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jeudi 13 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans l’Organe du 23 avril 1905 on annonce que l’ouverture officielle de l’Exposition de Liège aura lieu le 27 avril prochain au nom de sa majesté le Roi par le prince Albert et la princesse Elisabeth. Gros événement à proximité de chez nous et l’Organe y consacrera de nombreuses colonnes au fil des mois.

Au marché du 18 dernier étaient exposés 60 bœufs, 130 bouvillons, 170 vaches, 160 génisses, 95 cochons, 310 porcelets.  Ont été vendus : 35 bœufs,  85 bouvillons, 95 vaches, 80 cochons et 200 porcelets.
 Un millier de bêtes réparties sur la place du marché et dans la rue de la station [devenue de ce fait rue du Vieux Marché] : imaginez l’encombrement et l’animation que ça devait être !

Le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique est d’avis que certaines communes abusent un peu des grandes vacances en fermant les écoles primaires pendant plus d’un mois et demi ! Si ces abus persistaient, ces communes pourraient être privées de subsides.

A Beho, à proximité du château des Concessions, un jeune homme était occupé à promener sur un champ nouvellement ensemencé un rouleau-plombeur tiré par deux chevaux qui se sont soudainement effrayés et emballés. Après une course de cent mètres, un cheval s’abattit, entraînant sur lui le lourd rouleau. Finalement, conducteur et bêtes s’en sont tirés indemnes mais l’instrument est démoli.

Le 22 avril 1906 :
Dimanche dernier, le feu a complètement dévasté le bois se trouvant le long du chemin de Vielsalm à Salmchâteau, en lieu- dit thier des carrières, sur une étendue de 200 mètres. On croit à une malveillance et la gendarmerie s’est rendue sur les lieux.

Le 25 avril 1909, à Grand-Halleux, le chef piocheur Noël de Trois-Ponts a trouvé le piocheur Servus à l’état de cadavre au pied du remblais de la ligne de chemin de fer. Il avait la jambe droite coupée au-dessus de la cheville et le bras droit affreusement broyé ; le pied était resté dans la voie. On suppose qu’il a été surpris par un des  trains descendant vers Trois-Ponts : le « marchandises » à 19h40 ou le « voyageurs » à 20h07.
Servus habitait Rochelinval(Wanne), était âgé de 37 ans, avait une femme et quatre enfants de 11, 9, 7 et 2 ans.


L’Organe du 23 avril 1911 signale un fait sortant de l’ordinaire. A Bovigny, la semaine dernière, Antoine Poncin, cultivateur, défrichait un terrain au lieu-dit «  o l’hy djardin » lorsqu’il a mis à nu une sépulture franque des plus anciennes. Il déterra ainsi une urne noire aux côtes saillantes, une soucoupe en terre et des cendres avec un morceau d’os calciné. Le tout a été remis au Dr Lomry, féru d’archéologie. Ce n’est pas la première fois qu’une telle découverte est faite dans les environs de ce village.


