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lundi 2 juillet 2018

Glain et Salm Haute Ardenne n°68 (juin 2012)

Sommaire

- L. MARQUET, La Roche-en-Ardenne au XVIIe siècle au temps des guerres, pp. 5-23.

- J. BOSMANS, Aires de faulde et charbonniers en Ardenne: le dramatique incendie d'une hutte de charbonniers, la nuit du 10 au 11 août 1808 à Belheid (Samrée), pp. 25-29.

- M. PETERS, Autour d'une croix de 1877 et d'une chapelle à Beho, pp. 31-34.

- G. BENOIT, Course cycliste endeuillée à Salmchâteau en 1911, pp. 35-36.

- J. DE POTTER/G. ANTOINE/H. D'OTREPPE, Aux origines de la maison De Potter à Gouvy, pp. 37-38.

- J. DETAILLE/B. VAN EERDENBRUGH, Les vestiges d'orpaillage de l'âge du fer en amont de Bèche et dans la forêt domaniale du Grand Bois, pp. 39-47.

- R. NIZET, Les kiosques à musique de Vielsalm, pp. 49-54.

- C. DRAILY/O. VRIELYNCK, La nécropole celte de Courtil "Hastape" dans le groupe nord des tombelles ardennaises, pp. 55-62.

- HONORÉ, Mémoires de la guerre 1914-1918 à Vielsalm, pp. 63-76.

- G. BENOIT, Sur l'exploitation du plomb à Bihain, p. 77.

- GRUEN/BILFINGER, Reconstruction du tunnel de Trois-Ponts en 1940, pp. 79-83.

- V.d.G., Au fil des lectures: Salm à Bruxelles..., p. 85.

- J. THOMAS, De l'argile pour les fours à pains, p. 86.

- J. TOUBON, Quelques ajoutes à propos de Pierre Joseph MONFORT de Lierneux, pp. 88-89.

- V.d.G., Burtonville: la croix Bontemps, p. 90.

- C. LEGROS,A propos de myrtilles, pp. 91-93.

- G. BENOIT, Bovigny - Le docteur (Pierre-François) Lomry (1868-1941), pp. 96-97.

- H. D'OTREPPE, Hier et aujourd'hui: Grand-Menil, p. 98.

- G. BENOIT, La croix Jeanpierre, sous Priesmont, p.100.

vendredi 30 janvier 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

En 1905, l’Organe de Vielsalm rapporte : 

Le 6 août : À Honvelez, un violent incendie a détruit dans la nuit du 31 juillet au 1er août les maisons Jacquet, Paulot et Legrand alors que celle de chez Gengoux a pu être préservée. 

Le 13 août : À Courtil, on a dérobé une somme de 80francs au nommé L. Depierreux en s’introduisant dans sa demeure par une fenêtre de l’étage. On soupçonne deux individus aperçus récemment et qui auraient profité de l’absence des propriétaires. L’an dernier, à 500m de là, on avait déjà volé des instruments de menuiserie. 
Un accident aux ardoisières « Les Jeannesses » de M. Jos. Gomez : Louis Fraikin était occupé à extraire un bloc de pierre quand un éboulement survint et recouvrit le malheureux au secours duquel tous les ouvriers se portèrent. Il avait de nombreux membres cassés et fut reconduit chez lui où il expira le lendemain. Il était âgé de 40ans, était originaire de Neuville, célibataire et soutien de sa vieille mère aveugle. 

Le 20 août : « The original cinematographe » venant d’Ensival est installé pour quelques jours seulement dans notre ville. L’établissement mesure 26 mètres de façade sur 9 mètres de profondeur et est éclairé à l’électricité. Les représentations seront agrémentées par un orchestre symphonique ! 

À Gouvy, les ouvriers de la gare ont trouvé à hauteur du magasin des marchandises le cadavre du dénommé Renard, conseiller communal de Steinbach. Il était porteur d’un billet pour Gouvy délivré à Liège Guillemins. En voulant traverser les voies pour prendre la correspondance vers Bastogne il aura trébuché car il porte au front une blessure faite par un tire-fonds soutenant le rail. 

Le 27 août : le wallon fait peur aux Allemands ! Au programme du Congrès de la langue française qui va se tenir à Liège figurait une excursion à Malmedy, petite ville wallonne de la Prusse rhénane proche de Stavelot. Elle n’aura pas lieu : pour le gouvernement prussien elle aurait été une espèce de manifestation contre les efforts méthodiques qu’il fait pour déraciner de Malmedy et des villages voisins le dialecte wallon et pour le remplacer par la langue allemande. 

Le 17 septembre : À Vielsalm vendredi dernier un violent incendie a détruit les maisons de M.M. Demoulin, Vve Lekeu, V ve Hens et Melle Lemoine ainsi que deux hangars appartenant à Mme Vve X-Orban. Grâce aux efforts de nos pompiers les maisons voisines ont pu être préservées. Des autres il ne reste que quelques murs prêts à s’écrouler. 

Le 24 septembre, retour sur cet incendie. Le parquet est descendu pour établir les responsabilités. Il semble que l’incendie s’est déclaré dans la charcuterie Demoulin et qu’en un instant il s’est communiqué aux maisons Hens, Demoulin et Lemoine. On ne peut comprendre comment avec un matériel aussi défectueux (les tuyaux coulaient par tous les joints) nos pompiers soient parvenus à garantir la rue des Savoyards qui n‘est séparée des maisons incendiées que par une étroite ruelle et dont un bâtiment a le pignon recouvert de planches. Le danger était encore bien plus grand pour la maison Starck mais les pompiers ont pu faire reculer le feu à chaque attaque. Espérons que les autorités accepteront de leur fournir du matériel convenable à l’avenir. 

 Robert NIZET

dimanche 18 janvier 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans L’Organe du 29 octobre 1933 : Jean-Baptiste Paquay, 52ans, habitant Spa travaillait à la scierie Paquay-Talbot. Occupé à la scie circulaire au façonnage d’une pièce de bois de 4,60 m et terminait ce travail lorsque cette pièce de bois fut lancée vers l’homme qu’elle atteignit en pleine figure puis défonça une porte. Le patron, témoin de l’accident, s’empressa au secours de l’ouvrier mais la mort avait été instantanée. 

 L’Organe du 19 novembre 1933 rapporte qu’on a découvert à l’entrée de la station de Gouvy sur la voie du train venant de Bovigny le cadavre mutilé d’un cultivateur de Gouvy, F. Clotuche, 40 ans, célibataire. Le malheureux faisant partie de la fanfare avait participé aux festivités de l’anniversaire de l’Armistice. Ayant bu plus que de raison, il s’était querellé avec un ouvrier de la localité. Peu après, il sortit et un train le surprit sur la voie, le coupant en deux à hauteur de la poitrine. Et celui du 18 décembre 1910 : À Jevigné, Mademoiselle Valérie François, 27 ans, s’est noyée en voulant puiser de l’eau dans une fontaine. Elle était la fille du cantonnier François et la sœur du jeune homme qui s’était tué dernièrement en vélo. Quelle violence ! Mais un décès moins violent dans L’Organe du 26 novembre 1933 : Cher Frère Aristarque Jean, professeur à l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes est décédé au pensionnat de Grand-Halleux le 20 novembre dans la 48ème année de son âge et la 30ème de sa vie religieuse. Les obsèques suivies de l’inhumation au cimetière de Momignies ont eu lieu en la chapelle du Pensionnat ce mercredi à 9 h. 


L’Organe du 24décembre 1933 : Pour cause de cessation de commerce on liquide trois motos GILLET avec 30% de réduction ainsi qu’un vélomoteur neuf, motos et vélos d’occasion, stock de pièces de rechange et accessoires divers chez Mme Vve Jules Jeunejean, Garage du centre, 265 avenue de la Gare à Vielsalm. 

L’Organe de Vielsalm du 11 décembre 1910 : À Gouvy le vérificateur et le douanier Lamborelle en procédant à l’examen d’un wagon venant de Suisse furent intrigués par un mot incompréhensible qui y était inscrit. Ils s’assurèrent du contenu du wagon et constatèrent avec surprise qu’il renfermait 50 kg de saccharine en pastilles. La prise était bonne. Dans la même édition il est rapporté qu’une jeune servante de Commanster, Catherine M. au service de M. Jos. Andrianne, âgée de 17 ans s’en retournant de Neuville en conduisant une truie a été victime d’un attentat de la part d’un individu de 30 à 35 ans. Heureusement la truie poursuivit celui-ci en grognant tellement qu’elle attira l’attention d’ouvriers forestiers qui mirent le satyre en fuite. Son signalement a été donné à la gendarmerie. Encore dans L’Organe du 18 décembre 1910, aux Tailles, des voleurs ont pénétré nuitamment dans la chapelle St-Hubert et ont enlevé 6 chandeliers en cuivre d’une valeur de 60 frs. Aucune trace d’effraction n’a été relevée à l’intérieur de l’église. 

Robert Nizet

samedi 22 février 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 5 février 1911
A Rencheux, les amateurs de concours de chants de coqs ont formé une petite Société qui organise tous les dimanches des concours  qui ont lieu ordinairement un dimanche à Rencheux (café Grandjean) et le suivant à Vielsalm (café Léopold). La commission est formée comme suit : Président, M.J. Duchesne, vice-président, M.L. Delhalle, commissaires, MM. A. Colson, D. Grandjean, T. Archambeau, Secrétaire-trésorier, Jos. Hoffmann.
A Gouvy, une partie de la maison des enfants Manard Mélan s’est écroulée samedi à onze heures : seule une vache a été tuée et les meubles brisés. Dégâts importants.

