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mercredi 4 avril 2012

Tarif des ardoises de Vielsalm sous l'Ancien-Régime









J. M. WOUTERS, Livre des placcarts, édits, règlemens, et décrets émanés depuis l’an M.DCLXX (1670), Bruxelles, 1737.

samedi 10 mars 2012

À PROPOS DES « CHERBINS »

Jeau Haust, dans son Dictionnaire liégeois donne : hèrbin : m; fendis, grosse ardoise informe. Le pays de Vielsalm prononce chèrbin.

Si l'on excepte la petite ardoise régulière, fine et symétrique qui n'a été découpée et largement utilisée qu'à une époque plus récente, ou sur des détails de toiture nécessitant de très petites calibres, le toit ardennais était habituellement couvert des chèrbins traditionnels et dont l'épaisseur est généralement supérieure à celle des autres ardoises.

Les chèrbins ont une forme allongée, une sorte de rectangle aux bords arrondis. Le grand côté atteint facilement et même parfois dépasse les 80 cm tandis que le petite ne dépasse pas les 40/50 cm. L'épaisseur tourne autour d'1 ou 2 cm mais dans les cas extrêmes monte jusque 3 ou 4 cm. En fait, il y en avait de toutes les tailles : si les exemplaires de 1m² étaient rares (ils apparaissent sur certaines cartes postales), ceux de 0,5m² étaient courants.

Pose de la couverture.

Sur les poutres sont posés des chevrons à peine dégrossis dont la section tourne autour de 15/15 et l'entre-distance de 30 à 40 cm. Ensuite on fixe sur ceux-ci un voligeage jointif qui va servir de sous-toiture pour la pose des chèrbins. Les meilleures sous-toitures sont légèrement concaves afin que les chèrbins reposent bien les uns sur les autres. Cela est obtenu en utilisant des poutres de section plus forte aux extrémités de la toiture (faîte et bas) et des poutres de section plus faible au centre. Ils sont posés en longues bandes continues montant du bas de la toiture jusqu'au faîte. A l'intérieur d'une bande chaque chèrbin recouvre le précédent d'une dizaine de centimètre, à l'endroit de recouvrement maximum. Et chaque bande recouvre les chèrbins de la précédente d'une valeur similaire. Le couvreur pose une bande complète à la fois avant de passer à la suivante. Placés, ils laissent donc apparaître un angle obtus et asymétrique dont un côté est courbe, l'autre droit. La succession de ces derniers côtés fait apparaître une ligne rigoureusement droite qui se répète sur toute la largeur du versant, de gauche en bas à droite en haut. La succession des côtés courbes forme des lignes de festons mal définies de gauche en haut à droite en bas.

Le chèrbin est façonné sur place par le couvreur en fonction de l'inclinaison qu'il va donner à sa couverture. Seul un petit côté est taillé selon une ligne droite, c'est celui qui sera recouvert par la ligne suivante. Il est taillé avec l'angle de l'inclinaison des bandes et sert à aligner rigoureusement les chèrbins dans la direction de celle-ci. Les trois autres côtés sont arrondis de façon à ce que le chèrbin ne recouvre que ceux qui le précédent immédiatement – un en dessous de lui et un à sa droite. Ces forme rondes font que deux chèrbins du même niveau sont toujours jointifs et ne se recouvrent jamais pour éviter qu'une plaque de schiste ne soit pas posée parfaitement à plat sur les précédentes et « baille » un peu sur une autre de son niveau. L'angle entre les grands côtés et le petit qui donne la direction varie aussi d'un toit à l'autre. Il semble qu'il soit calculé de façon à ce que ces côtés aient toujours plus ou moins la même inclinaison sur l'horizontale.
Comme on l'a dit, les bandes sont toujours inclinées, en montant, de la gauche vers la droite. Cette disposition qui semble curieuse à l'observateur au premier abord, s'explique du fait que pour travailler le couvreur s'agenouille sur le toit à côté de la bande qu'il est en train de poser, la tête dirigée vers le haut du toit pour garder son équilibre. Comme la plupart des couvreurs sont droitiers l'habitude s'est prise de se placer à gauche de la bande afin de privilégier le bras droit. Les bandes déjà posées s'alignent donc à droite du couvreur et le nouveau chèrbin qu'il place se superpose aux précédents à la gauche de ceux qui sont déjà posés.