                                                                               Robert NIZET

lundi 24 décembre 2012

HISTOIRE : La princesse KARADJA

Mary SMITH, fille d’un sénateur suédois fort riche Lars-Othon SMITH, née à Stockholm (Suède) le 12 mars 1868, fut envoyée en pension à Genève de 1877 à 1884. Dans les années 1882-83, elle fut la muse du peintre ZORN à Londres. C’est elle qui est représentée sur ses tableaux: Mary dans le studio (1882-83) et Mary sur la Tamise (1883). Elle épousa le 24 avril 1887, selon le rite orthodoxe grec, un prince turc, ministre à la cour de Stockholm, Copenhague et La Haye Jean Karadja Pacha, né à Neuplie, Athènes (Grèce) en 1835. Le couple vécut d'abord à Stockholm, puis à La Haye et enfin à Londres.
La princesse Karadja et ses enfants dans la calèche, devant le château de Bovigny, journal suédois, 1899.
Le 26 mai 1893, devant le notaire DOUNY à Vielsalm, le baron Oscar de MESNIL de VOLKRANGE, rentier, rue de la Loi n°117, à Bruxelles, vendit à son Excellence Mary-Louise SMITH, Princesse KARADJA, épouse assistée de son Excellence Jean-Constantin-Alexandre-Othon Prince KARADJA PACHA, envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire de S.M. l’Empereur des Othomans, demeurant ensemble à La Haye, une propriété dénommée « château de Bovigny » se composant d’un château récemment construit, avec toutes ses dépendances, serres, établissement de pisciculture, maison de garde, jardins, terres, pâtures et bois, pour 30 000F.
Gravure du château de Bovigny, journal suédois, 1899.
Le prince KARADJA réaménagea complètement le château, sur les plans de l’architecte KUPPER à Bastogne. Les travaux se chiffrèrent à 13 679,24 F. Il fit appel à des entrepreneurs locaux: LEMAIRE à Vielsalm, MEYER et BRUYÈRE à Beho. Menuiserie : SCHMITZ à Beho ; Briquetiers : LAURENT à Rochefort et PERRET à Marche ; Tailleurs de pierres : MOUTSCHEN à Beho, LENOIR à Gouvy ; Plomberie : VREULS à Liège ; Maçonnerie : ESSER ; Plafonnage : BONTEMPS à Gouvy.
Le prince, malade, fut soigné par les médecins SCHEURETTE, BERNARD et MASIUS. Il manda le Notaire JACQUES à son chevet le 29 juillet 1894 ; il institua la princesse légataire universelle de ses biens. Il mourut en son château de Bovigny (commune de Beho !) le 11 août 1894, à l'âge de 59 ans. Le décès fut déclaré par le Notaire JACQUES et le cocher Philippe BELHOMME. Pendant la veillée, le défunt se consuma (combustion spontanée ?). La princesse y vit un signe paranormal. Les funérailles furent célébrées par deux archimandrites grecs et l’inhumation eut lieu dans une crypte sous la chapelle orthodoxe érigée près du château et ornée de la devise : « Parce que c’est beau, c’est à aimer » (Merci B.C. J).
Le 10 décembre 1894, à la requête de Mary-Louise SMITH, rentière, demeurant au château de Bovigny, veuve du prince KARADJA, en présence d’Auguste PIETTE, receveur communal à Vielsalm mandataire de Benjamin de VRIES, consul de Turquie à La Haye, subrogé-tuteur des enfants, et de Frédéric JACQUES, notaire à Vielsalm, firent l’inventaire des biens meubles du château de Bovigny.
Intérieur du château de Bovigny, cheminée aux armes de la famille Karadja, journal suédois, 1899.






















Cet inventaire nous livre quelques curiosités : Dans le vestibule attenant à l’entrée du château, on pouvait admirer une armure. Dans la pièce y attenant servant de grand salon : piano, bahuts, petites vitrines anciennes, harmonium, petite armoire avec glace, coffre à charbon, étagère, petites tables turques incrustées, petites tables en bois noir, tapis de « Sémyrne », tapis d’Aubusson, petits lustres en cuivre, petit sofa en étoffe turque, petit sofa en velours, fauteuils en bois, tables en bois, chaises recouvertes de velours, fauteuils à dossiers en bois, fauteuils en étoffes, chaises en bois, glace, petits tabourets en velours, chevalet en bois noir, petites étagères, grande étagère, grandes lampes, paravents en cuivre doré, petite table avec vitrine, table bibliothèque. De multiples tableaux, dont certains de l’école Hollandaise, d’autres signés Van HAANEN, AUKER, WESTERBRUC, CORDIER, REMOLINAR, WOUVERIAU, Van TOL ; des aquarelles de LACOSTE, PASSINI, ANDERSON, MEYER. Consoles, candélabres, encrier, faïence de Rouen, de « Capadimonte », de Delft , porcelaine de Saxe, potiches italiennes, anglaises ou en Delft, argenterie et métal anglais, etc. Dans la salle à manger : trois cornes montées sur argent. Il y avait le petit salon à écrire, la chambre d’enfants y attenant, la cuisine. La laiterie était située sous la terrasse, elle comprenait : turbine centrifuge, baratte, malaxeuse, machine à lessiver, machine à calandrer. Plus de mille bouteilles dans les caves : bordeaux, mousseux, champagne, cognacs et liqueurs diverses.