Le 12 février 1911, toujours à Gouvy,  un incendie s’est déclaré de nuit chez le négociant Dalscheid, d’une violence telle que les habitants n’ont eu que le temps de s’enfuir. Le bétail a été sauvé mais meubles et marchandises ont été la proie des flammes : cent mille francs de dégâts. L’habitation voisine de l’horloger Karelle a été évacuée mais n’a que peu souffert.

Statistique criminelle : de 1900 à 1908, le nombre des individus condamnés pour délits en Belgique variait de 52000 à 52500. En 1909, ce nombre est tombé à 50000 soit 37500 hommes et 12500 femmes. Les récidivistes forment un peu plus de la moitié. C’est entre 21 et 35 ans que les condamnations sont les plus nombreuses ;  on en compte 70 d’enfants de moins de 16 ans et 1611 de jeunes gens de 16 à 18 ans. Ce sont les crimes contre les personnes – meurtres, lésions corporelles volontaires, calomnies et injures - qui ont amené le plus grand nombre de condamnations.

L’Organe du 12 mars 1911 reprend d’un journal arlonnais l’information suivante : La ligne vicinale Manhay-Lierneux est impossible puisque les subsides provinciaux liégeois sont subordonnés à l’utopique tram Lierneux-Stavelot que l’Etat vient de refuser pour la seconde fois.
A Vielsalm, le conseil communal a rejeté par 9 voix contre une la demande d’intervention par subsides proposée par l’Aéro-club de Belgique, et ce par esprit  d’économie  (200 F étaient demandés !),  mais a transmis la demande aux notables de la localité pour former un comité. C’est bien regrettable car ça nous prive de voir affluer un grand nombre d’étrangers qui seraient venus assister aux atterrissages qui devaient avoir lieu aux Grands Champs, donc au centre de Vielsalm. Celle-ci, qui est un endroit très joli, ne fait absolument rien pour attirer l’étranger et une fois qu’une occasion se présente, on la laisse s’échapper. L’étape de Vielsalm est donc supprimée et les concurrents du Circuit atterriront à Stavelot où la demande d’intervention a  été accordée à l’unanimité.

A Deiffelt, un acte de banditisme. Jeudi dernier vers une heure de l’après-midi, un individu s’est introduit chez Nicolas Nockels qui habite une maison isolée aux Trois frontières, sachant que seule une jeune fille de 21 ans était présente. Il la terrassa et tenta de l’étrangler à l’aide d’une corde.  Le père arriva à ce moment et se saisit d’un révolver mais le coup ne partit pas et l’agresseur put s’enfuir poursuivi par le père qui perdit sa trace au Grand-Duché. Grâce au signalement précis, la gendarmerie de Gouvy serait sur une piste sérieuse. Jeunes filles, soyez sur vos gardes car c’est déjà la seconde personne de Deiffelt qui a failli être victime.

Le 19 mars cet individu aurait été formellement reconnu par Nicolas Nockels mais l’instruction se poursuit assez lentement du fait que le coupable présumé s’est réfugié en Allemagne.

Le 26 mars : A Salmchâteau, la Concordia a fêté son président d’honneur, le commandant Jules Laplume qui vient de rentrer après un sixième terme au continent noir. Il est un des plus anciens Africains de Belgique et est actuellement à la tête d’essais intéressants pour l’avenir du pays noir : le dressage des éléphants pour coopérer à la traction animale.

                                                                                     Robert NIZET


samedi 23 novembre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Le 18 novembre 1906 : Monsieur Lucien Remacle, agent du Comité spécial du Katanga, décoré de l’Etoile de service de l’Etat indépendant du Congo est décédé le 26 septembre dernier à l’âge de 36 ans. Son premier départ pour le pays noir datait de juin 1898.

Le 14 novembre 1909 : Lundi dernier, le tram partant de Vielsalm à 5 h 4 m a renversé une charrette à bras se trouvant sur la ligne du vicinal en face de la scierie Denis à Vielsalm-Station. Le propriétaire du véhicule s’est vu contraint à payer 50 frs de dommage pour dégradation à la locomotive.

Le 10 novembre 1911 : À Regné, les habitants ont été, jeudi 7 écoulé, très étonnés de voir atterrir [sic] un ballon de dimensions respectables monté par deux personnes de nationalité allemande.

Le 9 novembre 1913 : Dimanche dernier vers 7 heures du soir deux automobiles arrivant en sens inverse et appartenant, l’une à M. Van Praet de Bruxelles et l’autre à un automobiliste allemand, voulurent se croiser dans la rue de Neuville actuellement encombrée de matériaux de construction. Les chauffeurs vinrent s’immobiliser contre les tas de pierres. L’auto de M.Van Praet put tant bien que mal continuer sa route. Il n’en fut pas de même de la seconde voiture qui, ayant l’avant défoncé, dut être garée chez M. Gillis. Il n’y eut pas d’accident de personne à déplorer.

Le 23 novembre 1913 : À Salmchâteau, lundi dernier dans l’après-midi, Mme Vve Futvoye rinçait son linge dans la rivière la salm [le Glain] lorsque son pied glissa et elle tomba à l’eau. A l’appel d’une autre femme, un dénommé Winand accourut et parvint à ramener la malheureuse sur la berge. Des soins immédiats lui furent prodigués et on parvint non sans peine à la ranimer. Cette personne de 69 ans est restée alitée plusieurs jours mais est actuellement hors de danger.

La Saint-Clément : après les fêtes somptueuses du « Rallye- Vielsalm », voici les réjouissances plus modestes mais plus vives du monde ouvrier. Dimanche prochain sera consacré au culte de saint Clément, patron des ardoisiers auxquels se joignent les ouvriers de la pierre. Le dur labeur de ces braves procure au pays de Salm des ressources considérables et y crée un bien-être familial. Salmchâteau sera particulièrement en liesse et  La Concordia  réjouira la population par ses accords harmonieux.
Mais la fête sera ternie car, à Bihain, un de ces ouvriers de la pierre, M. Husquet était occupé à vouloir faire descendre un banc de pierre lorsque celui-ci se détacha et vint s’abattre sur le malheureux qui eut la jambe écrasée. Le docteur appelé d’urgence dut se résoudre à faire amputer le membre : on conduisit le malheureux en voiture à Bruxelles.

A Bra sur Lienne, un braconnier de Lansival a été surpris hier par un garde-pêche et arrêté : c’est un récidiviste, H.S., connu pour dévaster les rivières du coin.

Le 19 novembre 1933 : À Gouvy, un train coupe un homme en deux. On a découvert à l’entrée de la station le cadavre mutilé d’un cultivateur de Gouvy, Clotuche Fr., 40 ans, célibataire. Le malheureux, faisant partie de la fanfare, avait participé aux festivités de l’anniversaire de l’Armistice. Ayant sans doute bu plus que de raison, il s’était pris de querelle avec un ouvrier de la localité. Qu’advint-il ensuite, on ne sait, mais un train le surprit sur la voie et le coupa littéralement en deux à hauteur de la poitrine.

                                                                                         Robert NIZET




mercredi 28 décembre 2011

dimanche 27 février 2011

Organe de Vielsalm

(Dimanche 23 janvier 1887. Deuxième année, Numéro 4.)

CONSEIL COMMUNAL DE VIELSALM


Compte-rendu de la séance du 13 janvier.

Sont présents : MM. Grégoire, échevin ; Laplume, Sépult, Paquay, Masson, Bruyère, conseillers, et Gillet secrétaire.
La séance est ouverte à 3 heures de relevée.
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 décembre dernier. Ce document est approuvé avec les trois renvois faits en marge du troisième objet.
Ont voté l’approbation : MM. Laplume, Sépult, Paquay, Bruyère et Masson-Jeunejean.
A voté contre : M. Grégoire, échevin.

Le Conseil reçoit en outre communication de la correspondance :
1° De la lettre de M. le gouverneur de la province, communiquée en copie par M. le commissaire d’arrondissement de Bastogne, le 23 décembre 1886, l’informant que le fonds commun n’interviendra plus dans les frais d’entretien de l’aliéné Duchesne.
2° Le Conseil entend la lecture de la lettre de M. le commissaire d’arrondissement du 7 janvier 1887, transmettant en communication l’arrêté de m. le gouverneur de la province de Luxembourg, en date du 4 janvier 1887, maintenu par arrêté de la Députation permanente le 6 dito qui suspend l’exécution de la délibération du Conseil communal du 27 décembre 1886, portant nomination du sieur Jean-Joseph Bruyère aux fonctions de membre du Bureau de bienfaisance de cette commune, en remplacement de M. Félix Grosfils, membre sortant, lequel ne figurait pas sur les listes de candidats présentés, l’une par le Bureau de bienfaisance et l’autre par le Collège échevinal.
M. Sépult dit que M. Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, n’a pas été convoqué à l’assemblée du Bureau, et demande, au nom du Conseil, communication des livre et pièces relatifs à cette affaire.
3° Le procès-verbal de vérification de la caisse communale, 4e trimestre 1886, présentant un encaisse de fr. 648-43, est communiqué au Conseil.
4° Le Conseil décide qu’il y a lieu de liquider à Mme veuve Scheuren une somme de 63 fr. 70c. pour entretien de l’indigent Larondelle.
4° Charge le Collège des bourgmestre et échevins de procéder aux formalités préliminaires pour parvenir à vendre un excédant de voirie à la famille Henrard, qui en a fait la demande, et nomme MM. Paquay, conseiller communal, et Jules Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, experts chargé d’évaluer le dit excédant.
5° Ajourne sa décision à prendre et relative à l’imposition communale ou emprunts pour couvrir une somme de fr. 12,736-79, formant le montant total des déficits au budget de 1886.
6° Ajourne également la formation du budget communal de 1887.
7° Le Conseil, réuni en comité secret, entend les explications de Mlle Bombert, maitresse de couture à Neuville, et ajourne sa décision.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 ½ heures.

