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mardi 5 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe du 12 février 1905 :
La série rouge continue à Lierneux : jeudi dernier le feu a détruit trois maisons appartenant à M. Guillaume. Cette catastrophe porte à 12 le nombre de maisons incendiées à Lierneux depuis un mois !

Jules Jeunejean, mécanicien et maréchal ferrant informe que ses ateliers seront transférés rue de la Station dans l’ancienne maison Arasse.
 Il s’agit de l’immeuble Cottin,  Simon jusque récemment (puisqu’il vient d’être vendu et va être rasé) et situé  sous le monument aux Coloniaux. Un certain Walrant (ou Wallerant ?) y a aussi (avant ou après ?) fabriqué des pierres à rasoir.

Enfin, l’éditeur incite ses lecteurs à demander les nouvelles cartes postales illustrées de la chasse à courre de Vielsalm. Sans doute Gillet se bornait-il à les imprimer, laissant à plusieurs commerçants de la localité le soin de les éditer ?

Dans l’Organe du 11 février 1906 un abonné signale l’état lamentable du matériel roulant sur la ligne Gouvy-Libramont : les trains y sont composés de voitures légères destinées à ne faire que du 45km/h mais roulent souvent à du 60 km/h pour récupérer le retard. Donc le matériel est détraqué, disloqué, les ressorts déformés et on subit des secousses. Pourtant il existe, remisées dans des dépôts, de nombreuses voitures construites pour le service des voyageurs durant l’exposition de Liège.

A Bovigny, une chasse avait été organisée à la Heid. Un sanglier avait été blessé et fut poursuivi par quelques chasseurs mais l’animal rendu furieux bourra sur eux à différentes reprises et cassa la jambe gauche à Jules Jacob de  Rogery. Soins donnés par le Dr Lomry qui participait à la chasse et la bête de 76 kg achevée.

Il est annoncé dans l’Organe du 27 janvier 1907 que les obsèques solennelles pour le repos de l’âme de Monsieur Lucien Remacle seront célébrées en l’église de Ville-du-Bois le mercredi 30 janvier courant à 10 heures du matin.
Lucien Remacle, agent du comité spécial du Katanga et décoré de l’étoile de service de l’Etat indépendant du Congo, était né à Ville-du-Bois le 4 juillet 1870 et est décédé au poste de Lubefu le 26 septembre 1906.

On suppose, vu le délai, que le corps avait été rapatrié.

L’Organe du 24 janvier 1909 relate l’accident mortel survenu à la halte de Rencheux : Gengoux Peters de Ville-du-Bois, garde barrière de nuit, a été tamponné par le train de marchandises de 21h45 et trouvé à l’état de cadavre vers 22 heures. On suppose qu’il n’aura pas entendu venir le train ou que, trompé par l’obscurité, il  se sera approché trop près de la voie.

L’Organe du 6 février 1910 donne le compte-rendu complet de la séance du 30 janvier du conseil communal. Il y est question d’une lettre de la Fabrique d’église tendant à obtenir l’autorisation de placer une nouvelle horloge à l’église. Celle qui existe est dans un tel état de délabrement qu’elle fait craindre des accidents et qu’elle indique l’heure d’une façon très irrégulière, étant en fonction depuis 203 ans. Le devis présenté par M. Lugeler de Strasbourg, ayant comme représentant à Vielsalm Joseph Starck,  s’élève à 1864 Fr et l’intervention de la commune serait de 932 Fr. Bien qu’il y aurait eu appel à deux fabricants mais qu’un seul devis soit présenté, la proposition de placement est admise à l’unanimité.

 L’Organe du 9 février 1913 est consacré, comme très souvent, principalement au compte rendu du conseil communal. Cette fois-ci, celui-ci commence par indiquer qu’une assistance nombreuse se trouvait dans la salle, attendant avec stoïcité l’ouverture des débats qui, malheureusement pour eux, se sont déroulés le plus courtoisement et sans altercation.

Ce n’était pas toujours le cas.

Ces séances du conseil semblaient être attendues et suivies comme une distraction fort prisée ! Remarquons cette fois, notamment,  une demande de subsides des Zélés Orphéonistes de Bêche (un Bêchlî sachant manier la plume ne pourrait-il nous instruire sur cette société ?) et une pétition des gens de Rencheux réclamant l’eau alimentaire !