Du pallier du premier étage, on accédait à la chambre à coucher de la tour, où se trouvait le coffre-fort. La chambre à coucher attenant à la précédente comprenait le prie-Dieu. La salle de bains y attenant était déjà dotée d’une baignoire. Une autre chambre joignait cette salle.
Au second étage, une multitude de chambres à coucher, dont une dans la tour. Les domestiques étaient logés sous le grenier, ils disposaient de 5 lits en fer, d’autant de tables de toilette et de chaises en bois blanc. Cela contrastait fort avec le reste.
Dans la remise : voiture « Victoria », coupé, wagonnette, charrette à âne. L’écurie disposait de 5 juments (anglaises et ardennaises), 1 poulain et 2 ânes. La ferme comportait une dizaine de vaches et veaux, quatorze moutons, une vingtaine de cochons, des oies, canards, poules et lapins.

La princesse au château de Bovigny, journal suédois, 1899.

La princesse voyageait entre la Belgique, la Grande-Bretagne et la France. Elle fut un écrivain polyvalent sous le nom de « Mary princesse Karadja » : poésie, prose, pièces de théâtre et nombreux écrits spirituels. Elle employait le suédois, l’anglais, l’allemand. En français, elle publia « Étincelles » à Paris en 1892, puis  en 1902 : « L’Évangile de l’espoir ». Elle pratiqua l’ésotérisme et fonda « the White Cross Union » (l’Union de la Croix Blanche) et fut présidente de l’Alliance gnostique universelle, fondée en 1912 pour propager la gnose (connaissance) des « Grandes lois spirituelles qui régissent l'Univers, et ainsi favoriser l'évolution spirituelle de l'humanité. »
Khwaja KAMAL-UD-DIN


Khwaja Kamal-ud-Din, auteur de nombreuses publications à propos de l'Islam, rendit compte de sa rencontre  avec la princesse à Bovigny début juillet 1913. Il narre avec sérieux que, depuis qu’elle était veuve, elle était impliquée dans des activités savantes. Elle prétendait recevoir la révélation divine et sa mission était de divulguer ces secrets qu'elle croyait être cachés dans les Évangiles, la Torah et la religion égyptienne antique. Il se réjouissait de la teneur de ses propos proche de l’Islam selon lui.
Le « Corpus Christi Caller and Daily Herald », publié au Texas le 10 novembre 1914 consacre un article à la princesse. Il signale que la princesse comme président et trésorier honoraire de la société de secours belge avait transformé le château de Bovigny, situé en plein coeur de la zone de guerre, en hôpital. En reconnaissance de son travail, le gouverneur de Liège lui adressa une lettre de gratitude.

La princesse Karadja mourut à Locarno (Suisse) le 7 septembre 1943, âgée de 75 ans.

Georges BENOIT

samedi 24 mars 2012

Dératisation « miraculeuse » de la ferme des Concessions

1926 : Odon Warland, gouvion d'origine, fait fortune dans l'industrie cigarettière : « Boule nationale » c'est lui. Il rachète l'imposant domaine de la, ou dans le langage courant, des Concessions entre Bovigny et Beho. Celui-ci a été constitué en 1851 par le comte de Berlaymont, un amateur de chasse à courre. Furent ensuite propriétaires le comte de Cornélissen, le baron Dumesnil, messieurs Jonet et Capelle, marchands de bois et le prince d'origine roumaine Constantin Karadja qui y meurt en 1894 et y est enterré. Sa veuve, férue de spiritisme, conserve un temps le domaine puis le vend à un certain Kuborn de Martelange qui ne s'y plaît pas. Odon Warland survient donc, restaure le château et construit une nouvelle ferme, très moderne, sur les restes d'une ancienne. Il lui faut un fermier : ce sera Nicolas Nizet, mon grand-père.

