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samedi 21 février 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm en 1939 :

Le 2 avril : à Rencheux, dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie d’une rare violence s’est déclaré dans les immeubles de MM. Caëls et Fraikin. En peu de temps, ces maisons ne formèrent plus qu’un immense brasier et il ne fut plus question d’enrayer le sinistre.
Dans le même village, un jeune homme nommé Francis qui venait à Vielsalm en vélo a fait une chute si malheureuse qu’il fut tué sur le coup. Il n’avait que 18 ans.

Le 6 août : Monsieur Antoine de Rosée,  fils de notre sympathique conseiller communal et Président du conseil provincial,  est parti pour le Congo pilotant son avion personnel le 3ct de l’aérodrome d’Evere. Il survolera la Tunisie, la Tripolitaine, l’Egypte, le Soudan jusqu’à Costermanville dans le Kivu où il séjournera quelques jours. Il traversera ensuite le Congo jusqu’à Léopoldville où il fera un séjour de trois ans.
A l’état civil, naissance de Nicole-Aline-Victorine fille de Vancraeyenest Firmin et de Hubert Marie à Vielsalm.

Le 27 août : le baron Antoine de Rosée est arrivé au terme de son raid de 10.000 km en avion, atterrissant sain et sauf à Banningville le 21ct. Restons au Congo pour signaler que M et Mme Vidua-Sépult qui exploitent la ferme Rhodeby près de Léopoldville ont obtenu de splendides distinctions au concours-exposition du 21 juillet dernier à Léopoldville. Un magnifique lot de bœufs de trait et du matériel agricole a remporté le Grand Prix d’Excellence. Et Madame Vidua avec un lot de poules Rhode-Island a obtenu le 1er Prix d’excellence. Honneur à nos vaillants Ardennais !

A l’occasion du départ du doyen Hallet, une manifestation de sympathie est organisée au cours  de laquelle le bourgmestre Victor Gomez et le baron de Rosée prononcent un discours. Les louanges abondent dans l’un et l’autre et l’accent est surtout mis sur le comportement héroïque du doyen durant la guerre de 14-18.
 Victor Gomez : En 1914, alors que vous étiez à  peine installé ici [en 1910], les Allemands apprenaient à connaître en vous ce que serait la résistance du peuple belge  à l’oppression. … Vous avez durant quatre ans entretenu la flamme du patriotisme le plus pur.
Le baron de Rosée : condamné  à être fusillé avec d’autres le 15 août 1914, vous êtes resté courageusement pendant de longues heures angoissantes, pieds et poings liés, gardé à vue, par des sentinelles, attendant l’exécution. Cette peine commuée, vous êtes resté prisonnier pendant 38 jours dans le presbytère. … Votre grande œuvre ici est cette magnifique grotte de N.D. de Lourdes qui se dresse sur la montagne de Golonfa. C’est votre persévérant travail qui a mené à bien cette belle chose. Vous l’avez dressée là-haut en reconnaissance de la protection miraculeuse dont a été l’objet la paroisse et votre personne durant cette guerre.

…
(Photo : l’animation à la grotte les premières années de fonctionnement. Le marchand de souvenirs et celui de glaces (Fernand Bock) attendent les nombreux pèlerins qui viennent prier Notre-dame de Lourdes)

Ici se termine la compilation des faits divers rapportés par L‘Organe de Vielsalm de 1905 à 1939.
                                                                                              Robert NIZET


                                                                                                       

vendredi 9 mai 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 12 avril 1914 : un Rallye-Cycliste réunira ces dimanche et lundi tous les cyclistes désireux de participer au tirage au sort de plus de 1000Frs  de primes en espèces. Il suffit de faire inscrire – gratuitement -  son n° de plaque provinciale.
Nestor Remacle de Priesmont vient de subir brillamment à Liège son examen de moniteur de gymnastique.

Le 26 avril : mardi dernier, jour habituel de la foire, les marchands ambulants, ignorant  l’interdiction des marchés dans la région étaient venus installer leurs tables et  tentes pour se livrer à leur petit trafic. Ils en ont été pour leur peine.
Dans la nuit de lundi à mardi, les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à la fameuse pompe de la place du marché.
Le retour du Congo à Salmchâteau du Commandant Laplume est toujours un  événement qui donne encore lieu cette fois-ci à de grandes réjouissances.

Le 10 mai 1914, à Gouvy, le 2 mai dernier, l’express Liège-Luxembourg au lieu d’être dirigé sur la voie règlementaire est venu se jeter sur une rame de voitures à voyageurs mises de côté pour le lendemain. La locomotive s’est littéralement enchassée dans la première voiture tamponnée. Deux personnes ont été grièvement blessées et les dégâts matériels sont importants.
Depuis le 1er mi, le service des trains est complètement modifié,  les trains belges cessent d’aller jusqu’à Trois-Vierges et Gouvy devient donc une gare de formation.

