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lundi 14 juillet 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du 8 juillet 1906 signale  qu’un début d’incendie à la ferme dite du bois Lemaire a été rapidement circonscrit. Mais le 15 du même mois on apprend que le feu a complètement détruit l’aile droite de cette ferme qui appartient à Jules Andrianne, rentier à Vielsalm. 15 chars de foin et la plus grande partie du mobilier ont été la proie des flammes. Assurance par la Cie « La Belgique ».

Dans la même édition on prie les lecteurs de bien remarquer que le bienfaisant purgatif qui est si répandu dans notre ville sous le nom de Pilule antiglaireuse Wahléry se vend maintenant partout au prix modique de 1 Fr la boîte.

A partir du 29 juillet les magasins Delhaize situés à Vielsalm près de la poste seront fermés le dimanche à 1 heure de relevée.

L’Organe du 30 juin 1907 : un détachement de l’Ecole de guerre se composant de 38 officiers et 65 chevaux séjournera à Vielsalm les 13 et 14 juillet prochains. Par A.R. du 26 juin, Alphonse Jacques, capitaine-commandant, adjoint d’état-major est promu au grade de major.

Dans l’Organe du 4 juillet 1909 : Mardi dernier vers 6 heures du soir plusieurs ballons sont passés au-dessus de Vielsalm. Vers 7h30, atterrissage à Cahay du ballon « Köln » piloté par M.Milarch Ernest, professeur de mathématique et de physique à l’Université de Boon [Bonn ?] qui était accompagné de M. Kurt de Nisewand, assesseur de justice à Cologne. 38 ballons avaient été lâchés dans cette dernière ville le mardi 28 et 27 le lendemain. Leur ballon a effectué le trajet Vielsalm-Cologne en 3 heures et par un temps pluvieux. Après avoir rangé leur matériel, les aéronautes sont allés prendre un repos bien mérité à l’Hôtel de Belle-Vue. Le même jour, un autre ballon monté par des officiers allemands a atterri à Lierneux. Un autre encore à Grand-Halleux dans la prairie de M. Lemaire à Bècharprez.

L’Organe du 17 juillet 1910  regrette que  lors de la visite des officiers supérieurs de l’Ecole de guerre du 13 au 18 juin dernier, aucune société musicale de Vielsalm n’a eu l’idée d’organiser un tout petit concert pour égayer un peu les tristes soirées que ces Messieurs ont dû passer en nos murs. Ce n’est pas gentil. Espérons que l’an prochain on tiendra compte de ce petit reproche.
 [Il est vrai qu’en ce temps- là, Pètoine n’existait pas encore !!!]

Au Conseil provincial,  le souhait est émis que l’on construise à Salmchâteau-halte un bâtiment convenable dans le genre de celui de Cierreux. Le baron de Rosée appuie la demande et Bernard Denis assure  que c’est une réelle nécessité. Il revient aussi sur le cas de Rencheux où la halte n’est dotée pour tout abri que d’un ancien wagon.

L’Organe du 7 juillet 1912 : A Regné, un incendie a détruit la maison Cloosens : tout a été brûlé et les nombreux sauveteurs qui faisaient partie d’une noce chez le voisin ont détruit presque la totalité des meubles des jeunes mariés en voulant les éloigner du sinistre.

A Bovigny, l’enterrement de la victime de l’accident survenu à l’Ardoisière les Corbeaux a eu lieu mardi au milieu d’une grande affluence et un discours fut prononcé par un camarade du défunt.


                                                                                         Robert NIZET

jeudi 19 juin 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 30 juin 1912 signale l’accident mortel survenu à l’ardoisière des Corbeaux à Cahay et qui a couté la vie à l’ouvier de fond Blanjean de Bèche et un autre accident à Lierneux. Le camionneur Lugens de la fabrique de sodas Motte de Lierneux a été grièvement blessé à la figure par une ruade du cheval qu’il conduisait.

L’Organe du 8 juin 1913 rapporte qu’aux Tailles dans la nuit du 4 au 5 trois individus paraissant être des nomades ont traversé le village ayant au préalable enlevé du linge appartenant à M. Dalcette. Celui-ci les a poursuivis un temps sans pouvoir les rattraper.