Celui-ci est issue d'une famille qui est dans la région depuis l'an 1500, à Provèdoux puis à Sart notamment, sans discontinuer ou presque : de +/- 1789 à +/- 1839, un membre s'est exilé à Deidenberg (Prusse à l'époque), y a fondé une famille puis tout le monde est revenu à Steinbach.
Nicolas naît à Rettigny le 4 décembre 1878, se marie avec Hortense Dehez à Mont-le-Ban en 1908; ils s'établissent à Baclain où vont naître leurs sept enfants.

Aux Concessions, l'exploitation va tourner à plein rendement, ponctuée notamment par de nombreuses participations à des concours agricoles et se tailler une fameuse réputation bien au-delà des limites de la commune. Seul, un des enfants, Martin, va faire des études d'agronomie et partira au Congo belge en 1938 pour, normalement un terme de trois ans. La guerre qui survient l'empêchera de rentrer et, finalement, ce n'est qu'après 9 ans qu'il reverra sa famille pour la première fois. Cette guerre va aussi marquer la vie quotidienne à la ferme. Dommage que les témoins de l'époque ont disparu car on pourrait là-dessus écrire des pages et des pages. Je ne signalerai que deux choses et une anecdote. La ferme a ravitaillé durant cette période de vaches maigres des dizaines de personnes de la région. J'entends encore certains rappeler cela avec beaucoup d'émotion et de gratitude. Durant la bataille d'Ardenne, les Américains décidèrent d'occuper un partie de la ferme, confinant la famille Nizet dans deux ou trois pièces. Ils avaient fait sauter la fenêtre de la belle chambre et descendaient par là directement dans la cour. Les Américains n'étaient pas, chez nous, en odeur de sainteté !

L'anecdote, étonnante.
La grange, et même toute la ferme, semble-t-il, était souvent infestée de rats. Lorsque le tas de fourrage diminuait, ils y grouillaient littéralement. Ne trouvant pas d'autre solution pour se défaire de ces rongeurs, mon grand-père fit venir le vieux curé Theis de Beho qui avait, paraît-il, le pouvoir de les faire fuir. Il vint donc, « habillé » ( sans doute revêtu d'une étole) et fit plusieurs fois le tour extérieur de la ferme en priant. L'accompagnaient Jules, le plus jeune fils de la famille qui aspergeait d'eau bénite, et Roger Warland, fils du château. D'après Jules, le curé allait régulièrement dans la poche de sa soutane et en tirait une poudre qu'il répandait sur son parcours. Ceci accompli, on put voir les rats quitter les bâtiments en rangs serrés. Le dernier d'entre eux couinait comme s'il était en proie à de vives douleurs et fut tué par ma grand-mère. Jamais plus on ne vit un rat dans la ferme !
Ma tante Marie, dernière survivante de la famille, m'a assuré plus d'une fois que tout ceci était bien vrai.


Robert NIZET

dimanche 30 janvier 2011

Organe de Vielsalm

(dimanche 14 novembre 1886 Première année, n° 1)


Compte rendu de la séance du Conseil communal de Vielsalm en date du 4 novembre 1886.

Étaient présents : MM. Beaupain, bourgmestre ; Paquay, Bruyère, Masson-Gillis ; Goffinet, conseillers, et Gillet, secrétaire.
La séance fut ouverte à 2 heures 45 minutes de relevée.
Le Conseil communal entend la lecture et approuve le procès-verbal de la séance précédente du 15 octobre 1886.
Il s’occupe ensuite des objets portés à l’ordre du jour :

1. Reçoit communication d’une lettre de M. le commissaire d’arrondissement de Bastogne du 21 octobre 1886, faisant observer au Conseil qu’il est de règle de ne fixer les subsides pour travaux que lorsqu’un projet, dûment instruit, est soumis à l’approbation de l’autorité compétente.