CORRESPONDANCE.

Monsieur le Bourgmestre de Vielsalm nous prie d’insérer ce qui suit, ce que nous faisons avec plaisir puisqu’il s’agit de faire connaître la vérité et les manœuvres du Conseil communal :

Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm,

Dans son n° du 2 courant, l’Echo de la Salm a reproduit le compte-rendu d’une séance du Conseil communal en date du 27 décembre dernier.
Comme cet article me visait personnellement, j’ai relevé les inexactitudes nombreuses et mal intentionnées qui s’y rencontraient.
Dans son n° d’hier, le rédacteur de l’Echo se borne à publier le paragraphe final de ma réponse, prétextant ne pouvoir l’insérer en entier à cause du cadre restreint de son journal.
Je ne pense pas, M. l’Editeur, que ce soit là la véritable raison ; mais passons. Je n’insisterai pas auprès de lui. Je viens vous prier de vouloir reproduire in extenso dans vos colonnes la réponse que j’adressai à votre confrère et dont la teneur suit :
Vielsalm, le 12 janvier 1887
Monsieur l’éditeur du journal l’Echo de la Salm à Vielsalm.
Dans votre n° du 2 janvier courant, vous publiez le compte-rendu d’une séance tenue par le Conseil communal de Vielsalm le 27 décembre dernier, séance à laquelle je n’ai pas assisté.
Je lis dans ce compte-rendu ce qui suit :
« Qu’il n’est pas vrai que le Conseil communal ait autorisé le Collège des bourgmestre et échevins de faire confectionner les prétendus plans, devis et cahier des charges prémentionnés. »
Je tiens à faire connaître à vos lecteurs que cette déclaration du Conseil communal, par l’organe de M. Sépult, conseiller, est absolument contraire à la vérité.
Il me suffira pour le démontrer de reproduire ici les termes mêmes de la délibération du 29 mars 1884, qui porte :
Le Conseil décide :
« Qu’il y a lieu de profiter de la construction des écoles de Vielsalm pour comprendre au centre de l’immeuble dont il s’agit ; charge le Collège des bourgmestre et échevins de faire dresser plans et devis de l’ensemble par M. Kupper, architecte provincial à Bastogne ».
C’est en vertu de cette décision votée par cinq membres contre un et deux abstentions, que le gouvernement provincial a chargé M. Cupper d’exécuter les dits plans et devis.
Je lis ensuite dans votre compte-rendu :
« Qu’il n’appartenait donc pas à M. Beaupain, bourgmestre, de faire faire les prétendus plans, devis et cahier des charges en question, portant la date toute récente du 30 juillet 1885. »
Par délibération du 7 janvier et du 11 février 1885, le Conseil chargeait M. Loneux d’exécuter les dits plans et devis ; ces délibérations ont été improuvées par la Députation permanente dont la décision a été maintenue sur appel par arrêté du ministre de l’intérieur en date du 7 septembre 1885.
Dans ces deux délibérations, . Sépult adoptait en principe la confection des plans et devis. Je n’avais pas besoin de faire confectionner les plans et devis en question, dont l’architecte provincial avait été chargé par la Députation permanente, et ce travail n’est pas d’une date aussi récente que veut bien le dire M. Sépult, puisque l’arrêté ministériel qui en charge définitivement l’architecte provincial est encore d’un mois postérieur à cette date.
Votre compte-rendu dit encore :
« Qu’il est regrettable que la Députation n’ait pas autorisé la commune à ester en justice contre la réclamation trop bien fondée de M. l’architecte Cupper. »
Je crois utile de faire connaître à vos lecteurs que le Conseil s’est pourvu en appel de cette décision de la Députation, laquelle a été maintenue par le ministre de l’intérieur le 19 octobre 1886.
Il résulte de tout ce qui précède que le Conseil communal, au lieu d’adopter un système de défense absolument dépourvu de sens commun, s’était tout simplement soumis aux décisions prises par les autorités supérieures compétentes ; il aurait économisé à la caisse communale des frais considérables auxquels va donner lieu le procès Cupper, et ainsi diminué un peu les impôts extraordinaires dont, d’après vous, Monsieur l’éditeur, on se disposerait de frapper les habitants de Rencheux et de Vielsalm.
Vos lecteurs sont trop clairvoyants pour ne pas voir dans votre compte-rendu et dans les réflexions désobligeantes qui l’accompagnent une petite manœuvre électorale.
Je tenais donc de rétablir les faits dans leur réalité, afin que chacun puisse en retirer la part de responsabilité qui lui incombe.
Je terminerai en ajoutant, pour l’édification des contribuables, que les chemins de Bêche et de Burtonville, visés par votre article, n’ont coûté à la commune qu’un tiers des frais de construction et que ces chemins avaient été votés sur la demande des sections intéressées à la majorité du Conseil.
Je compte Monsieur l’Editeur que vous voudrez bien insérer la présente dans votre plus prochain numéro et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Le Bourgmestre, BEAUPAIN.


En ce qui concerne l’observation peu bienveillante de l’Echo au sujet des chemins de Bèche et de Burtonville, je me bornerai à lui faire observer que les personnes chez lesquelles il se renseigne l’induisent en erreur et savent parfaitement que le service de la voirie était assuré, l’autorité supérieure n’autorisant du reste jamais aucune dépense sans indiquer les moyens de la couvrir.
Il n’est donc nullement besoin de créer des ressources pour les travaux de voirie puisqu’il existe au règlement du compte de voirie, 1re page du budget de 1887, un boni de 6 950fr. 28 cent., pour couvrir toutes les dépenses faites jusqu’au 31 décembre 1886, ce qui rend donc complètement superflu la création d’impôts pour boucher le prétendu trou fait dans la caisse communale, dont parle si complaisamment l’Echo, trou qui n’existe que dans son imagination.
Agréez, etc. Le Bourgmestre, BEAUPAIN.

Faits divers

Vols. — On nous écrit de Gouvy : Pendant la nuit du 11 au 12 courant, des voleurs se sont introduits chez M. Effling, cordonnier, et Antoine Maréchal, boucher et négociant, tous deux demeurant à Gouvy.
Chez le premier, ils ont enlevé des souliers et une paire de bottes, le tout évalué à 80 francs ; chez le second, ils se sont emparés d’un quartier de viande de bœuf qu’ils ont pris la peine de découper convenablement et de bien envelopper ensuite.
On avait remarquer pendant la soirée deux individus circulant dans la localité sans but bien déterminé ; mais comme les crésus sont rares ici, personne ne craignant la perte d’un trésor, ces étrangers avaient pu sans encombre prendre leurs mesures.
Mais à Gouvy, lorsque tout le monde dort, la douane veille. Aussi, vers 2 heures du matin, nos deux individus se voient énergiquement poursuivis, forcés d’abandonner le quartier de viande. Ils ne durent leur salut qu’à un plantis de sapins qui leur offrit asile.
Que notre brave douane trouve ici l’expression de notre gratitude vive et sincère. À une prochaine rencontre, elle s’emparera du vol et des voleurs.

Nous apprenons de Tavigny, jeudi 13 courant, que deux individus habitant depuis peu cette localité y ont été arrêtés et conduits sous bonne escorte à la prison de Marche.
Voici les motifs de cette arrestation et les circonstances qui l’ont accompagnées : Un vol avait été commis à Troine (Grand-Duché de Luxembourg) ; d’un autre côté, un rasoir dit de rencontre avait été vendu à un habitant de Tavigny. M. le juge de paix de Houffalize, habitant aussi cet endroit, ayant appris l’un et l’autre faits, pria son domestique d’aller lui chercher le rasoir en question et, muni de cet objet, il se rendit à Troine, où il acquit la certitude que ceux qui avaient vendu le rasoir n’étaient autres que de vilains filous dont il fallait se débarrasser au plus tôt. Aussi la gendarmerie arriva-t-elle incontinent à Tavigny.
Elle se présenta ainsi, sans coup férir, accompagné de M. le juge, au domicile des deux inculpés.
Mais leur arrestation dut difficile à exécuter : ces individus ne se laissèrent garrotter qu’après avoir administré à leurs visiteurs force coups de pied et coups de poing.
La besogne fut rude, mais, grâce au courage des gendarmes et au dévouement de leurs compagnons, force resta à la loi.