Dans l ’Organe du 22 juin 1913, des catastrophes naturelles.
À Lierneux, un violent orage a causé des dégâts formidables aux récoltes, principalement de pommes de terre, mais aussi des victimes. Après avoir renversé trois personnes se trouvant au café Ernest Massaux, le fluide électrique est allé déchiqueter un poteau téléphonique se trouvant à une dizaine de mètres de la maison. Sur le haut du village, une cheminée a été renversée et une chèvre littéralement électrocutée et divers arbres ont été atteints.
À Lavaux, la fermière du point du jour après de longs efforts a pu sauver ses porcelets qui avaient été entraînés par le torrent dans le sous-sol de la maison.
A Sart-Hennard, les récoltes ont été ravagées par la grêle.

On apprend dans l’Organe du 29 juin 1913 que le major Alphonse Jacques est promu au grade de lieutenant-colonel au 13ème de Ligne en garnison à Liège.
[ Il est toujours à ce poste lors de la déclaration de guerre  le 4 août suivant.]
La rubrique Etat civil  nous apprend la naissance de Suzanne-Hortense-Marie-Thérèse fille de Leduc E. et de Mersch Marie. [Elle deviendra la femme d’Adolphe Demoulin]

L’Organe du 7 juin 1914  reprend du Journal de liège  le magnifique résultat obtenu par notre concitoyen Georges Paquay à la course de motocyclettes de 665 km qu’il organisait les 31 mai et  1er juin. Le dimanche et le lundi,  il remporte le 3ème prix et termine second au classement général.  Au contrôle de Vielsalm tenu par M. Jeunejean il était passé premier et fut ovationné par une foule importante.

Dans L’Organe du 21 juin 1914 :
A Deiffelt, jeudi dernier, les habitants ont été témoins  du départ d’un aéroplane vers Arlon où un groupe d’aviateurs belges procèdent actuellement à des reconnaissances, tout comme à Bastogne d’ailleurs.
À Commanster, un violent orage s’est abattu dimanche. Madame Dujardin qui venait de soigner son bétail sortait de l’étable lorsque la foudre y tomba et foudroya trois bêtes. Madame Dujardin a été légèrement commotionnée.
À Brux-Lierneux, un gamin qui se rendait à l’école  a introduit sa langue dans sa gourde et ne put l’en faire sortir ! Un passant tenta de l’aider, en vain, et le conduisit chez le Dr Leusch qui dut scier le goulot de la gourde pour libérer la langue de cet imprudent.


                                                                               Robert NIZET

mercredi 17 juillet 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans L’Organe de Vielsalm

du 23 juillet 1905 : Les exposants de Vielsalm et des environs à l’Exposition internationale de Liège sont : les carrières et scieries hydrauliques des schistes ardoisiers de la Salm de Frédéric Jacques ; la S.A des Ardoisières réunies ; Augustin Orban ; les pierres ouvrées de la Salm, fabrication de pierres à aiguiser de Salmchâteau ; les Carrières de pierres à aiguiser de Gustave Jacques à Vielsalm ; Joseph Starck, horloges et collection de bois.

Un épouvantable orage s’est abattu sur tout le canton dimanche vers 3 heures : une véritable trombe d’eau accompagnée d’une chute de grêlons mêlés de morceaux de glace a dévasté les récoltes de céréales et de fruits, brisé les vitres des fenêtres et abîmé les toitures. Pas d’accident de personne mais dégâts très importants donc. Le bâtiment de la douane allemande à Poteau a eu tous ses carreaux brisés : on en compte 82 !

du 30 juillet 1905 : dans la nuit du 27 au 28 un violent incendie s’est déclaré dans la brasserie appartenant à Adelin Renard à Vielsalm-Station. Le feu aurait pris naissance dans le foin entreposé à l’étage. Les pompiers ont dû commencer par déterrer la bouche à feu de la distribution d’eau qui était recouverte d’une couche de terre de plus de 40 cm ! Sauf quelques exceptions, ces bouches sont toutes dans le même état. A qui incombe ce manque de prévoyance ? Pendant ce temps, le feu faisait rage et s’était propagé à la maison Jacob et à l’ancien café Landurcy. Les pompiers se sont bornés à préserver les maisons Evrard, Thunus et Nélis. Il ne reste que des murs noircis.

du 28 juillet 1907 : les résultats d’une course cycliste organisée lundi dernier par un groupe d’amateurs. 1er prix : Maréchal de Sprimont ; 2ème prix : Thys ; 3ème prix : Hensenne ; 4ème prix : Fern. Evrard ; 5ème prix : Omer François, tous de Vielsalm.