2. D’une dépêche de M. le gouverneur de la province du 20 octobre écoulé, informant le Conseil qu’il n’y a pas lieu, de la part de l’autorité supérieure, en présence du résultat de l’enquête à laquelle il a été procédé par l’inspection scolaire, de donner d’autre suite à la plainte formée contre la maîtresse de couture de Neuville et est invité à statuer sur le maintien de la maîtresse dont il s’agit, en conformité des articles 84 et 85 de la loi communale.
Le Conseil décide qu’il y a lieu de procéder à une nouvelle enquête, celle qui a été prétendument tenue étant insuffisante ; demande à ce que les parents, les enfants et les administrateurs communaux y soient entendus.

3. D’une dépêche de M. le gouverneur de la province en date du 27 octobre 1886, invitant le Conseil communal à prendre des mesures en vue de réaliser les sommes prévues en recettes aux art. 7 et 43 du budget de la commune pour 1886 et qui sont nécessaires pour équilibrer les recettes et les dépenses communales.
Les ressources à réaliser se répartissent entre les sections de la manière suivante :
Section de Bèche fr. 5,014 93
Section de Burtonville fr. 3,418 83
Section de Neuville fr. 1,190 57
Section de Salmchâteau fr. 2,383 29
Section de Ville-du-Bois fr. 729 17
Soit fr. 12,736 79

Le conseil ajourne sa décision à la prochaine séance.

4. De l’approbation par la députation permanente du Conseil provincial des actes de concessions de terrains au cimetière de Vielsalm au profit des familles Mention et Lerusse, dudit lieu.

5. D’une lettre de la Dame Jacmin, née Duhem, institutrice en disponibilité pour cause de maladie, informant le Conseil qu’elle désire reprendre ses fonctions à partir du 1er décembre prochain.

6. D’une dépêche de M. le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique du 19 octobre dernier, faisant connaître au Conseil communal qu’il n’est pas possible d’accueillir favorablement son recours au Roi contre le refus d’autorisation d’ester en justice pour s’opposer au paiement des honoraires réclamés par M. Cupper, architecte provincial à Bastogne, du chef de la rédaction d’un projet de construction d’école.

7. Le Conseil arrête les budgets scolaires en recettes et en dépenses, savoir
Écoles primaires fr. 13,603 00
École gardienne fr 1,887 65
Écoles d’adultes fr 810 00
Soit fr 16,300 65

8. Le Conseil approuve le procès verbal d’adjudication des travaux et fournitures d’entretien à exécuter en 1887 à la voirie vicinale au profit de MM. Gabriel, Hubert, de Goronne, et Lejeune, Guillaume, de Salmchâteau, pour une somme totale de 2,117 francs.

9. Émet un avis défavorable sur les réclamations des instituteur et sous-institutrice gardienne, démissionnaires à la date du 1er septembre et tendant à avoir paiement des émoluments attachés aux susdites fonctions pour le mois des vacances.

10. Charge le Collège échevinal de consulter Me Léon Alexandre, avocat à Marche, sur la valeur des actes de cession à la commune de la fontaine dite Gaussoin, et si la dame Bruyère, née Clémentine Damberty, a droit à l’exemption de la taxe imposée par le règlement sur les distributions d’eau à domicile.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures de relevée.



Faits divers


C’est aujourd’hui que MM. Les membres effectifs de la Société de secours mutuels La Fraternité de Vielsalm se réunissent pour verser leurs cotisations mensuelles.
Il paraîtrait que la Commission est décidée à ne plus admettre de nouveaux membres effectifs aussitôt le chiffre cent atteint, résultat qui est à la veille d’être obtenu.
Avis aux retardataires soucieux de l’avenir, cette Société étant appelée à rendre les plus grands services à l’ouvrier ne jouissant pas d’un revenu suffisant pour parer aux misères de la vie.