En avril et mai 1933, l’Organe  rapporte la Grande semaine du Vol à voile de Colanhan. Le 23 : de nombreux clubs arrivant de partout en Belgique se sont affairés aussitôt pour monter les appareils transportés dans des remorques spéciales. Dimanche matin le vent du nord était peu favorable car les contreforts de la colline de Hébronval ne sont pas utilisables par ces vents. Le 30 : la semaine d’Hébronval a, cette année, manqué  de réussite. On a certes comptabilisé 166 vols mais le plus long n’a atteint que 1 minute et 14 secondes alors que l’an passé on avait enregistré un vol de 2 heures 11 minutes et 3 secondes ! La pente nord de Colanhan n’a pas été aménagée car il eût fallu abattre des sapins, faire enlever les milliers de mètres de fils de clôture et donc indemniser les propriétaires. De surcroît, cette année, les subsides n’avaient pas été accordés et on ne pouvait donc octroyer de primes. Le vol à voile est une excellente préparation à l’aviation et il est nécessaire de poursuivre l’organisation des semaines d’Hébronval.  Le Patriote Illustré  relata  cet événement dans ses éditions des10 et17 septembre.



Le 28 avril 1935, l’Organe  relate le retour du Congo de Camille de Rosée [ né le 23.06.1901 et décédé le 9.7.1987, époux de Marie-Josée Delin, la baronne décédée il y a environ deux ans], fils du Conseiller Provincial et Communal [ Jacques dit « Jimmy » époux de Marie Snoy]. Il est rentré à bord de l’avion postal Léopold-Roger.  Il est un des premiers à avoir utilisé ce moyen de locomotion car seuls deux passagers sont admis. Le trajet normal dure 5 jours mais cette fois-ci il a fallu attendre 5 jours supplémentaires pour recevoir d’Europe un moteur de rechange.
 Dans le même journal on annonce le décès de M. E. Saint-Paul de Sinçay à Paris le 8 mai dernier dans sa soixante-dix-septième année. Les obsèques ont été célébrées à Saint Pierre  de  Chaillot.


                                                                     Robert NIZET

mercredi 2 septembre 2009

En marge d’un centenaire. De quelques « sorties » des Echos de la Salm au temps passé.

(publié dans Pays de Salm le 20 octobre 1963)

Vielsalm aura vu, cette année, un événement d’importance pour la vie locale, et peu commun : le centenaire de sa fanfare.
Sous la plume de L.J., « Pays de Salm » a rappelé dernièrement quelques faits caractéristiques à situer aux débuts de la société en question. Nous voudrions y ajouter quelques notes, relatives à des manifestations des « Echos », et que nous ont suggérées des souvenirs et certaines archives. Mais il est entendu qu’elles ne retracent pas, et de loin, toute la vie de la société.


En septembre 1883, la société « Les Echos de la Salm » compte vingt ans déjà. Elle est sans doute bien vivante puisqu’elle organise un festival le 23 septembre, dimanche de la fête locale, accompagné d’une exposition agricole.
A 10 h., les Echos recevaient, à la gare, les sociétés de Clervaux, Pepinster, Bastogne, Houffalize. Puis, en cortège, les cinq sociétés gagnèrent le centre de la localité, avec des flots d’harmonie, tandis que, dit un chroniqueur de l’époque, « de belles couronnes étaient lancées par de charmantes personnes au porte-drapeau de chaque phalange ». le bourgmestre BEAUPAIN souhaita la bienvenue.
A 14 h., arrivée d’un nouveau renfort musical avec la fanfare de Ligneuville et trois sociétés de Stavelot. Et le festival commença. On sait que les Stavelotains chantèrent un cramignon sur Vielsalm. Et l’on s’amusa.

Le dimanche 8 avril 1886, les Echos donnèrent un concert au parc de Hermanmont, à leur président le baron de ROSEE, sous la direction d’Auguste HOFFMAN de Rencheux.
Au programme, notamment « La perle du Nord », polka pour bugle, et « A l’opéra comique », ce qui donna l’occasion d’admirer la virtuosité de plusieurs solistes de grand talent, dont Honoré CAHAY (piston solo), Elisée LEMAIRE (bugle solo), et M. MENTION (baryton).

Plus tard, en 1888, à l’occasion de la Saint-Hubert, la fanfare reprendra le chemin de Hermanmont, pour y offrir un concert sérénade à MM. Les membres de la chasse à courre réunis chez M. le baron de ROSEE. Tous ces messieurs étaient d’ailleurs membres honoraires de la société.

Revenons en 1886. le 18 juin, les Echos recevaient la société « L’Emulation » de Stavelot. Deux mois plus tard, le 15 août, c’est « L’Emulation » qui rendait la politesse, à Stavelot. Vielsalm interpréta quatre morceaux, et put encore faire applaudir ses virtuoses. Au départ, vers 19 h., Vielsalm et Stavelot se fondaient en un magnifique ensemble, entonnant « L’Anversoise », un ronflant pas redoublé. Les 75 exécutants regagnèrent la gare où Salmiens et Stavelotains se séparèrent aux cris de « vive Vielsalm », « vive Stavelot ».