Foires de la semaine. — Provinces de Luxembourg, Liège, Namur et Grand-Duché de Luxembourg. — Lundi 24, Durbuy : mardi 25, Wiltz, Dinant, Orchimont : mercredi 26, Laroche : vendredi 28, Salmchâteau : lundi 31.

ETAT-CIVIL DE VIELSALM
Du 12 au 19 janvier.

NAISSANCES: 2 : savoir:
Noémie-Marie-Sidonie, fille de Henri-Joseph Cahay, cultivateur, et de Marie-Anne Paquay, ménagère à Burtonville.
Grégoire-Joseph, fils Jean-Henri-Eugène Derochette, ouvrier ardoisier, et de Marie Grégoire, ménagère à Bèche.

DECES, 2, savoir :
Marie-Catherine Collette, âgée de 75 ans, ménagère, veuve de Jean-Joseph Piette, de Cahay.
Joseph Evrard, âgé de 32 ans, cordonnier à Vielsalm.

lundi 24 mai 2010

Parmi les noms de lieux de la région.

(publié dans « Excelsior », 1er trimestre 1954-1955)

Les noms de lieux sont devenus aujourd’hui l’objet d’une vraie science qu’on appelle la toponymie. L’honneur d’avoir créé ce nom (dérivé de « topos » = lieu, et « nomos » = science) revient à l’historien belge G. KURTH, qui est originaire de notre Luxembourg. Cette science est trop nouvelle pour pouvoir tout expliquer ; le mystère entoure encore une foule de noms qui nous sont familiers, mais que nous ne comprenons plus. Au cours d’une promenade autour de la Salm, nous préciserons la signification et l’origine de quelques termes locaux.

Honneur d’abord à VIELSALM ! Ce nom résulte évidemment d’une déformation de Vieille-Salm. La voix populaire a longtemps cherché une étymologie facile, en rattachant ce nom à salmo, le saumon, qui aurait jadis abondé en nos rivières. Les armoiries de la commune présentent encore deux saumons opposés dos à dos. Pourtant, l’élément « Salm » est tout autre chose ; il s’agit d’une racine très ancienne, répandue dès les temps préhistoriques dans toute l’Europe et même en Asie Mineure. Il désigne des mers, des caps, des fontaines, des rivières ; il se rattache donc à l’idée générale d’eau en mouvement. Aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait désigné une rivière : la Salm, dans notre région.

Lorsque la terre se morcela en fiefs, au moyen âge, le nom fut appliqué au « comte de Salm », le seigneur du pays. (La première mention historique date de 1035). Le château-fort bâti par les comtes vers l’an 1000, à l’emplacement de la propriété MOUTON, attira sous sa protection un village qui prit naturellement le nom de maître du lieu.

Mais, vers 1350, les comtes abandonnèrent cette résidence pour construire un nouveau château en amont, à l’emplacement stratégique qui commande l’entrée de la Fosse Roulette. Au pied de ses murs, s’aggloméra un nouveau village, Salm-la-Franchise, qui prit plus tard le nom de SALMCHATEAU.

Dès ce moment, on comprend que les textes anciens aient opposé : la Vieille-Salm, ou Salm-la-Vieille, à Salm-la-Franchise, ou Salm-la-Neuve. Peu à peu, la Vieille-Salm s’est altérée en Vielsalm, comme on l’appelle aujourd’hui.

Le nom de Salmchâteau fait allusion à cette nouvelle résidence que les comtes de Salm ont bâtie, il y a six siècles, sur les hauteurs dominant la rivière.
Lorsqu’il construisirent la forteresse, les comtes accordèrent une franchise à l’endroit ; on entend par là une exemption de certaines taxes que le prince octroyait pour attirer les manants sur ses terres. Ainsi le nouveau village prit le nom de Salm-la-Franchise ; on le baptisa aussi Bas-Château et même Basse-Ville. Le nom de Salmchâteau se généralisa quand disparut le privilège comtal.

RENCHEUX, l’autre « banlieue » de Vielsalm, dissimule mieux ses origines. Il y a quelques siècles, tout contribuait à séparer Rencheux de notre localité : les rochers abrupts qui cernaient le château, la Salm qui inondait les Doyards, le caractère rocailleux du ravin. Il faut, semble-t-il, rattacher Rencheux à un mot wallon : rin, qui désigne les branches du noisetier, qu’on emploie comme tuteurs pour soutenir les tiges de pois. L’appellation ancienne du lieu est Rincheu que l’on prononce aussi Rinchê en patois.

Le suffixe n’est pas inconnu dans la région. On peut relever des noms parallèles : un triheux est un terrain en friches ; un ronhieu ou ronchieux désigne une terre couverte de ronces ; un pircheux est un terrain pierreux.

Il semble donc qu’on ait dénommé Rincheu, ce versant de la Salm couvert d’arbustes, particulièrement de noisetiers. Aujourd’hui encore, de part et d’autre de la « Tchavée », qui gravit la côte, les pentes rocailleuses sont couvertes de futaies qui devaient tout envahir, avant que la main de l’homme élimine ces broussailles.

Quittons notre « capitale », pour survoler au gré de l’alphabet, le vaste pays de Salm, parsemé de petits bourgs aux noms sonores et parfois évocateurs.

ARBREFONTAINE est généralement assimilé à l’endroit dénommé Alba fontana (signifiant blanche fontaine), qui est cité dans des textes très anciens (déjà en 670). Cette étymologie, bien que séduisante, est très discutable, comme le montre un examen attentif du nom.

Les sources aménagées et munies d’un petit réservoir sont souvent désignées, dans nos régions, du nom de « fontaine ». on y joint ordinairement un adjectif ; citons Bellefontaine, Blanchefontaine, Menufontaine, Noirefontaine, Troisfontaine, dans notre province seulement. Il est naturel d’associer ainsi un adjectif à un nom. En revanche, Arbrefontaine résulte de la juxtaposition de deux noms : cette formation est moins normale, car on n’unit pas directement un nom à un autre nom, désignant des objets, sinon avec l’aide d’une préposition ou d’un article. Nous songeons à des localités comme Bois-de-Breux, Queue-du-Bois, Neuville-le-Chaudron.

Il est donc difficile d’identifier Albafontana avec Arbrefontaine. En outre, le groupe de consonnes lb n’aurait pu devenir rb en vertu des lois de la phonétique. Ajoutons que la position géographique de l’actuelle Arbrefontaine semble ne pas coïncider avec la situation de Alba fontana qui se trouvait plus au nord.

Il faut chercher la solution ailleurs. Si nous interrogeons le peuple, nous l’entendons prononcer aujourd’hui encore : Nâfontinne ou Afontinne. Des documents datant de 1501 et de 1525 montrent qu’à l’époque, la localité s’appelait déjà Alfontayne (1). Il arrive en effet qu’on ajoute une préposition à un nom de lieu afin de le préciser. Il semble bien que ce soit ici le cas et que le nom populaire signifie simplement « à la fontaine ».

L’appellation « Arbrefontaine » doit être une interprétation récente du terme wallon ; elle serait due à des scribes qui ont inconsciemment francisé le nom et qui l’ont déformé sous l’aspect que nous connaissons.

Concluons : il semble qu’il n’y a aucun rapport entre l’antique Alba Fontana et Arbrefontaine d’aujourd’hui. La tradition populaire explique aisément l’origine du nom : à la fontaine. Arbrefontaine est une forme moderne et artificielle.

BEHO est un nom d’origine germanique : Bockholz (la forêt de bouleaux) qui dérive d’un terme celtique plus ancien encore. Le mot s’est allégé des lettres qui paraissaient trop lourdes à des populations d’expression wallonne et il est devenu l’actuel Beho. L’aspiration germanique s’est pourtant maintenue dans la deuxième syllabe.

En wallon, le peuple dit parfois « Abhô » ; ce terme, mérite une explication. Jadis, on ajoutait une préposition devant la première syllabe de beaucoup de noms de lieu ; elle servait souvent à préciser l’endroit : à, en, de sur… (cf. Afontinne). Il est arrivé plus d’une fois, que la préposition s’agglomère au nom de manière plus ou moins définitive ; ainsi « à Beho » est devenu « Abhô ». cette forme du mot apparaît, dans des documents, il y a trois siècles.

BOVIGNY doit être rattaché à un nom de personne. Bovo est un nom d’origine franque qui fut latinisé sous la forme Bovinius. Il faut se rappeler que les Gaulois ont constitué dans nos régions de vastes domaines qu’ils désignaient du nom du propriétaire auquel on adjoignait le suffixe acus.

Ainsi Boviniacus représentait, il y a un millénaire, le domaine de Bovo. La finale du mot s’est usée un cours des âges, tandis que se maintenaient les syllabes les plus sonores. La graphie y est une fantaisie de scribe datant du moyen âge.

CIERREUX est également un village très ancien. Ce nom paraît formé de deux éléments : Cheron, un nom gaulois répandu dans le peuple, et un second terme : reux qui désigne un défrichement. Il s’agirait d’un domaine rural ayant appartenu à un certain Cheron. En wallon, on prononce encore le nom : Cherreux. Signalons qu’on doit attribuer la même origine au nom de Halconreux.

COMMANSTER a un passé plus mystérieux. Ce petit village porte, outre son nom wallon, une appellation germanique : Gommelshusen. Le suffixe ster est très répandu en Wallonie (Ster, Jehanster, Colonster…) ; néanmoins le sens du mot reste discuté. Il doit désigner un défrichement ou simplement une terre, un lieu-dit. En outre, la première partie de Commanster est d’origine obscure.