La Saint-Clément.
Personne ici ne l’ignore, Saint-Clément est le patron de tous nos ardoisiers, maçons et ouvriers en …pierre de taille, à rasoir, etc.
Cet anniversaire est toujours joyeusement fêté dans notre canton. Le joli village de Salmchâteau est en pleine animation ce grand jour ; tous ses habitants endimanchés se livrent à maintes réjouissances.
Bien des bouteilles sortent pleines de vie de la cave et y retournent à l’état de cadavre.
Nous donnerons dimanche prochain un compte-rendu de cette fête.

Nous apprenons que, grâce aux démarches de M. Van Hoorde, représentant de notre arrondissement, M. le ministre des chemins de fer a décidé qu’à partir du 1er décembre prochain le train partant de Bastogne le matin vers 4 heures continuera jusqu’à Vielsalm, où il arrivera à 5 heures 15 minutes, pour en repartir à 5h.21 et arriver à Bastogne à 6h.30


État Civil de Vielsalm
Du 4 au 11 novembre 1886
NAISSANCE : 0

DÉCÈS : 1
Enfant présenté sans vie du sexe masculin, de Starck Joseph, horloger, et de Choffray Marie-Françoise-Angélique, son épouse, à Vielsalm.

MARIAGE : 1
Jeunejean Jean-François, cultivateur, âgé de 36 ans, et Dantine Marie-Lucie-Victorine, sans profession, âgée de 24 ans, domiciliés à Ville-du-Bois.

PUBLICATION DE MARIAGE.
Arasse Guillaume-Joseph, âgé de 30 ans, sans profession, domicilié à Grand-Halleux, et Barbette Anne-Thérèse, âgée de 29 ans, sans profession, domiciliée à Salmchâteau.

mercredi 2 septembre 2009

L’église de Mont-Saint-Martin à Bovigny.

(publié dans Ardenne et Famenne, 1968-1969/1)

I.
Plusieurs documents nous font savoir qu’au haut Moyen Age existait, en Ardenne, une villa, un domaine du nom de Glain, mentionné sous la dénomination de Glaniau villa, Glaniaco, Glaniacho, Glengou.
Vers 720, 6 décembre, Charles Martel, maire du palais, vint y tenir un plaid (à Glaniau villa) et y rendit une sentence devant une cour nombreuse.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.39-40)

Un autre document, une charte privée du 14 avril 915 indique les limites de ce domaine : la terre de Saint-Remacle (Lierneux), la terre de Saint-Aubin (Gouvy), et les terres de deux particuliers Erlebold et Everhelm (ces deux dernières sont le domaine de Thommen et ce qui fut le comté de Salm primitif).

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.126-129)

Ces limites sont celles de l’actuelle commune de Bovigny et de ce qui fut l’ancienne paroisse de Mont-Saint-Martin jusqu’à 1803, excepté toutefois Cierreux (au nord du ruisseau) qui, jusqu’à 1803, fit partie de la paroisse de Salm.
On estime raisonnablement que l’emplacement du chef-lieu du domaine de Glain se trouvait à l’endroit occupé actuellement par les bâtiments de la ferme dite « des Concessions ».

II.

Le 1 octobre 814, l’empereur Louis le Pieux confirma les monastères de Stavelot et de Malmedy dans la possession de plusieurs dîmes et chapelles situées en territoire royal, parmi lesquelles celle de glaniaco. Confirmation renouvelée le 1er février 950 par Otton Ier.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.66 et 163)

Ces droits, fait remarquer le diplôme impérial, avaient déjà été donnés aux monastères par les prédécesseurs de Louis (ab antecessoribus nostris).
De quels devanciers s’agit-il ? De deux ou trois ? En tout cas cela nous reporte pour le moins au VIIIe siècle.
En 814, la chapelle de Glaniaco existait donc déjà depuis longtemps.

III.

Vers 1130, au commencement de l’abbatiat de Wibald, un dénombrement des églises à la collation de l’abbé de Stavelot cite celle de « Monte Sancti Martini ».

