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dimanche 1 novembre 2009

À travers l’histoire régionale Vielsalm et ses environs, Les deux châteaux de Salm.

(Publié dans Reflets de Salm, le 12 octobre 1978)

La première demeure ou château des seigneurs qui prirent le nom de comtes de Salm, s’éleva vers l’an mille, à l’endroit situé en face de l’église actuelle de Vielsalm. Il n’en subsiste rien.

Toutefois, l’endroit a porté longtemps le nom de « vieux château ».

Un peu avant 1350, un seigneur de Salm abandonna ce château ou ce qui en restait, et il en bâtit un nouveau ; ce fut toutefois à un autre endroit, à environ 3 kilomètres en amont.
On peut encore maintenant en constater les ruines dominant le village de Salmchâteau.

Ce nouveau château, ce fut, dans le langage, une « nouvelle Salm », par rapport à l’ancienne que désormais on appela « la vieille Salm », expression devenue « Vielsalm ».

Au pied de la hauteur supportant le nouveau château, des demeures s’élevèrent peu à peu, constituant une partie du village appelé maintenant « Salmchâteau ».

Lors de la Révolution française et le régime qui s’ensuivit, les biens du comte de Salm furent confisqués en 1803. La propriété du château de Salm devint donc domaine de l’Etat, l’Etat français du moment. Celui-ci vendit le bien, château et 16 ha. De terres, le 12 novembre 1807, à Michel-Dieudonné SAUVEUR de Liège, pour la somme de 4 825 frs. Depuis lors, la place du château a fait l’objet de plusieurs ventes. Le propriétaire actuel est Mr. Pierre De BREMACKER.

Quant aux ruines du premier château, celui de Vielsalm, un comte de Salm les donna, en 1561, au meunier de Vielsalm dont le moulin était au pied du château ; ce meunier s’appelait « Gilles », et sa descendance en ligne directe subsiste toujours à l’heure actuelle, notamment en Autriche.



Gaston REMACLE

jeudi 3 septembre 2009

En 1797, un curé de Salm installait un curé de Bovigny.

(publié dans Pays de Salm le 24 décembre 1961)

Dans nos régions, le changement de pasteur dans une paroisse a toujours été l’occasion de quelque cérémonie.
L’installation, le dimanche 10 décembre, de Monsieur le Doyen PECHON,nous a fait fouiller nos notes et y retrouver la copie d’un document de 1797.
Il s’agit du procès-verbal de l’installation d’un curé, à Bovigny, l’abbé Jean Servais LEMOINE.
Nous le reproduisons ci-après.
On en goûtera le rituel qui est d’ailleurs conservé en partie.
La copie a été prise directement sur l’original.

Soit connu à tous et un chacun, que cejourd’hui deuxième jour complémentaire de l’an cinq de la république française, dix huitième septembre 1797, v.st.
Je soussigné curé de Salm présent sire Lambert Joseph BLAISE vicaire de Courtil et Nicolas JACOB de Bovigny mambour actuel de l’église paroissiale témoins à ce spécialement appellés et également sousignés en suite des investitures pour la cure de Bovigny dépéchées le cinq septembre mil sept cent quatre vingt dix sept à sire Jean Servais LEMOINE aussi sousigné par ordre et au nom et sous le scel de Monseigneur Adrien Jean Baptiste Théodore d’OULTREMONT de Wegimont en sa qualité d’archidiacre d’Ardenne, j’ai mis le sus dit sire Jean Servais LEMOINE en possession d’icelle cure de Bovigny avec les formalités suivantes :
1° Je lui ai mis les clefs de l’église paroissiale en main qu’il a ouverte.
2° Je l’ai conduit au cloché où il a mis la main aux cloches.
3° à la chaire des prédications où il est monté.
4° aux confessionnaux où il s’est placé.
5° aux fonds baptismaux qu’il a ouverts et touchés.
6° à la sacristie où il a visité les saintes huiles.
7° à l’autel qu’il a touché de même que le calice et miselle, à ouvert le tabernacle, le saint ciboire où se trouvent les hosties consacrées et ensuite a donné la bénédiction.
De l’église, je l’ai reconduit vers la maison pastorale fermée qu’il a ouverte avec la clef que je lui ai mis en main, entré dans la maison il a allumé un feu nouveau de tout quoi j’en ai averti les présens et toutes ces formalités se sont faites d’une manière pacifique et tranquille sans opposition ni réclamation de qui que ce soit.
En foi de quoi, nous avons tous signé le présent acte que nous avons remis de suite au susdit sire Jean Servais LEMOINE curé de Bovigny pour s’en servir et faire valoir en cas de besoin.
Fait à Bovigny les jours, mois et an que dessus.
L.J. BLAISE qui supra testis ; N.JACOB mambour témoins ; J.S. LEMOINE, curé de Bovigny ;
In fidem P. BARTHELEMY curé de Salm.

Ce document nous fait remarquer certains faits assez curieux.
C’est le curé de Salm, l’abbé Pierre BARTHÉLEMY, qui met Sire LEMOINE en possession de sa nouvelle cure. Le curé de Salm n’avait pourtant aucun droit de primauté par rapport à la cure de Bovigny. Il faut croire que pour procéder à cette installation l’abbé BARTHÉLEMY avait reçu une délégation spéciale.
D’autre part, il faut observer qu’à ce moment l’abbé BARTHÉLEMY se cachait depuis un an déjà. Il s’efforçait d’échapper aux autorités françaises qui le recherchaient du fait qu’il avait refusé de prêter le serment de fidélité prescrit par les républicains français.
Pendant six années, il disparut ainsi de la vie publique, la paroisse de Salm étant administrée par un vicaire. En cachette toutefois, il continuait d’accomplir certains actes de son ministère, tels des baptêmes, mariages.
C’est ainsi, sans doute, qu’il aura procédé à l’installation du nouveau curé de Bovigny.
Ajoutons que Jean Servais LEMOINE état originaire de Rencheux, né le 9 février 1739, fils de Servais LEMOINE et de Jeanne ISRAEL.
Il succédait, à la cure de Bovigny, à son cousin Jean Léonard LEMOINE, également originaire de Rencheux, ce dernier succédant lui aussi à un parent, son oncle, Sire Gengoux ENGLEBERT, originaire de Petit-Thier.

Gaston REMACLE