En revenant jeudi dernier de la course d’automobiles de Bastogne [Circuit des Ardennes] un touriste propriétaire de la voiture portant le n° 1390 a écrasé un chien appartenant à Jos. Andrianne de Commanster. L’accident a eu lieu route de Grand-Halleux et la gendarmerie a procédé à l’enquête d’usage !

Un pénible accident s’est déroulé jeudi dernier au village de sart. Une folle, hantée d’idée de suicide, s’est jetée sous le tram lors de son passage vers 9h20 en face de la maison Viance. Le tram roulait à belle allure et la femme eut la tête horriblement broyée. La police a conclu à la non responsabilité des employés du vicinal.

du 12 juillet 1908 : A Deiffelt, le ballon « Dusseldorf » a atterri jeudi à 12h45 après avoir quitté Bonn à 9h25 à une température de 20°.

Le sympathique Alphonse Jacques vient d’être promu au grade de commandant en second de l’Ecole militaire belge.

du 26 juillet 1908 : à Salmchâteau, un terrible accident de vélo. Vendredi vers 9h du soir, Mr Brunson a été trouvé évanoui sur la route de Provèdroux. On suppose qu’il a fait une chute, la descente étant très dangereuse. Ramené chez lui en voiture, on a constaté plusieurs blessures à la tête et aux mains. Son état inspire de vives inquiétudes.

                                                                               Robert NIZET


mercredi 10 avril 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Il est question dans L’Organe de Vielsalm du 19 mars 1905 de la grande exposition de Liège de 1905: les halles ne seront pas accessibles après la chute du jour. Mais comme l’enceinte est ouverte jusqu’à 11 heures du soir, il faut éclairer les jardins et diverses attractions. De surcroît il faut compter sur un éclairage à la hauteur des progrès de la science et donnant aux jardins un aspect gai et accueillant. Une entente est donc intervenue entre les exposants de chaudières et de dynamos : ils seront les producteurs de la force électrique nécessaire. Pour l’éclairage des façades on a adopté un  moyen ingénieux : on projettera la lumière électrique sur leur surface claire de façon à les faire surgir de la nuit comme des palais de rêve.

On annonce aussi que le chef de l’expédition du chemin de fer du Katanga, le capitaine Alphonse Jacques, vient de s’embarquer à Boma, accompagné de ses deux adjoints, pour rentrer au pays.

Dans l’Organe du 15 mars 1914 : un million de francs a été mis en circulation en pièces d’or à l’effigie du Roi Albert. L’auteur de la gravure a réussi un profil très décoratif de notre roi.

Vendredi dernier à Petit-Thier, l’habitation de l’instituteur Servais a été l’objet d’une tentative de cambriolage. L’auteur, qui est connu de la gendarmerie  et dont  le nom est tu par déférence vis-à-vis de sa famille, a emporté un révolver et quelques paperasses. Celles-ci ont été renvoyées par expresse [sic] de Grand-Halleux à leur propriétaire.

Le parc communal est doté pour quelques temps d’un établissement de « Ringking » : il s’agit de ce sport moderne (patins à roulettes)  qui fait si grande fureur dans les villes. Pour une fois, Vielsalm a donc la veine de voir arriver dans ses murs cette attraction qui ne manque ni de difficultés ni d’adresse. Avis aux amateurs de culbutes magistrales !

