à Comanster » (CS, 1786-1788/8).


Sâmfa, entre Beaufays et Ville-du-Bois.

Bornons-nous à cette mention, de 1589 : « une pèce de pré que le dit Anthoin avoit acquis a Jehan fils de feu Andriette delle Ville du boy situé a Samfau » (CS, 1565-1594/59).
Les documents notent : Salme faix, Saulme faix, Sam faix, Samfau, Saulmefaix, Sam fax, Salmfatz.



Rien d'étonnant dès lors que ce terme se rencontre une quatrième fois vers l'aval, c'est-à-dire au pied du rocher qui a servi d'assise au castellum Salmis cité en 1153.

J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 466.
Le 7 octobre 1835, le Conseil communal de Vielsalm, dans sa délibération du jour, mentionne le cours d'eau sous le nom de « la rivière de la Salm ». Voici la mention, établie à l'occasion de la construction projetée de la route Stavelot-Diekirch, et de son passage aux abords de Vielsalm, à la partie septentrionale de la localité : « Le Conseil susdit cède en outre à la Société concessionnaire les moellons du vieux pont construit entre Vielsalm et Rencheux, pour être employés à la construction du pont nécessaire au passage de la route sur la rivière de la Salm, sous le bourg de Vielsalm ». A cette date, le nom de Glain était encore bien vivant pour désigner la rivière entre Vielsalm et Rencheux. Dans le texte qui vient d'être cité du Conseil communal, il n'y a par conséquent aucune équivoque entre Glain et Salm.


Rien d'étonnant que cette demeure seigneuriale ait pris le nom d'une caractéristique de l'endroit, le ruisseau Salm exemple de plus du phénomène humain selon lequel un habitat prend le nom de la rivière au bord de laquelle il s'est établi.
A remarquer que le terme Glain ne pouvait être choisi pour caractériser l'endroit, puisqu'il dénommait déjà, vers l'an mille, un autre domaine, voisin, au sud du ruisseau de Cierreux.
Ainsi le terme Salm s'est lié à la dénomination du château et, forcé- ment, à la famille qui occupait celui-ci.
Nous n'hésitons donc pas à expliquer la dénomination de la famille de SALM en la rattachant au nom du ruisseau prenant sa source à Vif sâm.

jeudi 30 juillet 2009

Vieux chemins au pays de Salm.



(inédit ?, 1959)

L’étude de la voirie de la région nous amène à conclure que le moyen âge, particulièrement après les XIe et XIIIe siècles, a vu s’établir un réseau de chemins nouveaux. Il témoigne de relations humaines différentes de celles des temps antérieurs, et il révèle d’autres préoccupations.
C’est un fait général qu’avec la fin des grandes invasions, plus de sécurité renaît. La population s’accroît. De nouveaux groupes d’habitations se créent, tandis que les anciens, qui ont survécu, prennent de l’ampleur. Des centres de la vie chrétienne naissent, rayonnent, et appellent la population, tels, ici, ceux de Stavelot et de Malmedy, et des paroisses s’organisent.
Le commerce aussi, peu à peu, prend de l’essor, provoque déplacements de personnes et charrois.
Inévitablement, les voies de circulation vont s’en ressentir. Elles n’auront plus des ambitions de longues distances et de sécurité qui exigeaient la ligne droite et le maintien sur les hauteurs. Mais, reprenant parfois des tronçons d’anciens chemins, sans doute, ailleurs elles s’en écartent selon les besoins plus immédiats, et elles iront d’une localité à l’autre, et, plus que leurs devancières, éviteront les fortes pentes.

Nous croyons avoir relevé quelques-uns de ces chemins ainsi créés à cette époque, et qui se sont maintenus jusqu’à la naissance de la voirie moderne plus parfaite et répondant à d’autres nécessités.

Leurs traces en sont, en général, toujours visibles ; au temps de notre jeunesse encore, des pas familiers leur restaient fidèles.

De Rogery, que l’on rejoignait facilement en venant d’Ourthe, de Beho et d’Audrange, un chemin prenait la direction de Stavelot. S’y raccordaient les charrois et les pas de la région de Bovigny, Cierreux, Bèche, Neuville.

Presque en ligne droite, il passe d’abord à gué le ruisseau de Cierreux, gagne l’extrémité est de Burtonville sous le nom de voye de Rogery, descend vers Sart-Hennard, passe la Salm, devient la grande vôye en abordant Petit-Thier, traverse Petit-Thier monte vers Les Plins passe au pas d’âne et se dirige alors vers Malmedy. Avant qu’il n’aborde Les Plins, une bifuraction s’en détache, descend à gauche vers Mon-le-Soie où vient le rejoindre un autre venant de Vielsalm par le gué de Tienne-Messe, la halinne vôye aujourd’hui désaffectée entre Priesmont et Ville-du-Bois, Rond-Chêne, Mon-le-Soie ; le chemin commun s’engage alors vers le haut de Logbiermé et vers Stavelot.