A Lierneux, dimanche dernier vers midi, la maison de Mr J. Massoz a été tellement malmenée par le vent que le pignon a été enlevé. Une personne qui était alitée a été projetée de l’étage au rez–de- chaussée et y est arrivée indemne. Il n’y a pas d’accident à déplorer.

M. Léopold Michaux, ancien docteur à Vielsalm, qui était parti au Congo l’année dernière (1913) est décédé à Kambové le 28 janvier dernier à l’âge de 47
ans.

                                                                                     Robert NIZET

dimanche 24 juin 2012

VIELSALM DE MON ENFANCE (6)

(Les numéros précédents ont paru dans L’Annonce de Vielsalm des 9 et 23 mars, 6 et 20 avril, 4 et 18 mai, 1er juin)

{Rues du Général Jacques 2ème partie, des Combattants, des Grands Champs, du Parc et de l’Hôtel de Ville}

Repartons des Quatre coins.
À l’angle de la route de Ville-du-Bois, Louis Bruyère et son épouse Esther ont quitté le quartier de la gare et tiennent un dépôt de pain. A côté, Marcelle Hoffman qui épousera plus tard François Lamy, est la voisine du café « Chez Gaston » . Gaston Heyden et Rose Zinnen ont trois garçons : le second aussi prénommé Gaston sera une des quatre victimes de l’accident au bout de la ligne droite de la Bedinne de la Neckar d’Eric Dupré. Après une maison particulière construite par le professeur Lekeu, nous voici chez Gotal : Louis est électricien et vend aussi des appareils électroménagers, et son épouse est coiffeuse. Ils ont une fille, Arlette, très jolie, qui perdra la vie un dimanche dans le tournant après le passage à niveau de Cierreux.



L’auberge de jeunesse est établie sur l’emplacement de la villa Chez Nous du comte Albert de Jonghe. Sur la carte postale, on reconnaît stationnant devant celle-ci la Borgward Isabella de Robert Chatelain et la Morris Oxford (verte) de Mademoiselle Jeanne Albert, professeur de cuisine à l’École moyenne. Joseph Lebecque, facteur, gère cette auberge avec son épouse. L’immeuble appartient à Adophe Demoulin. Cette vaste propriété de Jonghe a été partagée en quatre ; à côté de l’auberge, nous trouvons les demeures de chez Thiry et de chez Rulmont. Il paraît que les jardins sont inversés : celui de chez Thiry est derrière chez Rulmont, celui de ceux-ci derrière chez Thiry ! Enfin les écuries sont réhabilitées et accueilleront plus tard Gaston Mullenaerts et sa famille.
L’extrémité de la rue est occupée par la forge de Maurice Laloire qui conduit aussi avec maestria le nouveau camion des pompiers, le Big Job, et par la quincaillerie de sa belle-sœur.

De l’autre côté, l’immeuble de l’angle avec la rue de l’Hôtel de Ville est occupé par le coiffeur Archambeau. Le Casino reste , avant la création du Lido, une des deux salles de la localité (avec le Cercle ) mais n’a plus tout à fait la réputation de jadis. Cependant, le Théâtre National, avec Serge Michel notamment, y fait étape une fois l’an pendant plusieurs années. Plusieurs autres grosses animations y ont aussi lieu régulièrement. Viennent ensuite cinq maisons particulières : une maison appartenant à la famille Koos du moulin de Joubiéval occupée un temps comme salles de classes de l’Ecole moyenne, celle d’Albert Gomez, co-propriétaire des Ardoisières du gros Thier et celle, assez semblable, d’un beau-frère, une maison en retrait de la route où l’on a fabriqué du soda dans des bouteilles fermées d’une bille en verre occupée par une famille Libert. Ces billes sont fort recherchées car le jeu de billes est très répandu .Enfin celle de Narcisse Hubermont avant, au coin de la rue du Parc, le garage Biémont où l’on vend des voitures DKW à moteur 2 temps 3 cylindres au bruit si caractéristique et des motos.