COO n’est autre chose qu’une sympathique forme wallonne : « », traduisant simplement le français cou. Ce mot imagé a désigné l’étroite bande de terre qui séparait deux boucles de l’Amblève. Une tranchée fut jadis creusée à travers ce « cou » par les moines de Stavelot ; depuis lors, l’eau s’y précipite en une cascade bouillonnante.

COURTIL est un nom de lieu très répandu depuis les débuts du moyen âge. Dans le latin populaire, « curtis » désignait une cour de ferme ou une exploitation rurale. On citerait beaucoup de composés wallons comme Walcour, Rocour, Amercoeur. Le domaine agricole de Courtil est connu par de nombreux documents historiques ; il était construit le long d’un chemin très ancien qui menait à Vielsalm.

FARNIERES doit probablement être rattaché à un nom d’arbre : le frêne. Farnières est une altération de Fresnières, c’est-à-dire « le lieu où poussent des frênes ». Le suffixe ières apparaît dans de nombreux noms de lieux : Rosières, Bossières, Tillières, pour désigner des plantations de roses, de bois, de tilleuls. Dans la langue populaire, Farnières est devenu Farnières, par métathèse, quand on perdit de vue le sens originel du nom.

FRAITURE dérive d’un vieux mot français : fraitis = friche, lieu désert. On désignait ainsi les terrains gagnés sur la fagne inculte. Deux lieux-dits ont porté ce nom dans notre région : l’un se trouve près de Nadrin ; l’autre village de Fraiture est voisin de Bihain sur la Lienne ; ses habitants, terrorisés par une épidémie de peste, l’abandonnèrent, paraît-il, au 16e siècle.

GOUVY est une localité à dénomination bilingue : au wallon Gouvy correspond l’allemand Gailig. Il semble que Gouvy doive être rattaché à Gaudiacus qui désigne le domaine d’un certain Gaudius. On peut aussi rapprocher ce nom de Gouy-lez-Piéton.

Des doublets dans le genre de Gailig — Gouvy ne sont pas rares ; la proximité de la zone de langue allemande crée des phénomènes analogues le long de toute la frontière linguistique. La déformation d’un nom de lieu est très naturelle lorsqu’il est prononcé par des populations qui ignorent la langue d’où le nom provient.

A GRAND-HALLEUX, les habitants se donnent aujourd’hui encore le nom de « Halonî » ou de « Haloneux ». En vieux français, un « hallot » désigne une branche ou un buisson ; ce terme est d’origine germanique. Ainsi, on appliquait jadis le nom de « Halleux » à des endroits brouissailleux. Ajoutons une constatation surprenante : Petit-Halleux a, de tout temps, été plus important que son voisin Grand-Halleux.

Cette localité a porté au 16e siècle un nom aujourd’hui disparu : Moustre, qui est une variante de Moustier. Cette appellation dérivait de monasterium ; elle évoquait l’existence du presbytère qui fut bâti lorsque Halleux fut érigé en paroisse

Il n’est pas rare, dans notre pays, qu’un détail religieux fixe le nom d’un lieu ; ainsi, La Gleize (= l’église) ; La Moinerie, Saint-Hubert, Purgatoire, se rattachent à des souvenirs historiques de ce genre.

A. LEKEU

(1)M. G. REMACLE a relevé ce nom dans un dénombrement d’anciens feux de la région.

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Ndlr : Cet article doit être lu avec beaucoup de réserves, il apparaît clairement que l’auteur n’a pas eu accès aux archives du comté de Salm !

vendredi 25 décembre 2009

Les Six Sacrements du curé Hasech.

(publié dans « Reflets du Luxembourg », le 10 novembre 1960)

En ce temps-là, la paroisse de Gouvy, ci-devant pays de Liège, était administrée par l’abbé Hasech. Les habitants de cette localité vivaient heureux. Il s’agissait d’une félicité mineure, comme peut s’en composer une population villageoise qui se livre à la culture du seigle et de l’épautre, à l’élève du bétail et au bûcheronnage.

Ce curé était très vieux. On lui attribuait quelque 116 ans. En tout cas, il était arrivé à Gouvy en l’an de grâce 1426. C’est dire qu’il y était depuis 93 ans. Que personne ne se récrie ! Des cas pareils de longévité étaient alors moins rares que maintenant. Dans ses Mémoires d’Outre-Tombe, Chateaubriand relate que vivait à Dieppe, en 1645, une dame Gauchie, âgée de 150 ans.

L’abbé Hasech possédait bel air et bonne mine. Il restait droit, allait d’une démarche assurée, faisait preuve de sens très aigus et d’un esprit parfaitement lucide.

Un jour de mai 1519, alors qu’il se livrait à ses dévotions quotidiennes, il vit entrer son doyen. Le visiteur venait l’avertir que Mgr le Prince-Evêque, se rendant en Allemagne à la fin du mois, ferait halte à Gouvy. Le vénérable pasteur qui n’avait plus vu le prélat depuis son ordination, s’étonna de cette nouvelle. Il demanda : « Qui est évêque, maintenant ? »
— Le prince Erard de la Marck, répondit le doyen.
— Est-ce un jeune ou un vieux ?
— Il y a quelques années qu’il préside aux destinées de la principauté. D’après ce que je peux juger, il ne doit pas avoir atteint la cinquantaine.
— C’est jeune, Monsieur le Doyen, c’est jeune pour assumer une charge semblable ! Et que viendra-t-il faire ici ?
— Il sera de passage et il aime, là ou il s’arrête, à rendre visite au curé.

Erard de la Marck avait la réputation d’être un réformateur sévère. Mais il ne possédait pas partout des pouvoirs suffisants de correction ou de juridiction, à raison d’anciens privilèges obtenus par les clercs. Il nourrissait néanmoins l’espoir d’aboutir un jour à l’autorité nécessaire. Aussi, au cours de ses voyages, s’arrêtait-il volontiers chez les ecclésiastiques de tout rang, afin d’enquêter sur les mœurs et le savoir des prêtres en prévision des réformes qu’il préparait. Son principal souci était la doctrine. Il redoutait l’ignorance, en un temps où le dogme commençait à être interprété fort lâchement. Quoique plusieurs cures fussent vides de titulaire, il préférait voir une paroisse sabs desservant que de la savoir aux mains d’un ignare ou d’un indigne. Ayant appris que le plus vieux curé de la principauté était l’abbé Hasech, il estima qu’un prêtre de cet âge devait rentrer en enfance. Aussi résolut-il, à l’occasion de sa mission en Allemagne, de rendre visite à ce vieillard, de lui imposer un examen dogmatique et de lui faire comprendre, en cas d’insuccès, que le moment de l’effacement était venu pour lui.



Quand il apprit la date de la visite du prélat, bien qu’il eût passé l’âge des grandes émotions, l’abbé Hasech s’affaira. Au lieu d’attendre le prône du dimanche pour dire la nouvelle à ses paroissiens, il prit sa canne et son chapeau et s’en alla de porte en porte et tint à peu près ce langage à ses ouailles : « Le 30 mai, Mgr le Prince-Evêque sera parmi nous. Or, il y a 93 ans que je vous administre les sacrements des vivants et des morts, au nom du Père, du Fils et du St-Esprit. Vous avez toujours accepté que je le fasse pro deo, car il vous est arrive très souvent d’oublier mon casuel. Je ne vous en fais pas le reproche, pas plus que je ne me plains de ceux qui, subrepticement, charruaient dans mon douaire. La dîme que vous me devez se réduit à peu de chose, parce que je ferme les yeux sur vos erreurs de poids et de qualité. Aussi, suis-je fort dépourvu. C’est pourquoi je sollicite votre concours, afin de recevoir dignement le chef du diocèse ».

Les villageois ignoraient ce qu’était un évêque. Ils connaissaient un peu le Pape comme chef de l’Eglise universelle et considéraient qu’entre leur pasteur et Jésus-Christ n’existait que le Souverain Pontife. Mais, puisqu’il était avéré que dans la hiérarchie ecclésiastique se trouvait un autre dignitaire, ils promirent au curé de faire les choses au mieux.

Des ouvriers bénévoles se présentèrent au presbytère pour badigeonner les murs. D’autres s’attachèrent à mettre l’église en état. Ils débusquèrent les hiboux, arrachèrent les nids d’oiseaux, remplacèrent les carreaux cassés. Des femmes frottèrent les bancs, lavèrent la Ste-Vierge et les autres saints…

— Ah ! dit l’abbé Hasech, je ne savais pas que mon église fût si sale. Prenez garde, vous allez me prolonger la vie, car je n’aurai nulle envie de la quitter si vous me faites un tel paradis sur la terre.
Comme il gênait dans ce travail, il était délogé de tous les coins où il se réfugiait. Aussi fit-il le tour de ses confrères et s’enquit auprès d’eux des mœurs épiscopales. Il revenait chaque soir un peu plus savant, ayant appris de l’un ce que l’autre ne savait pas.
Dans la dernière semaine, les paysans affluèrent à la cure. Ils apportèrent des mottes de beurre, des œufs, de la farine, des poules dodues, et des quartiers de bœuf. Anatole Balas se mit à brasser de la nouvelle bière. Guillaume Lantremange apporta du vieux vin de myrtille. Arthur Bragard offrit le miel pour les gâteaux. Puis, aux deux derniers jours, les garçons allèrent aux mais et les filles aux fleurs des champs.

