(publié dans la Revue de Carlsbourg, en juillet 1925)
M. DIDERRICH avait repassé par son vieux Carlsbourg pour y amener un nouvel élève : un authentique jeune Nègre, cueilli dans la brousse et qui s’appelait « Kalala ». à cette époque, les Noirs étaient encore chez nous, un objet de curiosité. Qu’on imagine donc le succès de « Kalala » auprès des villageois et surtout des villageoises ! au reste, « Kalala », ne manquait pas d’esprit. Un beau jour de distribution solennelle des prix, il se produisit entre deux actes de la séance dramatique traditionnelle, pour détailler une chansonnette. Le premier couplet marcha sans un raté, au grand amusement de l’auditoire ; mais dès le deuxième couplet, la mémoire, tout à coup, manqua au Congolais. Un blanc aurait pâli, blêmi, eût achevé de se perdre en se trahissant. Le chanteur nègre a du moins cette ressource de dissimuler son émotion sous son ébène ; avantage énorme que « Kalala » apprécia aussitôt à son prix. Sans barguigner davantage, il souda les morceaux de couplets ensemble et à tous les rythmes et les rimes, comme s’il fonçait dans un maquis, il poussa jusqu’au bout ; puis, saluant, se mit à rire en découvrant le public, pouffant de rire, l’éclair de ses belles dents…
Fr. Emile.
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dimanche 2 août 2009
Kalala, le premier congolais arrivé à Vielsalm.
(publié le 16 octobre 1960)
Les récents événements du Cogo rappellent au souvenir de nombreux salmiens des faits de la fin du siècle dernier relatifs à l’épopée africaine.
C’était le temps des DIDERICH, des LAPLUME, des JACQUES et de combien d’autres de nos concitoyens.
Il est un de ces faits qui, à l’époque, fit l’objet de curiosité et bien des conversations. Il s’agit de l’arrivée et du séjour à Vielsalm du premier congolais. Celui-ci s’appelait Kalala.
Norbert DIDERICH, né à Vielsalm le 26 avril 1867, ingénieur du génie civil, des mines, arts et manufactures, avait été engagé comme adjoint à l’expédition du Katanga. Le 22 avril 1893, il rentrait à Vielsalm, qui lui faisait une brillante réception.
DIDERICH était revenu seul. Mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala.
Kalala était âgé de 7 ans, et d’une taille élevée pour son âge. Il était originaire des environs de Lupungu (Haut-Sankuru).
Quelque temps avant le passage de l’expédition du commandant belge BIA dans ces contrées le village qu’ habitait l’enfant fut attaqué et rasé par un chef nègre, ami et vassal des Arabes marchands d’esclaves. Le père et la mère de Kalala furent tués et lui-même fut attaché à la chaine des esclaves qu’on dirigeait vers la ville du vainqueur.
L’enfant, réduit en esclavage, parvint à tromper la vigilance de ses ravisseurs. DIDERICH et ses hommes qui se trouvaient aux environs de Lupungu en 1891, mirent l’enfant en sécurité. Celui-ci s’attacha à l’ingénieur qui le garda près de lui.
Courant les dangers et les privations auxquelles l’expédition de son protecteur avait été habituée, Kalala arriva heureusement au Tanganika et à la jonction avec le capitaine JACQUES.
Ayant regagné Boma, DIDERICH confia l’enfant à un de ses amis, M. VAN DEN PLAS, intendant général à l’Etat du Congo, et c’est ce dernier qui ramena Kalala en Europe par le bateau Komassy.
À Vielsalm, Kalala habita chez M. Bernard DENIS, oncle de M. DIDERICH. Le gamin se fit rapidement, parmi les garçons de la localité, de nombreux petits amis.
Son protecteur lui fit faire des études à l’établissement de Carlsbourg. Kalala y fut baptisé et prénommé Antoine, ayant pour marraine la comtesse d’URSEL.
Ses études terminées, Antoine Kalala reprit le chemin de l’Afrique et y fonda une famille.
Mais, pendant plusieurs années encore, il resta en correspondance avec ses bienfaiteurs de Vielsalm.
Gaston REMACLE
Les récents événements du Cogo rappellent au souvenir de nombreux salmiens des faits de la fin du siècle dernier relatifs à l’épopée africaine.
C’était le temps des DIDERICH, des LAPLUME, des JACQUES et de combien d’autres de nos concitoyens.
Il est un de ces faits qui, à l’époque, fit l’objet de curiosité et bien des conversations. Il s’agit de l’arrivée et du séjour à Vielsalm du premier congolais. Celui-ci s’appelait Kalala.
Norbert DIDERICH, né à Vielsalm le 26 avril 1867, ingénieur du génie civil, des mines, arts et manufactures, avait été engagé comme adjoint à l’expédition du Katanga. Le 22 avril 1893, il rentrait à Vielsalm, qui lui faisait une brillante réception.
DIDERICH était revenu seul. Mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala.
Kalala était âgé de 7 ans, et d’une taille élevée pour son âge. Il était originaire des environs de Lupungu (Haut-Sankuru).
Quelque temps avant le passage de l’expédition du commandant belge BIA dans ces contrées le village qu’ habitait l’enfant fut attaqué et rasé par un chef nègre, ami et vassal des Arabes marchands d’esclaves. Le père et la mère de Kalala furent tués et lui-même fut attaché à la chaine des esclaves qu’on dirigeait vers la ville du vainqueur.
L’enfant, réduit en esclavage, parvint à tromper la vigilance de ses ravisseurs. DIDERICH et ses hommes qui se trouvaient aux environs de Lupungu en 1891, mirent l’enfant en sécurité. Celui-ci s’attacha à l’ingénieur qui le garda près de lui.
Courant les dangers et les privations auxquelles l’expédition de son protecteur avait été habituée, Kalala arriva heureusement au Tanganika et à la jonction avec le capitaine JACQUES.
Ayant regagné Boma, DIDERICH confia l’enfant à un de ses amis, M. VAN DEN PLAS, intendant général à l’Etat du Congo, et c’est ce dernier qui ramena Kalala en Europe par le bateau Komassy.
À Vielsalm, Kalala habita chez M. Bernard DENIS, oncle de M. DIDERICH. Le gamin se fit rapidement, parmi les garçons de la localité, de nombreux petits amis.
Son protecteur lui fit faire des études à l’établissement de Carlsbourg. Kalala y fut baptisé et prénommé Antoine, ayant pour marraine la comtesse d’URSEL.
Ses études terminées, Antoine Kalala reprit le chemin de l’Afrique et y fonda une famille.
Mais, pendant plusieurs années encore, il resta en correspondance avec ses bienfaiteurs de Vielsalm.
Gaston REMACLE
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