Un texte de 1753, qui le mentionne clairement : « un champ gisant à Mont le Soie desous le grand chemin de Salm à Stavelot » (CS 1753-1757/29) ; à l’Atlas des communications vicinales de Vielsalm, le tronçon qui précède Rond-Chêne est cité comme « chemin du village de Ville-du-Bois à Stavelot ».

A Mon-le-Soie a croisé ces derniers chemins un troisième qui conduit à Recht par Mon l’gros où il retrouve le chemin beaucoup plus ancien de Lierneux à Recht. Il constitue toujours, actuellement, la voie assurant les relations Grand-Halleux et Mon-le-Soie. A l’est de Mon-le-Soie, il est repris par les pâtures et les bois.
Une mention de ce chemin, du 16 août 1684 : « une demy iournée à la croix Jean Giet desseur le hour ioindant des deux costés aux hres Matthy Georis du hour et d’un autre au chemin allant vers le Soye » (CS 1683-1718/43).

Par rapport à Grand-Halleux, il présente un tracé plus court et une pente moins raide que la voie plus ancienne qu’il rejoignait donc vers Mon l’gros.

Du fait du passage de ces chemins, il n’est pas étonnant que des habitations se soient érigées pour constituer le hameau de Mon-le-Soie. L’endroit était déjà habité à la fin du XVIe siècle. Etre autres, ces mentions d’archives :

  • 1607. « Gillet des Soyes [émancipe] Jean son filz aagé d’environ quinze à seize ans » (CS 1602-1609/224vo).
  • 1621. « Jean des Soyes l’aisné… tourne en habot… le pré gisant aux Soyes, gisant pardessouz la maison du dit Jean tenant du costé inférieur au ruisseau et d’un autre endroit à Gillet » (CS 1617-1622/47)

Les dénombrements de 1561 et 1575 font état de « Jean de Soye » parmi les chefs de ménage d’Ennal dont Mon-le-Soie peut-être considéré comme une extension. Actuellement, Mon-le-Soie ne comprend plus qu’une maison et un ménage.
A notre avis, selon les mentions d’archives, l’endroit s’est d’abord dénommé Soye ( = petite scierie). Mon-le-Soie serait, selon le langage de la région, « chez le Soye », ou « chez la Soye ».

La direction de Recht a provoqué aussi une modification à un chemin plus ancien, celui qui, venant de l’ouest par Petit-Thier, vôye wiême et vers Recht.

A partir de bètch do thier, et via la croix du français, un autre tracé s’est établi. Il reste à mi-hauteur de la colline et permet d’éviter une pente assez prononcée.

Toutefois, la partie basse de Petit-Thier, et Blanchefontaine empruntaient, vers Recht, un autre chemin, parallèle au précédent et un peu plus bas.

Deux mentions :

  • 1598. « une pièce de terre derière les champs que tient présentement Jean Jeannette du petithierme tenant … pardesseur et pardessouz aux deux chemins de Reth » (CS 1587-1622/7).

1717. « certain champ … gisant au lieu vulg. Appellé le gotay Noel, joindant d’embas au chemin conduisant à Reth » (CS 1702-1725/171vo)

il avait, jusqu’à Poteau, le tracé actuel de la grand-route de l’Etat. Puis, par Moldenberg, il rejoignait le chemin venant de la Croix du Français.

Avant de quitter cette ectrémité du pays de Salm, signalons encore, entre Poteau et Recht, deux chemins coupant la grand-route de l’Etat, et se rejoignant au nord-ouest avant d’arriver à Ochsenbaracken, pour se diriger vers Malmedy.

L’un vient de la région de Crombach et Thommen, et s’approche assez près de Recht qu’il laisse à droite.

L’autre, à la borne 95/, de l’ancienne frontière, se détache du vieux chemin Stavelot-Luxembourg, et s’en écarte et vers l’est. Normalement, devaient le suivre les charrois venant de la région de Commanster et Beho. Avant d’arriver à la maison de M. Pierre DEJOSÉ qu’il laisse à droite, il a suivi un instant le tracé même de la grand-route actuelle Poteau-Recht. L’endroit où il l’abandonne, et ses environs, porte le nom, au cadastre et dans le langage local, de Salmwege.

L’essor de la ville de Liège et du nord du pays a influencé également la voirie de la région de Salm, y provoquant la naissance de chemins.

De Beho et environs, on peut marquer le début de l’un d’eux. Longeant la rive droite du Glain, il le franchit au pont de Saint-Martin, gagne Longchamps (Bovigny), tend vers Honvelez qu’il laisse à droite, descend vers la Ronce en obliquant légèrement, remonte en laissant Provedroux à droite, se dirige vers le moulin KOOS de Sart, puis le Crin-do-Sart, Arbrefontaine, et prend la direction du nord-ouest.