La grosse affaire était la confection d’un nouvel habit pour le pasteur. Depuis trente ans, il répétait : « A mon âge, on ne se fait plus couper un nouveau vêtement ». Mais Clémence, la tenace servante, voulait que son maître prît mesure. Gaston Lardinois et sa femme vinrent donc avec une nouvelle pièce de drap procéder aux mensurations.

Enfin, la veille de la fête, Lucien Larcot, maréchal ferrant de son état, mais qui barbifiait aussi les vivants et les morts, passa avec des ciseaux et un rasoir, fit tomber les favoris du visage de l’abbé et le rajeunit, en lui taillant à mesure sa barbe et sa moustache.
Le lendemain, l’abbé fut debout de grand matin. Ignorant si un évêque se levait tôt ou tard, il revêtit tout de suite son pourpoint orné d’un col à rabat blanc avec liséré noir. Les chausses de sa culotte bouffaient au-dessus des genoux, mais il portait des jarretières neuves et de si belles boucles d’argent sur des chaussures reluisantes, qu’on l’eût pris pour le curé le mieux mis de la chrétienté.

Il attendait, assis sur le banc devant le presbytère, le bon vouloir de Monseigneur. Il avait dépêché Colas Maréchal sur la route de Vielsalm. Le paysan, chevauchant un petit cheval vigoureux, était chargé de venir annoncer l’arrivée de l’évêque. Le curé regardait aussi loin que sa vue put porter sur la route de poussière grise. Mais là, comme dans la campagne, c’était la grande et calme sérénité du printemps qui déployait ses fastes dans le chant des alouettes et le parfum des fleurs.

— Il se fait attendre, dit en passant Victor Jacquemart.
— Il va arriver, répondit l’abbé, l’heure du repas approche et je ne connais pas de gens de ville qui n’y songent quand ils se rendent dans un village.

A peine eut-il prononcé ces mots que l’on vit la monture de Colas Maréchal revenir ventre à terre. De loin le cavalier faisait des signes, manifestant ainsi l’imminence de l’événement. Le galop du cheval avait fait sortir les paysans qui se placèrent entre les bannières de feuillage platées le long de la chaussée. Alors, les cloches se mirent à sonner et on vit apparaître en grand arroi, l’équipage de Monseigneur le Prince-Evêque.

Le prélat descendit de voiture. Entouré de ses chanoines et de ses gens, il avait grand air en s’avançant parmi la foule qu’il bénissait. Il alla ainsi jusqu’à l’église où, après une brève cérémonie, il adressa une allocution à ses bien aimés fidèles.

L’abbé Hasech reçut son évêque au presbytère, où la chair plantureuse fut arrosée de belle façon.
On a beau être évêque ou chanoine, les jours gras sont pour tout le monde et les plaisirs de la table sont salutaires pour compenser la disette des temps de jeûne et d’abstinence !

La bière locale parut délectable aux visiteurs. Le vin cependant fit à ce point merveille, qu’une parabole sur la vigne du seigneur allait être racontée par un jeune clerc, qui passait pour le secrétaire du prince. Mais celui-ci ne badinait pas avec la dignité, aussi prévint-il les convives que l’heure du départ arrivait. Avant de sortir, il dit en s’adressant à l’abbé Hasech : « M. le desservant, j’ai à vous parler ».
— Comme il vous plaira, Monseigneur.

Le vieux prêtre conduisait le dignitaire dans une petite pièce austère, garnie d’un Christ et de quelques meubles de bois blanc. L’évêque, après avoir fait compliment au curé sur sa verte vieillesse, le remercia pour son hospitalité, puis lui dit sans détour qu’il était venu pour lui faire subir un examen doctrinal.

— Monseigneur, répondit l’abbé, ne vous semble-t-il pas que j’aie passé l’âge des études ?
— Ne dites pas cela, M. le Curé, un bon prêtre se doit d’avoir toujours présents à l’esprit la doctrine et le dogme.
— Oh ! pour cela, dit le pasteur, je pense, sans trop me vanter, connaître les vérités de la foi, les vertus théologales, le Décalogue, les fins dernières de l’homme et toutes les prières usuelles.
— Mais c’est très bien, M. le Curé, alors il vous sera facile de me dire combien il y a de sacrements ?
— Il y en a six, Monseigneur.
— Vous êtes sûr de ce que vous dites ?
— Absolument certain.
— Alors, énumérez-les moi.
— Le Baptême, la Pénitence, l’Eucharistie, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.
L’Evêque fit une moue sévère et commanda cavalièrement :
— Allons, dites-moi vite celui que vous avez oublié.
— Excusez-moi, dit l’abbé Hasech, mais je n’en oublie pas.
— Dois-je comprendre que vous êtes de ces hérétiques qui nient la divinité du St-Esprit ?
— Dieu m’en garde, Monseigneur ! Je sais qu’il est le grand méconnu de la sainte Trinité, mais je célèbre avec ferveur la fête de la Pentecôte. Mes paroissiens en font autant. J’invoque l’Esprit-Saint tous les jours dans mes oraisons et je le cite chaque fois que je fais le signe de la croix.
— Alors, vous devriez savoir qu’il est un sacrement qui s’appelle la Confirmation.
— Que Monseigneur me pardonne, je croyais que la Confirmation n’existait plus, il y a au moins 93 ans qu’elle n’a plus été administrée à Gouvy.
L’Evêque se mordit les lèvres, puis il prit le parti de rire de l’humour du curé Hasech, lui promettant qu’à l’avenir il y aurait sept sacrements à Gouvy comme ailleurs.

Usmard LEGROS

jeudi 24 décembre 2009

Gouvy : une charmante villette à la frontière belgo-luxembourgeoise.

(publié dans « La Meuse » le 20 septembre 1946)

Situés aux confins N.-E. du Luxembourg belge à 25 km. au nord de Bastogne, à 15 km. de Houffalize, Gouvy se campe à 469 m. d’altitude, aux bords de l’Eifel, montagneux et boisé, d’une part, et de la crête ardennaise, d’autre part. Gouvy compte plus d’un millier d’habitants et fait partie de la commune de Limerlé.
Il est rattaché à l’arrondissement administratif de Bastogne et judiciaire de Marche. La Justice de Paix se rend à Houffalize.
Le terrain est assez vallonné, borné au nord et à l’ouest par des montagnes et des rochers très élevés. Le sol est rocailleux, les terres sont un mélange de tertiaire salmien et de calcaire. On relève cependant beaucoup de veines argileuses.
Gouvy se situe à la source de l’Ourthe orientale aux vallées profondes et boisées, à proximité aussi d’une ancienne chaussée romaine qui traverse la commune du S.-O. au N.-E.
À ce propos, on relève aussi des tumulus, des tombes romaines et des débris de villas dans lesquelles on a découvert, dernièrement encore, des urnes funéraires, etc…




Étendons-nous quelque peu sur le passé historique de ce vieux village ardennais.
Le berceau de Gouvy fut une entrecour sans grande importance et sans grande valeur. La partie sud de la bourgade appartenait à la cour d’Arras et dépendait de la Prévôté de Bastogne pour l’exercice de la moyenne et de la haute justice. La troisième partie dépendait des Comtes de Salm pour la haute justice seulement.
Entrecour sans grande valeur, avons-nous dit ; en effet, elle fut vendue au cours du XIVe siècle pour 40 patacons, soit 320 fr.
En 1576, Gouvy devint une mairie, titre qu’elle perdit, malheureusement, dès 1824. C’est là, l’origine du non-sens que nous connaissons aujourd’hui encore. Gouvy, avec un millier d’habitants, fait partie de la commune de Limerlé, village de 500 habitants seulement.
Pour nos lecteurs, nous citerons les différentes modifications du nom de notre village : de Govis, en 1243, Goivis en 1472, Gombis en 1497, Gouwy en 155., Gulich en 1589, Gouvy en 1611, Geilleg en 1772, pour arriver à Gouvy en 1789.

Gouvy, en allemand Geilig, est réapparu aux différentes périodes autrichiennes de l’histoire de notre province. Gouvy signifierait, selon son étymologie : Vij-vicus, marais boisé ; Gouvy, village des marais boisés. Faut-il croire par là, que notre village est resté longtemps enfoncé dans les forêts, ignoré des moines qui se répandaient dans nos régions à cette époque ? Cette hypothèqe s’avère fausse, si nous en croyons une charte de l’abbaye de Stavelot du 14 avril 915 qui fait mention de la paroisse St-Aubin de Gouvy. Elle donne les limites de l’ancienne ville de Glaniacus (Glain-lez-Bovigny), bornée d’un côté par la terre de St-Remacle (Lierneux) et, de l’autre, par la terre de St-Aubin (Gouvy).
Cette mention de la paroisse au Xe siècle et le mode de division de la dîme par tiers nous amènent à reporter l’origine de notre église au début de la période carolingienne.
D’autre part, comme la circonscription primitive de la paroisse fut toujours très restreinte, enclavée qu’elle était entre les grands domaines de Bellain, de Cherain et de Glain-Bovigny, nous avons préféré reconnaître, dans Gouvy, une lointaine filiale de Bellain, plutôt que de considérer cette église comme primitive.
Pour s’en convaincre, il suffira de visiter le cimetière de ce premier village luxembourgeois ; nous y trouvons, en effet, des tombes d’anciennes familles de Gouvy.
Un cimetière fut cependant délimité vers 1300, sur le sol de Gouvy, au lieu dit : Saceux ou Sacô, ce qui pourrait désigner païen ou d’un autel votif de la période romaine, comme le cas s’est présenté à Maboge-sur-Ourthe.