A la carrière, les blocs de schiste sont refendus – de la même façon que les autres ardoises, c'est à dire par fendage successifs d'un bloc en atelier, par le fendeur qui utilisait différents types de marteaux et de ciseaux – jusqu'à l'épaisseur désirée puis les grandes écailles obtenues sont classées par lots de même

Taille. Le couvreur utilisera les lots les plus grands pour façonner les chèrbins placés en bas de toiture. Comme la dimension apparente du chèrbins reste identique sur toute la hauteur du toit cela permet un recouvrement de plus en plus important au fur et à mesure que l'on descend. Les lots les plus petites servent à façonner les chèrbins mis "à l'envers" pour boucher les trous laissés entre deux lignes au bord des rives de toitures et à fabriquer les « cwèrbâ ». Ceux –ci sont utilisés pour la terminaison sommitale de la toiture et assurent l'étanchéité du faîte. Ils ont la forme d'une espèce de cercle terminé par une pointe de lance. Les gorges de ces pointes s'emboîtent avec celle des cwèrbâs du versant opposé qui sont ainsi retenus en place. La double ligne de cwèrbâs donne au faîte un curieux aspect hérissé qui évoque les rangées de corbeaux alignés dans les champs, d'où leur nom.

Les chèrbins sont posés dans un bain d'argile mêlée de paille hachée finement. On monte ce mortier dans un "oiseau" et on le répartit en tas réguliers au long de le nouvelle ligne à placer. Le couvreur l'étale de façon à ce qu'il recouvre toute la surface du voligeage d'une couche plus épaisse que les chèrbins déjà placés. Ensuite, il y écrase le nouveau chèrbin qui y adhère ainsi par succion, le place parfaitement de niveau et puis racle à la truelle le mortier qui en dépasse. Ce mortier a donc une triple fonction : assurer une pose régulière des chèrbins, les « coller » à la sous-toiture et jouer le rôle d'une sous-couche comblant les interstices. Cuite et recuite par plus d'un siècle d'exposition aux ardeurs du soleil, elle est aujourd'hui dure comme de la brique dans les toits qu'on démolit. Parfois, on remplaçait l'argile par de la bouse que les enfants allaient ramasser dans les prés. Cela donnait un mélange plus souple et plus « adhésif » qui aujourd'hui se décolle en larges films de plus ou moins 1m², comme de grandes feuilles de plastique. Ou, on utilisait encore de la sphaigne, mousse ramassée en fagnes que l'on plaquait sur la sous-toiture encore humide. Il s'agit du moins bon matériau car la mousse est moins étanche, se dessèche et finit par tomber en poussière, perdant toute qualité d'étanchéité.

Tous nos village, pour ainsi dire, conserve quelques exemplaires de toits de chèrbins, véritables œuvres d'art. Chaque année, hélas, il en disparaît. Ainsi, les remarquables abris à bestiaux situés dans les pâtures des environs de Grand-Sart notamment ont tous disparus récemment. Si les chèrbins pouvaient encore durer des siècles, ce sont les charpentes non entretenues qui se brisaient sous le poids imposant de la pierre.



R.N.

Sources :
Henry d'Otreppe de Bouvette, LE SCHISTE ARDOISIER D'ARDENNE SEPTENTRIONALE DU MOYEN AGE A L'EPOQUE CONTEMPORAINE, 1976
Guy Maillard, NOTES TECHNIQUES RELATIVES A LA FABRICATION DES ARDOISES DANS LA REGION SALMIENNE, in GSHA n°6 de juin 1977
Charles Gheur, L'ARCHITECTURE VERNACULAIRE DES BASSINS DU GLAIN ET DE LA LIENNE EN HAUTE-ARDENNE, GSHA n°39, novembre 1993

mercredi 23 novembre 2011

Ardoises (1841)

A un quart de lieue au sud de Viel-Salm, se trouvent les nombreuses carrières d’ardoises bien connues sous ce nom. Elles sont disposées en ligne droite, de 1 000 mètres environ de longueur, depuis le village de Neuville jusque près de celui de Salm-Château, sur le versant nord d'une colline dont la direction est de l'ouest à l'est. Direction 83° vers ouest; inclinaison 54° à 58° vers sud.