C’est sans doute ce chemin des environs de Erria-Bra signalé par ce texte de 1533 : « une certaine pièce d’héritage … qu’on diest minafays … ioindant d’un costet au chemin tendant de Salme à Liège doultre parte à la Cour de Hierloz et d’autre parte au prés et héritages du dit Enriaulx » .

(H.LEMAIRE, Notice sur la paroisse et l’ancienne vicomté de Bra, Liège, Donnay, 1882, p.24vo.)

Il a déjà porté le nom de « pasay de Lîdje » ou « vôye di Lîdje » en amont du gué (aujourd’hui pont) de Djivni (à l’ancien chemin d’Ourthe à Rogery).

  • 1569. « un champ sartable un peu plus haut, par de là le wy de Gevingny, joindant du costé du midy au Pasay de Lîdje, et de l’orient à la voye d’Ourte ».

(L’abbé C. GUILLAUME († 1944, curé émérite de Burtonville) qui cite ce texte dans ses notes manuscrites, ajoutait : « Nous en avons de plus récents, avec les mentions de « voie de Lîdje », et qui ont trait au même chemin ».)

La dénomination de vô de Lîdje lui est toujours attribuée près de Honvelez, et elle se rencontre également à Arbrefontaine.

Deux mentions à ce propos :

  • Du 28 septembre 1901 : « Pierre Kaifve et Jean Hubert Malsoult ambedeux d’Arbrefontaine [font un échange de terrains dont] un champ gisant à la voye de Liège » (CS 1587-1622/122).
  • Du 15 mai 1730 : « François Mottet d’Arbrefontaine … a mis en gage une demy journée de champ lieu dit à la voye de Liège finage du dit lieu » (CS 1730-1734/5).

A remarquer qu’après le pont de Saint-Martin, ainsi que sur la comune de Lierneux, il s’est confondu avec des tronçons de plus anciens chemins.

Celui qui passe au moulin KOOS de Sart et jusqu’au Crin-do-Sart est signalé en 896 : « via ad campum eorum Anglariam ducens ».

(HALKIN/ROLAND, Les chartes de Stavelot-Malmedy, T.1, p.116)

les localités de Cierreux et Rogery se raccordaient à ce chemin au-dessus de Honvelez. Gouvy le rekoignait à Bovigny par la vieille vôye de Sâm. Bihain, Goronne, Rencheux et Vielsalm le retrouvaient à Arbrefontaine. Tandis qu’un autre courant s’y rattachait au-delà d’Arbrefontaine, passant par Mont-Petit-Halleux, et amenait les voyageurs du ban des Halleux, de Ville-du-Bois, Petit-Thier et plus loin. Petit-Thier atteignait Mont par le bois Cheneux, Rond-Chêne (le chemin passe à une centaine de mètres au sud de Rond-Chêne), Hourt et le gué du Glain.

On peut dater de la première moitié du quatorzième siècle la construction du château de Salm, près de Salmchâteau. Elle a été le point de départ de la naissance de la localité voisine.

Mais une série de chemins apparaissent ainsi comme rayonnant de l’endroit ; ils ne s’expliquent que par la vitalité du manoir féodal qui a provoqué et appelé des relations humaines.

L’un tend vers Lierneux par La Comté, Crin-do-Sart, Menil où il retrouve une plus ancienne voie. La Comté est né sur son passage.

A La Comté, le croisait un chemin venant de Vielsalm, et Rencheux pour gagner Ottré et la région de Bihain.

Un autre, par Haironde, permet de se rendre à Cierreux, Rogery, et Bovigny.

Un troisième, passe le Glain avec le précédent, prend la direction de Taillis né à son passage, puis Commanster, où il se raccorde à d’autres voies vers l’est et le sud.

Enfin, signalons le raccord Salmchâteau-Vielsalm, par Basse-Ville – où il semble bien qu’il faut voir la naissance de Salmchâteau – et Pont-des-Perches, où l’on franchit le Glain, autrefois par un gué. Après Pont-des-Perches, se détachait la route dite des Chars-à-Bœufs à Vielsalm, qui à Neuville se prolongeait par la « vô d’Saint Vé », donc vers Saint-Vith (via Burtonville et la borne 95 de l’ancienne frontière Belgo-prussienne).

Dans cette région du pays de Salm, les routes modernes ont créé un nouveau courant de circulation. Il faut citer ici la route de Trois-Ponts à la Baraque-de-Fraiture par Vielsalm, Salmchâteau, Hébronval, créée en 1846 ; celle, de 1849, qui s’en détache à Salmchâteau et qui court vers le Grand-Duché de Luxembourg ; enfin une troisième, de Vielsalm à Poteau et plus loin, en 1856.

Le perfectionnement de plus en plus poussé des moyens de locomotion, exigeant des routes sans ornières et bien entretenues, a fait le reste. Les vieux chemins tombent en désuétude. Bientôt, repris par les pâtures et les bois, on n’en retrouvera plus qu’à grand-peine de vagues traces.

Gaston REMACLE