Au début du XIIIe siècle, la dîme et le droit de patronage (collation de la paroisse) appartenaient à Henri Ier, seigneur d’Houffalize, qui en fit don, en 1243, au prieuré de Ste-Catherine de Houffalize. En 1707 et en 1716, le droit de collation était alternativement partagé entre le prieuré et le comté de Salm.
En 1630, la paroisse de Gouvy compte 60 familles et 250 communiants. Jusqu’à la révolution de 1789, qui vit l’annexion de la Belgique à la France, Gouvy relevait du diocèse de Liège. Il faisait partie de la chrétienté (doyenné) de Stavelot, qui formait elle-même, avec la chrétienté de Bastogne, l’archidiaconé d’Ardenne. La révolution de 1789 a laissé à Gouvy aussi, certains souvenirs ; notons en passant : l’autel en pierre taillée de la cave NICOLAY, qui servit de sanctuaire pendant ces années de troubles.
Suite aux modifications apportées par la France révolutionnaire et par le Concordat entre le Pape et Napoléon Ier, la paroisse de Gouvy fut incorporée au diocèse de Namur.





Ne manquons pas de renseigner l’église de Gouvy à l’attention des touristes. Les boiseries murales et la chaire de vérité sont de purs chefs-d’œuvre de sculpture ancienne. Nous relevons aussi des pierres tumulaires devant le chœur et, au cimetière, de nombreuses pierres tombales du XVIIIe siècle.
Par suite de la distance séparant Gouvy-station de Gouvy-village une nécessité s’est fait sentir de fonder une chapelle pour le quartier de la gare. La construction fut décidée fin 1929 par monsieur l’abbé MARÉCHAL. Les plans que celui-ci dressa au début de 1930, furent mis en exécution en 1932. Les travaux furent achevés en 1933 et la bénédiction lui fut donnée en novembre de la même année. La chapelle de Gouvy-station est unique en son genre. Son aspect extérieur nous fait penser à une chapelle de mission. Elle reste parfois inaperçue des étrangers parce qu’elle est dépourvue de tour et un peu retirée de la grand’route.
Remarquons le bon goût de l’autel en marbre noir du pays, la peinture murale de fond, un banc de communion en briques avec une tablette de marbre et, surtout le chemin de croix dû à la compétence de monsieur l’abbé MARÉCHAL. C’est là, une des curiosités de Gouvy-gare.
La station du chemin de fer a été installée en 1865, par la compagnie de l’Est français. Gouvy se trouvait alors sur la voie Trois-Vierges – Spa. En 1884, on plaçait la ligne vers Bastogne et, pendant la guerre 14-18, les Allemands installèrent la voie ferrée vers St-Vith.



Gouvy-station possède un atelier de réparation de wagons et une remise de locomotives. Notre station a beaucoup d’importance de par sa situation frontière. Elle possède un bureau de douanes et accises. Elle se distingue aussi par son grand quai de chargement de bois, largement approvisionné par une région très boisée.



L’avenue de la gare est essentiellement commerçante. Sait-on par exemple, que le quart du nombre des habitations de Gouvy sont des maisons de commerce ? La population est mi)agricole et mi-ouvrière.




Au point de vue agricole, Gouvy n’a pas toute l’importance d’un vrai village paysan. Les cultivateurs font produire la terre pour autant qu’ils aient l’utilisation directe de ses fruits, c’est-à-dire, qu’il n’y a pas de cultivateurs qui vivent de la vente des fruits de la terre qu’il cultive. Nous relevons comme culture : 19 ha de froment, 9 de seigle, 48 d’avoine, 12 d’orge, 22 de pommes de terre et 3 de betteraves.



L’élevage contrebalance la production agricole. Plus de 500 bêtes à cornes, environ 50 chevaux, des poules et des moutons. La campagne qui environne le village s’étend en pâturages verts bordés de haies droites jusqu’aux forêts d’épicéas noires et profondes, jusqu’aux bosquets et taillis verdelets. Partout ce charme campagnard, ces sentiers sauvages au milieu des fleurs, au flanc des rochers gris cachés sous un tapis moussu partout des grands arbres et des plantations. Là-bas aussi, cette gentille vallée de l’Ourthe naissante, une suite sans fin de méandres au pied des taillis et dans la brousse neigeuse des reines-des-prés. Que de coins ignorés par vous, Messieurs les promeneurs qui ne visitez que ce que vous annonce une propagande touristique malheureusement incomplète !








Gouvy n’a, en effet, jamais été signalé comme digne d’éveiller l’attention du touriste. Jamais nous n’avons profité des tracts touristiques ! Mais que diable, pourquoi ?

[…]

E.A.

mercredi 28 octobre 2009

Mayeurs de tout le comté.


Jean Salentin PIERET, précité.

Balthazar HALL. Né vers 1645. Fils de Guillaume HALL, haut-officier du comté. Epoux de Marie DEMERAD. Résidait à Vielsalm. Est cité comme mayeur le 28 août 1670, et encore le 15 juillet 1682. Décédé le 14 novembre 1695.

Gérard PIERET ou PIERREZ. Fils de Jean Salentin PIERET précité et de Catherine EISDEN. Né le 26 janvier 1653 et baptisé à Salm. Epousa en premières noces, le 6 février 1679, Jeanne-Elisabeth, de Vielsalm, fille de Guillaume HALL haut-officier du comté, et soeur de Balthazar HALL mayeur précité. En secondes noces, après 1689, épousa Thérèse HENDRICY, veuve DUMESNIL. Il est cité comme « vice » mayeur le 15 septembre 1682 et le 6 avril 1684, puis comme mayeur, encore le 24 janvier 1705. Les documents lui donnent le nom de « PIERET », «PIERRET », «PIERREZ ». L'acte de son baptême le désigne sous la seule dénomination de « Gerardus filius Salentini et Catherine Eysden ». Est décédé le 8 novembre 1711.

François-Guillaume PIERREZ. Né le 17 janvier 1681. Fils de Gérard PIERREZ précité, et Jeanne-Elisabeth HALL. Nommé comme mayeur du comté le 10 décembre 1711.

(AELUX. Registrature, 230)

Est resté mayeur jusqu'à son décès le 31 décembre 1722. Voici le texte de l'acte de son décès : « le 31 Xbre est décédé le Sieur François Guillaume Pierrez mayeur de ce comté ». On remarquera que le nom de famille à laquelle appartient Français-Guillaume a subi toute une évolution, avant de se fixer ; de « Gillet », prénom de Gilles ou Gillet le meunier de Vielsalm, il est passé à GILLET, puis à IERRE, PIERET, PIERRET, PIERREZ.

Jean-Quirin REMACLY. Etant prévôt du comté, est signalé comme «lieutenant mayeur », notamment le 29 novembre 1726 et à l'acte de son décès le 27 mars 1727. Il a donc exercé les fonctions mayorales de façon intérimaire. Résidait à Vielsalm avec son frère Gaspar, prêtre, mais n'en était pas originaire.

Michel JACOB, Est originaire de Gennevaux, commune de Léglise. Baptisé le 10 février 1673. Epousa avant 1708 Catherine BERTHOLET, de Vielsalm, soeur du jésuite et historien Jean BERTHOLET. Receveur au bureau de Florenville en 1720 et 1722. Michel JACOB est déjà cité comme mayeur le 27 septembre 1727, et jusqu'à son décès à Priesmont le 9 mai 1747. Au début de 1703, il était établi depuis peu à Vielsalm comme receveur du roi. Il s'y trouvait encore le 29 mars 1708, après son mariage. De 1727 au moins jusqu'à son décès, il habita Priesmont, dans la maison occupée en 1968 par les familles BELGE-DANTINE et BURTON-LAURENT, et qui était l'ancienne maison WIROTTE, famille de la belle-mère de Michel JACOB. Voici la copie de l'acte de son décès, 9 mai 1747 : « le 9e est décédé le Sr Michel Jacob de
Priesmont, mayeur de ce comté
».

Jean-Bernard OTTE. Né à Vielsalm le 31 mai 1719. Fils de Georges OTTE de Vielsalm et de Jeanne-Elisabeth PIERREZ ; petit-neveu, par sa mère, de Gérard PIERREZ, mayeur précité. Licencié en médecine. Epousa le 26 avril 1745, Marie-Elisabeth LEMOINE, de Rencheux. Est décédé le 11 décembre 1793. Est cité comme mayeur déjà le 31 décembre 1748, et le restera jusqu'à sa mort, soit donc plus de 45 ans. Il signe lui-même, par exemple le 1 décembre 1782, « J.B. Otte, Licencié en médecine Mayeur et Receveur du Comté de Salm ». Voici la copie de l'acte de son décès : « Le 11 vers onze heures du soir est décédé Jean-Bernard Otte, docteur en médecine et mayeur de Salm. P. Barthelemy, curé de Salm ». J.B. OTTE a également rempli, pendant plusieurs années, les fonctions de receveur et greffier du comté.