L’actuelle rue des Combattants commence avec le magasin d’alimentation générale de Juliette André. L’instituteur Olimar m’y envoie parfois – on a chacun son tour – acheter deux barres de chocolat Côte d’Or fondant : son péché mignon. Puis la maison d’habitation de René Zinnen et de sa famille. Il transporte des bois sur son camion Ford Canada provenant des surplus américains de la guerre. L’ancienne Villa des Roses a été rachetée par l’État pour servir de bureau des Contributions. Bien triste destinée ! Nous irons un moment en classe dans des baraquements sur pilotis installés dans la cour devant cet immeuble. Chez les frères Duchesne, ardoisiers-zingueurs, on trouve aussi un commerce de quincaillerie mais aussi des armes et des munitions.



Dans l’angle des rues vers Neuville et vers Cahay a été placé – après un referendum organisé pour départager les partisans de cet endroit et ceux de la place du marché à la place du kiosque ! – le monument aux morts. On ne le regarde pas assez, habitué qu’on est à sa présence, mais je trouve que c’est une magnifique réalisation.

De l’autre côté de la rue, Roscius Catin, notre professeur de mathématiques à l’École moyenne vient de construire une nouvelle maison : il nous montre comment les notions de géométrie ont permis de calculer les angles et les longueurs de la charpente. Un peu plus bas, la forge de Zéphyrin Dizier à l’endroit appelé â pètrolî : il y avait là jadis un dépôt de pétrole à partir duquel des attelages hippomobiles partaient livrer la précieuse denrée dans les villages.



Une grande partie des Grands Champs, sinon la totalité, appartient aux frères Willy et Gérard Paquay qui y exploitent une scierie. Une voirie a été construite qui permet le lotissement de ce vaste espace. Un autre frère Paquay était architecte et les acheteurs d’un emplacement étaient « invités » à recourir à ses services. La plupart de ces maisons ont un toit à quatre pentes, ce qui nécessite plus de bois pour la charpente, bois acheté « obligatoirement » à la scierie Paquay ! Tout le dessus est, semble-t-il, déjà bâti. Au coin la villa des époux Warnotte dont François est le comptable de la scierie, chez Georges Lelarge, ardoisier, Brunson, René André, Iwan Vier, chez Petit qui travaillait à la scierie Grognard et était coiffeur après journée, chez Mullen, Prosper Orban, Paulin Evrard, Roland Lévêque et Georges Scmitz: dans quel ordre chronologique, je ne peux le dire mais les constructions se sont toutes réalisées en un laps de temps assez court. Dans la descente, chez Jules Désert le receveur des Contributions, le receveur régional Eugène Léonard et sa famille forte de dix enfants ( d’où Léonard 10), et le greffier Bozet venu du quartier de la gare. En face, la nouvelle maison d’un autre Léonard, Henri, surveillant de travaux et père de Roland, Maggy, Jacques, Monique et Pierre, (d’où Léonard 5 puisqu’il n’avait « que » cinq enfants !). Sa Studebacker attire les regards. Et cette construction soulève un tollé car elle privatise une partie du sentier des ardoisiers !
L' École moyenne commence à vraiment se développer et donc à se trouver à l’étroit dans l’immeuble de la rue de l’Hôtel de ville. Elle érige donc ici deux pavillons dits R.T.G., un pour les sections menuiserie et mécanique, l’autre pour la section primaire. Le bas de la « Cité Paquay » n’est pratiquement pas construit : pour preuve un des fils Lassine y a installé un dépôt de vieux fers. Son existence sera éphémère car vont y construire leur demeure, de nouveau dans un ordre chronologique incertain : José Remacle, le notaire Proesmans, puis d’autres plus tard. Au coin, il y a cependant un bâtiment plus ancien appelé la maison du Colonel et qui servit un temps de bureau de poste. En face de celui-ci, Monsieur et Madame Nicolas-Gomez avaient été les premiers à s’établir là. René était à ce moment marchand de cochons. Puis d’autres encore vinrent ajouter leur maison : Bonmariage, Palizeul Recken, Olimar…

Robert Nizet avec la collaboration de Marylène Lebecque et de Joseph Léonard/
A suivre