L’Organe du 7 mars 1908  reprend un article de la Revue Belge et Coloniale où il est question du commandant Laplume.
Grand, sec comme une trique, d’humeur toujours joyeuse, acclimaté comme pas un, le commandant Laplume est bien le colonial qui s’est complètement fait à l’ambiance africaine ; dédaigneux du casque  encombrant, on le rencontre, par le soleil le plus vif, le chef couvert seulement d’un fez.
Mais Laplume n’est pas seulement un chasseur d’éléphant, un dresseur d’une patience angélique.
Parti pour la première fois le 6 novembre 1892 comme sergent, il rentrait en 1898 après avoir été deux fois au Nil et un peu partout chef de poste dans l’ouest de l’Uele.
C’est lui qui, abandonné au combat par son peloton apeuré, resta seul bien en vue de l’ennemi pour donner le change à ceux-ci en feignant de commander ses hommes, détournant ainsi une attaque contre la colonne Chaltin en marche ; c’est encore lui qui, pour tuer le temps, se mit à noter le nombre de minutes qu’il fallait aux ennemis pour recharger leurs canons !
En juillet 1899 il fut envoyé au Congo pour commencer le dressage des éléphants. Après avoir été examiner les procédés utilisés au Gabon, il entama la domestication des pachydermes à Kira-Vungu et à son retour en Belgique quatre ans plus tard il en avait déjà domestiqué douze.  Retourné en 1904 il en retrouva huit et finit par réunir un troupeau de 28 bêtes capables de tirer la charrue et de  transporter des matériaux. Pendant ce nouveau séjour il délivra  plus de quatre mille esclaves qu’il renvoya dans leur foyer.
Carrière bien remplie dont Laplume passé du grade de sergent à celui de capitaine-commandant peut s’enorgueillir à juste titre.

Rappelons que Jules-Henri Laplume était né le 16 novembre 1866 à Salmchâteau et qu’après des études d’instituteur, il s’engagea à l’armée puis au service de l’Etat indépendant du Congo. Il est l’auteur de plusieurs études sur l’élevage des éléphants.

                                                                                     Robert NIZET

vendredi 16 mars 2012

DES SALMIENS AU CONGO

Dans un article paru dans Le Pays de Salm du 29 mars 1959 (hebdomadaire publié par Jacques Winand), l'inénarrable « journaliste » local Moustique (Alexis Bruyère) fit un relevé précis des coloniaux salmiens issus de la rue du Général Jacques à Vielsalm. Sur 280 mètres et 52 habitations il en avait trouvé 26 soit un par deux habitations et un par onze mètres de rue !!! Il pensait que c'était un record, ce qui n'est pas impossible. Et de fait, les gens de la région qui dès la fin du 19e siècle sont partis vers l'Etat Indépendant du Congo puis vers le Congo belge sont légion. L'un des premiers et le plus célèbre est sans conteste Alphonse Jacques qui conquit en terre africaine ses premières- et sans doute ses plus grandes – lettres de noblesse.

Le notaire Jules Jacques (1825 – 1900) avait repris l'étude de son père Pierre-Joseph située dans un bâtiment de la route vers Neuville. (En 2008, à cet emplacement, l'immeuble « Art Nouveau » de feu le notaire Delire devenu L'Auberge du Notaire , ensemble de chambres d'hôte de standing). Il fut aussi conseiller provincial et exploita le coticule entre Vielsalm et Salmchâteau. Son épouse Léonie Lamberty lui donna huit enfants : deux filles et six garçons. L'un d'eux, Alphonse, aura un destin hors du commun.

Il naquit à Stavelot le 24 février 1858 chez son grand-père Lamberty mais peut être considéré comme un pur salmien puisque sa famille était bien ancrée à Vielsalm. Il commença au collège Saint-Remacle des études qu'il poursuivit au Collège de la Trinité à Louvain puis à l'Institut Rachez à Bruxelles, en préparation à l'école militaire où il entre en 1876. Il fait encore l'Ecole de guerre avant de s'embarquer le 8 mai 1887 pour le Congo, à ce moment Etat indépendant. Là, il s'occupe de tout : maintien de l'ordre, organisation des transports, vérification des bateaux, entraînement des miliciens de la force publique. Il rentre au pays en 1890 et repart le 13 mai 1891 après avoir été reçu en audience privée chez le pape Léon XIII pour s'occuper cette fois de la lutte anti-esclavagiste au cours de laquelle il sort vainqueur du grand chef des expéditions barbares Tippo-Tip.