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.305)

À la même date, Mont-Saint-Martin est encore cité dans le relevé des églises et terres payant des redevances à l’église de Stavelot.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.309)

Désormais, c’est sous ce nom de Saint-Martin, de Mont-Saint-Martin, que seront mentionnées, dans les documents, l’église et la paroisse en question. Que cette église, à partir de certain moment, ait été désigné par le nom de son titulaire, rien d’étonnant. De même, que le mont sur lequel s’élevait l’édifice.

IV.

Glain, chef-lieu de la villa royale, est à l’écart de Mont-Saint-Martin. Dès lors, le bâtiment capella de Glaniaco se trouvait-il au chef-lieu du domaine royal ? Ou faut-il le voir, déjà à son origine, sur le sommet du Mont ? Il y a là un problème.
Géographiquement, le Mont-Saint-Martin est bien mieux placé que Glain pour servir de centre paroissial ; il n’est pas tellement éloigné non plus du chef-lieu de l’ancien domaine, environ 1 km., et sur un terrain de même niveau.
D’autre part, en 814 et déjà depuis les devanciers de Louis le Pieux, la capella de Glaniaco était église non seulement du chef-lieu, mais église régionale ; car des dîmes, que l’on peut croire importantes à raison du fait qu’elles font l’objet d’un diplôme impérial, lui étaient attachées.
À notre avis, ce caractère régional permet de penser que, dès l’origine de la paroisse, aux premiers temps de l’évangélisation par les moines de Stavelot, l’église paroissiale s’est trouvée sur le thier devenu « Mont-Saint-Martin ».
La dénomination église de Glain peut très bien d’ailleurs avoir signifié église du domaine de Glain, quel qu’ait été l’emplacement de l’édifice du culte, cela quand la vie au chef-lieu était encore active. Cette vie venant à faiblir et disparaître peu à peu, entre 814 et 1130 (cela fait trois siècles), le nom du patron de l’église aura prévalu sur l’ancienne dénomination.

V.

Le 2 juin 1717, à la suite d’une demande des paroissiens adressée à l’évêque de Liège, le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle de Bovigny ».
C’était la régularisation d’une situation de fait.

(A.P. Bovigny. Cité par L.LOMRY/ P.-F. LOMRY, La toponymie de la commune de Bovigny, dans A.I.A.LUX., Arlon, 1947, p.135)

Depuis longtemps, une partie de la paroisse avait été ravagée. Bien des endroits, habités autrefois, étaient devenus déserts : Lamerlé, Outrimont, Pumont, Oburcy, Belvaux, Walo, et d’autres. La situation de l’église, sur le mont, était devenue réellement excentrique et le curé résidait à Bovigny, près de ce qui restait de ses paroissiens.
À quel moment la dévastation de la paroisse s’est-elle effectuée ? Le P. LEMAIRE la place « vers le milieu du XVIIe siècle ».

(H.LEMAIRE, Ancienne église de Saint-Martin en Ardenne, Luxembourg, 1879, pp.17-26. L’auteur pense qu’on inhumait déjà à Bovigny avant 1717, basant son opinion sur la présence à Bovigny d’une croix tombale datée de 1666 (p.21))

Toutefois, elle a eu lieu bien avant. Le dénombrement des chefs de ménage de 1472 ne cite aucune des localités notées ci-dessus.

(A.E.A.)

Non plus que les dénombrements ultérieurs.

(J.GROB/J. VANNERUS, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny, t.I, Bruxelles, 1921. G.REMACLE, Chefs de ménage de Bovigny, dans B.I.A.LUX., 1965-2.
N.B. Sur l’ancienne paroisse de Saint-Martin, voir aussi D. GUILLEAUME, L’archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, Liège, 1913)


Sans entrer dans d’autres détails, remarquons seulement que les temps du XIVe siècle, au plus tard, ont amené bien des malheurs dans le pays, et nous situons, quant à nous, la dévastation du ban de Saint-Martin à cette époque.
Le maintien du droit de collation, et d’une part aux dîmes, dans le chef de l’abbaye de Stavelot, a gardé jusqu’en 1717, à l’église du Mont-Saint-Martin, son titre d’église paroissiale.

Gaston REMACLE, 24/10/1968