Gouvy.

G. REMACLE à relevé les noms suivants des mayeurs de la part de Salm à Gouvy :

Claus Lambert RENARD, de Couvv, cité au dénombrement de 1575 ;

Lambert CLOSQUIN de Gouvy, fils du précédent, cité en 1591, 1604 et 1013.

Thibaut de Gouvy, cité en 1617 et 1620.

Henri ALARDIN, cité un 1651.

Gille THIBAUT, de Gouvy, cité aux dénombrements de 1656 et 1659.

Philippe des LOUPS, de Gouvy, cité en 1675, 1678 et 1684.

Nicolas MARTIN, cité en 1701 et encore en 1734.

Jean MARTINY, de Halconreux, cité en 1740 et 1745.

Jean Henri SCHEURETTE, de Gonvy, nommé le 20 mars 1746. En 1755, Jean REUTER est lieutenant mayeur.

Henri-François BAPTISTE, de Commanster, époux d'Anne-Pétronille SCHEURETTE, nommé le 17 janvier 1749, et jusqu'a son décès en 1762.

Richard-Antoine SCHEURETTE, neveu du précédent, nommé en 1764.

Jean-Louis BAUJOZ, jusqu'à son décès en 1779.

Jean-Christophe LAMBERTY, de Vielsalm, nommé par le comte Sigismond le 20 octobre 1779. et jusqu'à la Révolution française.

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Ndlr :
Publié avec les additions et corrections de G. REMACLE.

dimanche 9 août 2009

5. Les limites du comté.

AU NORD

La frontière fixée ici en 670 par la commission délimitant le domaine de l'abbaye de Stavelot, n'a subi aucune modification depuis.

C'est une ligne allant vers l'ouest, à partir d'un point culminant (altitude 599 m) au nord-est de Mont-le-Soie ; elle rejoint le ruisseau d'Ennal un peu en aval de Mont-le-Soie, suit le ruisseau jusqu'au Glain, puis tourne vers le nord-ouest pour aboutir au voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques.


Du confluent du ruisseau d'Ennal avec le Glain, la ligne n'a pu s'infléchir vers Arbrefontaine comme on l'a dit parfois, puisque la délimitation de 670 devait réduire le domaine de Stavelot notamment du côté de Lierneux. Mais la direction prise vers Dairomont pour rejoindre l'Amblève, est la seule normale. Quant à Alba Fontana cité en 670, il s'agit d'une fontaine éloignée d'Arbrefontaine et indépendante de cette localité.



A L'OUEST

Du voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques, une ligne à peu près droite, vers le Crin-do-Sart, tient la hauteur par Pelhémont et sépare deux bassins : celui du Glain, à gauche, celui de l'Amblève à droite. Cette ligne limitait, du côté de l'est, ce qui a constitué le comté primitif de Salm et la paroisse de Salm ; à l'ouest, à droite, les domaines très anciens de Bodeux et de Lierneux, antérieurs à l'époque franque. Très vieille limite donc que celle-ci.

Une modification s'est produite néanmoins à une date antérieure au XVe siècle, probablement vers le XIIIe: Arbrefontaine, avec Menil et Gernechamps, qui appartenaient à Lierneux, ont passé au comté de Salm, on ne sait à la suite de quels événements.


G. REMACLE suppose que c'est à ce moment qu'Arbrefontaine, endroit de passage fréquenté à la fin du Moyen Age comme l'attestent de vieux chemins, sera né et aura grandi, devenant ainsi objet de convoitise pour le comte de Salm établi très près à Goronne.


Du Crin-do-Sart jusqu'au moulin KOOS, de Sart-Sainte-Walburge, un chemin allant vers Langlire et toujours visible actuellement est cité en 896 comme limite d'un domaine s'étendant du Thier-del-preux jusqu'au-delà de Bihain.


« ex una parte Mons Preuz surgit, ex alia vero via ad campum eorum Anglariam ducens, et ex tertia Fundisneias vocatas défluit... »
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 116).


A gauche, ce qui est devenu Salm, au XIVe siècle.


C'est l'étendue entre le Golnay et le Thier-du-Mont.
(G. REMACLE, Du premier au second château de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX., Arlon, 1965)
Toutefois, avec le temps, cette limite a fléchi quelque peu vers l'est, pour coïncider avec des abornements de terrains.


AU SUD-OUEST

Ici, deux tronçons formant angle droit sont nettement marqués par des cours d'eau. L'un de ceux-ci est le Golnay, depuis le moulin KOOS, jusqu'au confluent à Salmchâteau avec le Glain.
L'autre est le Glain, depuis le Golnay à Salmchâteau, jusqu'au confluent du Glain avec le ruisseau de Cierreux.

A L'EST

Notre frontière du côté de l'est ayant son point de départ à l'altitude 599 m au-dessus de Mont-le-Soie, elle se dirigeait vers le sud.
Elle longe le vieux chemin de Stavelot à Luxembourg, le chemin restant à Salm, jusqu'à Poteau. Elle suit toute la crête de partage des eaux, sauf une avancée du territoire de Thommen à l'endroit dénommé « Streitwald », jusqu'au ruisseau de Vîfsâm.
C'est une frontière linguistique également, depuis la période franque, faisant de Commanster une localité d'expression wallonne.

AU SUD

G. REMACLE estime que le domaine de Glain n'a pas fait partie du comté de Salm primitif.

Il base cette opinion sur les faits suivants, à peu près contemporains de l'origine du comté de Salm :

- En 1004, un certain Gérard et sa femme Frigdevide donnent au monastère de Stavelot ce qu'ils possèdent à Glain sous forme d'alleu. L'acte de donation (J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, pp. 201-202) constate la présence, comme témoins, de Gislebert, qui ne peut être que le comte Gislebert de Salm cité en 1034-1035, de son père Frédéric, de son oncle ou frère Henri. Si, à ce moment, notre comte avait possédé également Glain, comment n'aurait-il pas cherché à être lui-même bénéficiaire de cette donation ? Et comment Glain n'aurait-il pas été désigné comme étant dans la dépendance de notre comté ?
- Entre 980 et 1007, sous l'abbatiat de Ravenger, à l'occasion d'un miracle opéré au tombeau de saint Remacle en faveur d'une femme de Glain, ce domaine est déclaré propriété de l'abbaye : « in vicina nobis fisco Glengou... » (Miracula Santi Remacli, chap. XVII, livre II, cité par C. GUILLAUME dans ses notes).
Cfr. aussi D. GUILLEAUME, L'archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, dans Bull. de la soc. d’art et d’hist. du dioc. de Liège, tome XX, Liège, 1913, p. 231, note 1.
- En 1135, Glain n’est plus cité dans la liste des biens de l’abbaye de Stavelot-Malmedy
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p.323)
et faisait probablement déjà partie du comté de Salm (Archidiaconé)
- En 1310 : « paroisse de St. Martin, terre de Salm » (op.cit., p.231)


La limite première de Salm au sud-est donc celle qui démarquait vers l'an mille les terres de Salm et celles de Glain.
Elle prend son point de départ au confluent du ruisseau de Cierreux avec le Glain. Elle remonte alors le ruisseau, de telle façon que le village de Cierreux appartenait à Salm, comté et paroisse, tandis que Rogery était à Glain. La coïncidence avec le ruisseau allait jusqu'à un point situé entre Sâm-li-vivî et Louxibou, là où le ruisseau est franchi par un vieux chemin en ligne droite venant d'Audrange par le moulin de Beho et gagnant la région de Salm.

Au gué précité, la délimitation abandonne sa coïncidence avec le ruisseau, tourne à droite, et suit le chemin jusqu'au moulin de Beho où finit le domaine de Glain. Au-delà, elle continue vers l'est où elle rencontre le chemin déjà mentionné et venant de Poteau.

Après l'intégration du domaine de Glain au comté de Salm — on ne sait ni quand ni comment ( En tout cas, avant 1310 (E. TANDEL, Les communes luxembourgeoises, t. IV, p. 288)) —, la frontière du comté de Salm s'est reportée vers le sud. Un vieux chemin venant d'Audrange et courant sur la crête entre Courtil et Gouvy en paraît le tracé tout naturel. Toutefois, Beho est laissé en dehors de Salm, sauf deux maisons. D'autre part, la Ronce sépara désormais la terre de Salm de celle de Lierneux.
Vers l'ouest pourtant, une nouvelle poussée de la terre de Salm a dû s'opérer à une date indéterminée, pour prendre pied sur le versant vers l'Ourthe, avec Halconreux et jusqu'au milieu du village de Gouvy.


Le 3 août 1626, le comte de Salm devint seigneur par engagère de l'autre partie de Gouvy, pour 4 800 livres (A.E. Tch. N°21). Au-delà de Gouvy, le comté de Salm comprit aussi une petite partie de Rettigny ; il s'agit, semble-t-il bien, d'une enclave dans la terre de Cherain. Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de toutes les possessions de Salm qui comprenaient également une maison à Sommerain, une à Audrange, trois à Huldange et une enclave sans habitation près de Recht, cette dernière délimitée en 1778.