C'est aussi à ce moment qu'il fonde un poste qui deviendra Alberville (puis Kalemie). Nouveau retour au pays en 1894 : il se fiance à Pauline Beaupain, puis troisième terme de 1895 à 1898. Durant les quatre années suivantes, il sera réintégré dans les cadres de l'armée et mettra cette trêve dans les expéditions africaines à profit pour se marier et avoir deux enfants.
Cependant, une fois le Congo débarrassé de ses trafiquants de chair humaine, il fallait étudier les ressources du pays. Alphonse Jacques reprend donc du service outre-mer en 1902 pour étudier, construire et exploiter le chemin de fer reliant la frontière méridionale du Congo à la Lualaba. En 1905 : retour en Belgique et vie de garnison à Hasselt, puis le voilà commandant en second de l'Ecole Militaire, ensuite commandant du 12e de Ligne à Liège au moment où éclata la première guerre mondiale qui va lui permettre de se distinguer à nouveau et d'acquérir d'autres titres de gloire. En effet, Jacques avait fondé une ville au Congo, il va en sauver une en Belgique. Le 16 octobre 1914 avec son 12e de ligne, il occupe à Dixmude le point névralgique du front. Si ce point cède, les Allemands seront à Paris quand ils voudront. Jacques tiendra dix-sept jours jusqu'à ce que l'inondation sème la panique chez les Allemands. Après la guerre, il sera chargé de réorganiser l'armée et de représenter la Belgique dans divers pays étrangers.
Alphonse Jacques avait été fait Baron par A.R. du 15 novembre 1919 puis autorisé à ajouter à son patronyme la mention de Dixmude par A.R. du 27 octobre 1924. Il mourut le 21 novembre 1928 et on lui fit des funérailles nationales. Vielsalm honora sa mémoire d'une stèle avec buste en bronze sculpté par P. Van de Kerkhove et qui fut inaugurée près de la maison communale le 14 septembre 1930. Il fut enterré au cimetière de Vielsalm où sa tombe conçue par l'architecte Poupé fut inaugurée le 11 mai 1930. Le conseil communal de Vielsalm, en sa séance de 16 août 1919, baptisa Rue du Général Jacques la route anciennement appelée de Neuville . (En français correct, on dit et on écrit bien Rue DU Général Jacques). Signalons encore que chacun des retours d'Alphonse Jacques au pays était l'occasion de festivités grandioses dans la capitale et à Vielsalm.

Comme dit ci-dessus, de nombreux autres citoyens salmiens ou de la région proche – une quarantaine entre 1887 et 1908 - suivirent, avec moins de réussite et donc de retentissement médiatique, l'exemple de Jacques.

Norbert Niderich né à Vielsalm en 1867 partit en 1890 comme adjoint à l'expédition du Katanga et revint en 1893; Il était seul mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala, premier Noir à arriver et à séjourner ici ! Objet donc de curiosité et de bien des conversations. On cite le cas d'un habitant d'au – delà d'Odeigne venu à pied voir cette chose extraordinaire : un homme à la peau noire. Les gosses de Salmchâteau n’étaient pas les derniers pour taquiner ce phénomène : ils lui criaient : Neûr djâle, neûr djâle ! Et Kalala de se réfugier chez son bienfaiteur en pleurant : Moi pas neûr djâle, moi pas neûr djâle ! Kalala avait été fait prisonnier par un chef noir et vendu à des arabes comme esclave. Il parvint à s'évader et fut recueilli par Diderich et ses hommes. Son protecteur lui fit faire des études à Carlsbourg où il fut baptisé sous le prénom d’Antoine puis retourna en Afrique.