Le 29 juillet 1888, voilà les Echos partis en excursion à Reuland. Des voitures les attendaient à la gare de Gouvy pour assurer le transport jusqu’au lieu de destination. Reuland faisait alors partie de la Prusse et nul doute que le voyage se heurta à plus d’un problème. Mais nous en ignorons les détails.

On en sait un peu davantage de la randonée accomplie six mois plus tard au festival de Herve, le 19 août.
Sous la direction de H. REULAND, Vielsalm emporta une médaille d’or et un prix de 50 francs attribué à la société la plus éloignée.
Il y eut une brillante réception. Mais, après, nos musiciens furent invités à se rendre dans une ferme où ils dégustèrent, tenez-vous bien, 38 fromages et 25 bouteilles de vin. Puis ils donnèrent une sérénade à Louis LAMBERTY, originaire de Vielsalm, et percepteur des postes à Herve ; et on trinqua de nouveau. Le retour ne s’effectua que le lundi soir. Dès la descente à la halte de Rencheux, un joyeux pas redoublé ramena le groupe. Toutefois, la liesse n’était pas terminée ; il y eut encore grand accueil à l’Hôtel de Belle-Vue, chez le commissaire Alexandre HENRARD.

Huit jours plus tard, les 26 et 27 août, grand festival à Vielsalm avec concours agricole.
Y participaient, outre les Echos, les sociétés de fanfare ou de chant de Vielsalm, Ligneuville, Bèche, Reuland, Houffalize, Malmedy (La Fraternité et La Malmédienne), Stavelot (L’Orphée, L’Emulation, Les Artisans réunis). Environ 2 500 personnes assistèrent aux festivités.

Le 1 septembre 1889, Stavelot, à son tour, organisa un festial avec 19 sociétés de musique et de chant. Vielsalm y fit excellente figure avec 30 exécutants sous la direction de H.REULAND, et il offrit aux auditeurs deux morceaux choisis « Venise », boléro, et un « Grand pot pourri ».

A une fanfare, il faut un kiosque. A Vielsalm, les Echos en réclamaient un à cor et à cris, ne pouvant, sur la grand-place, présenter leur savoir-faire qu’avec les pieds dans la poussière ou la pierraille.
En 1888 enfin, le Conseil communal en décida la construction. On ne l’étrenna toutefois qu’à la Saint-Gengoux de 1891. mais c’est en septembre de la même année, à la Saint-Lambert, qu’il fut vraiment inauguré avec un festival auquel participèrent 13 sociétés de musique.





Le kiosque de Vielsalm.


Les manifestations paroissiales aussi, maintes fois, n’ont pas manqué d’être rehaussées du concours de la fanfare.
N’en citons qu’une, spéciale. Le 29 décembre 1892 eut lieu l’installation du nouveau curé-doyen, M. MARTILLY, succédant à M. BONNECOMPAGNIE. La fanfare fut au poste, exécutant trois morceaux devant le nouveau pasteur. Bien sûr, cela valut, aux musiciens, un rafraîchissement au presbytère.

Le 16 juin 1894, voilà nos musiciens partis en excursion à Anvers.
Au kiosque de la Place d’Armes, sous la direction d’Auguste HOFFMAN, un concert présenta aux Anversois : « Fantaisie sur la mascotte », « Bouquet de lilas », « Une soirée chez les hannetons », « Begique-Congo ». on logea aux bords de l’Escaut.
Le lendemain, excursion à Flessingue. Comme à Herve en 1888, on fut reçu par un « Samiot », Norbert DIDERICH, ingénieur civil, l’un des premiers pionniers du Congo d’où il était revenu à Vielsalm le 30 avril 1893. quelle réception on lui avait faite, à laquelle les Echos avaient pris bonne part ! A Anvers, DIDERICH se souvint généreusement de ses amis salmiens.

Et les Echos continuèrent de participer à bien des manifestations, dont plusieurs à Stavelot, telle, en 1895, le cinquantenaire de la société « La Bourgeoise », avec 48 sociétés diverses. Les Echos s’y présentèrent avec 42 exécutants.
Avec le temps, ils approchaient, eux aussi, du cinquantenaire. On le préparait avec fervent espoir pour le 23 août 1914. En mai précédent, le Conseil communal vota un subside de mille francs à cet effet.
Hélas ! tous les projets furent anéantis au 4 août. La guerre, de quatre longues années, imposa silence complet aux cuivres. Mais, à l’armistice, quelle exubérance pour célébrer la liberté ! On se souvient encore de cette époque-là, de la vogue du pas redoublé « Les hommes bleus », que notre fanfare avait inscrit à son répertoire.

Nous arrêtons ici ce très modeste relevé de quelques « sorties » d’une belle société de chez nous, en lui souhaitant de fêter un jour avec éclat un second centenaire.