Hubert-Joseph Putz s'engagea au service de l'Etat indépendant du Congo en qualité d'éleveur de bétail et d'agent de culture. Il fut notamment chargé de la capture et de la domestication des zèbres et éléphants au Katanga. Pour cela il se rendit d'abord en Uele où il retrouva un autre Sâmiot , le commandant Jules Laplume qui s'illustra précédemment dans plusieurs actions contre les marchands d'esclaves avant de s'occuper activement de la domestication des éléphants et d'écrire sur le sujet des études intéressantes. Comme, en fait, les éléphants n'étaient pas très nombreux au Katanga, Putz se cantonna aux zèbres. Une grande battue permit la capture d'une centaine de bêtes qui prirent place dans un kraal de 16 ha avec boxes et manège. Il ne semble pas que l'élevage de ces chevaux en pyjama ait connu une suite. Rentré en Belgique en 1909, il s'installa dans son village natal de Salmchâteau où il créa le Cercle africain des Ardennes.
C'est ce Cercle, devenu entre temps royal, (C.R.A.A.) qui en 1957 fut à la base de la création du Mémorial aux vétérans coloniaux du Pays de salm. Après plusieurs projets, il fut décidé d'intégrer celui-ci au site de l'ancienne chapelle Saint-Gengoux déjà citée en 1589 et qui a été ensuite consacrée aussi à Notre-Dame du Luxembourg.(Entre l'actuelle Avenue de la Salm et la Rue de la chapelle).
Ce mémorial de pierre et de bronze fut inauguré le 28 juillet 1957 par la Baronne jacques de Dixmude, veuve du général, en présence des représentants des Rois Baudouin et Léopold III (un fils du Général notamment) , du Ministre des colonies, de très nombreuses personnalités et familles de coloniaux ainsi que d'un important détachement de la Force publique. Il voulait honorer les pionniers (jusqu’en 1898) et les vétérans (jusqu'au 18 octobre 1908) ayant servi sous l'Etat Indépendant du Congo. Par la suite, y fut adjoint le souvenir de tous ceux ayant œuvré au développement du pays devenu Colonie belge.
Quel que soit le regard que les révisionnistes jettent maintenant sur cette œuvre gigantesque de la colonisation et de la civilisation du bassin du Congo, tous ces gens, dont beaucoup ont laissé là-bas leur vie ou leur santé, méritaient bien cet hommage.

Robert NIZET.

dimanche 30 août 2009

Les secrétaires communaux de Vielsalm.

(publié dans L’Annonce de Vielsalm le 4 juin 1976)

C’est en vertu des dispositions de la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) qu’a été créée la commune de Vielsalm.
Celle-ci a-t-elle disposé dès ce moment d’un fonctionnaire chargé spécialement des écritures et ce qui peut s’appeler un secrétaire ?
Le budget communal de 1809 et celui des années voisines prévoyait bien une dépense pour le traitement d’un secrétaire de mairie.

En 1809, 150F. ; 150 en 1813 ; 180 en 1814 ; 200 en 1815. En 1815 et 1816 notamment, le maire J.-Nicolas ORBAN signe un reçu à son nom, d’une somme reçue « pour le Secrétaire de la mairie et frais de bureau du maire »
(Fonds hollandais)


Mais aucun nom de fonctionnaire de ce genre ne nous est connu, et il semble bien d’ailleurs que le travail d’un secrétariat communal à ce moment devait être assez minime et, qu’en fait, pour la commune de Vielsalm, le maire ou son adjoint l’assurait du moins pour les choses courantes.

La première indication que nous avons pu recueillir au sujet de l’existence réelle d’un secrétaire communal est du 3 novembre 1823. À cette date, le Conseil communal jugeait que l’administration de la commune demandait beaucoup de travail et il proposait de porter au budget de 1824 une somme de 60 florins pour le traitement d’un secrétaire.

À partir de 1825, on peut établir la liste des personnes qui ont rempli les fonctions de secrétaire de la dite commune.

En 1825, François-Joseph HUBERTY est nommé secrétaire par arrêté royal du 12 août.

En 1827, Jean-Nicolas-Joseph ARCHAMBEAU, de Provedroux, est nommé par arrêté royal du 22 avril. Il prête serment devant le Conseil communal le 31 mai 1827.

En 1830, le 14 juillet, Jean-Nicolas ARCHAMBEAU donne sa démission. Pierre-Joseph JACQUES, notaire, est désigné pour continuer provisoirement les fonctions.

Le 11 décembre suivant, le Conseil charge le bourgmestre Christophe LAMBERTY de cumuler les deux fonctions.

En 1831, le 5 février, Jean-Henri ROUCHE, de Salmchâteau, est nommé. Il démissionne le 7 avril 1833. De 1836 à 1866, il sera bourgmestre de la commune, tenant à son domicile même, durant plusieurs années, les séances du Conseil communal et les cérémonies de mariage.

Le 1er juin 1833, nomination de Jean-Bernard LAMBERTY, de Vielsalm, au traitement de 100 florins par an. Il est en même temps instituteur communal.

En 1837, J.-B. LAMBERTY ayant quitté Vielsalm, Jean-Nicolas ORBAN, ancien bourgmestre, est installé comme secrétaire, le 15 février.

En 1849, le 12 septembre, ORBAN ayant démissionné, le Conseil nomme Jean-Guillaume LEBARON, de Vielsalm.

En 1858, LEBARON démissionne. Le 13 mai, il est remplacé par Jean-Bernard LAMBERTY, précité, qui est revenu à Vielsalm comme instituteur en 1838.

En 1872, LAMBERTY, âgé de 66 ans, a démissionné. Le 21 décembre, le Conseil nomme Armand GILLET, originaire de Seraing, auparavant clerc de notaire à Vielsalm. Il est au traitement annuel de 1 000 frs., porté à 1 400 en 1880.

En 1900, A. GILLET étant décédé le 2 février, le Conseil nomme, le 10 juin, Ernest-Joseph LEDUC, de Vielsalm. Il est admis à la retraite en 1939.

De 1939 à 1947, les fonctions sont exercées par plusieurs intérimaires ; MM. Adolphe DEMOULIN, de Vielsalm, puis Jean DOOME, de Saint-Vith, pendant plusieurs années, dont celles de guerre et à partir du 16 novembre 1940, et Georges HAGUINET, de Neuville.

En 1947, 25 mai, nomination de Albert JEUNEJEAN, de Ville-du-Bois, qui entre en fonctions le 1er août 1947. Il est admis à la retraite en 1972.

Le 9 octobre 1972, nomination de Mme Yvette PAQUAY-VERAGHEM, de Ville-du-Bois, actuellement en fonctions.

SOURCES D’INFORMATIONS :
A.C. Vielsalm : Procès-verbaux du Conseil municipal et du Conseil communal de Vielsalm.
A.E.L. : F.F., liasse 1547 ; F. hollandais, liasse 1967.
A.P. Vielsalm.

dimanche 2 août 2009

Kalala, le premier congolais arrivé à Vielsalm.

(publié le 16 octobre 1960)

Les récents événements du Cogo rappellent au souvenir de nombreux salmiens des faits de la fin du siècle dernier relatifs à l’épopée africaine.
C’était le temps des DIDERICH, des LAPLUME, des JACQUES et de combien d’autres de nos concitoyens.
Il est un de ces faits qui, à l’époque, fit l’objet de curiosité et bien des conversations. Il s’agit de l’arrivée et du séjour à Vielsalm du premier congolais. Celui-ci s’appelait Kalala.
Norbert DIDERICH, né à Vielsalm le 26 avril 1867, ingénieur du génie civil, des mines, arts et manufactures, avait été engagé comme adjoint à l’expédition du Katanga. Le 22 avril 1893, il rentrait à Vielsalm, qui lui faisait une brillante réception.
DIDERICH était revenu seul. Mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala.
Kalala était âgé de 7 ans, et d’une taille élevée pour son âge. Il était originaire des environs de Lupungu (Haut-Sankuru).
Quelque temps avant le passage de l’expédition du commandant belge BIA dans ces contrées le village qu’ habitait l’enfant fut attaqué et rasé par un chef nègre, ami et vassal des Arabes marchands d’esclaves. Le père et la mère de Kalala furent tués et lui-même fut attaché à la chaine des esclaves qu’on dirigeait vers la ville du vainqueur.
L’enfant, réduit en esclavage, parvint à tromper la vigilance de ses ravisseurs. DIDERICH et ses hommes qui se trouvaient aux environs de Lupungu en 1891, mirent l’enfant en sécurité. Celui-ci s’attacha à l’ingénieur qui le garda près de lui.
Courant les dangers et les privations auxquelles l’expédition de son protecteur avait été habituée, Kalala arriva heureusement au Tanganika et à la jonction avec le capitaine JACQUES.
Ayant regagné Boma, DIDERICH confia l’enfant à un de ses amis, M. VAN DEN PLAS, intendant général à l’Etat du Congo, et c’est ce dernier qui ramena Kalala en Europe par le bateau Komassy.
À Vielsalm, Kalala habita chez M. Bernard DENIS, oncle de M. DIDERICH. Le gamin se fit rapidement, parmi les garçons de la localité, de nombreux petits amis.
Son protecteur lui fit faire des études à l’établissement de Carlsbourg. Kalala y fut baptisé et prénommé Antoine, ayant pour marraine la comtesse d’URSEL.
Ses études terminées, Antoine Kalala reprit le chemin de l’Afrique et y fonda une famille.
Mais, pendant plusieurs années encore, il resta en correspondance avec ses bienfaiteurs de Vielsalm.

Gaston REMACLE