L'épaisseur du banc de schiste fissile est d'environ 20 mètres, mais il n'y en a guère que le tiers qui soit susceptible de fournir de véritables ardoises; des lits très-minces d'une substance verdâtre stéatiteuse, qui suivent invariablement la direction et 1’inclinaison du schiste ardoisier, et qui sont connus des mineurs sous le nom générique de Minants, divisent la puissance du banc ardoisier en plusieurs couches, que les mineurs désignent par des noms particuliers.

Voici les noms et l'épaisseur de ces couches, en allant du S.-E. au N.-O:

Les Veinettes 1m30
Les Litys 1m60
La Deliveine 3m50
Les Nougré 3m00
La Fleur-de-Grosse-Veine 3m60
La Grosse-Veine 6m00
La Fou-Veine inconnue


L'exploitation des ardoisières de Vieil-Salm se fait à ciel ouvert, quoiqu'elle y ait atteint une profondeur que l'on peut bien évaluer à 50 mètres; mais, comme il devenait trop coûteux d'élever la pierre, les déblais et les eaux jusqu'au bord de ces immenses excavations, on a pratiqué, dans plusieurs d'entre elles, de grandes galeries qui, partant à peu près du fond des travaux, percent la montagne, et viennent déboucher sur son flanc. C'est par cette galerie, dans laquelle peuvent circuler les voitures, que s'opèrent le transport des matériaux et l'écoulement des eaux qu'on élève jusqu'à ce niveau, lorsque cela est nécessaire, soit au moyen de pompes mues à bras d'hommes , soit au moyen d'un seau attaché, à l'extrémité d'une longue perche, qui est elle-même fixée à un arbre, auquel un ouvrier imprime un mouvement de bascule.

Ce mode d'exploitation ne laisse pas de présenter de grands dangers, à cause des écoulements qui viennent quelquefois, pendant les dégels, encombrer les carrières et nécessiter des travaux de déblai, pendant plusieurs années consécutives. Il est loin aussi d'offrir toute la régularité et l'économie désirables.

Ces carrières, au nombre de 28, dont une seule souterraine, appartiennent, pour la plupart, à des particuliers de Viel-Salm et à des compagnies d'ouvriers. La Société d'industrie Luxembourgeoise en possède, depuis 1838, deux, dont une seule est en activité; elle est en outre intéressée dans six autres; son intervention n'a point produit, il faut bien le reconnaître, l'influence qu'on était en droit d'en attendre, sur la direction des travaux.

A 150 mètres environ au sud de la grande ligne d'ardoisières de Viel-Salm et sur la même colline, mais dans le vallon qui conduit à Salm-Château, on a ouvert, il y a fort longtemps, une carrière d'où l'on a extrait, dit-on, de fort bonnes ardoises.

C'est apparemment sur le prolongement de cette seconde bande, mais sur le versant opposé du vallon, que M. de Simony (du Marteau, près de Spa), a essayé d'en ouvrir plusieurs au sommet, au milieu et au bas de ce versant. La plus importante d'entre celles-ci consiste en une galerie souterraine d'une vingtaine de mètres de longueur, à l'extrémité de laquelle on a commencé un ouvrage ou chambre d'exploitation; mais, après deux ou trois ans d'efforts infructueux, on a renoncé à cette entreprise.

Les ardoises de Viel-Salm ont un aspect tout particulier dont on peut donner une première idée, en le comparant à celui de la chair de poule; mais les papilles arrondies auxquelles il est dû sont disposées suivant les lignes du long grain et constituent des fibres dont l'ensemble rappelle assez bien le nerf de la qualité de fer connue sous le nom de fer fort. Ce sont aussi les seules de la province de Luxembourg qui offrent cette teinte rougeâtre ou plutôt violacée des ardoises les plus estimées de Fumay.

Les ardoises de Viel-Salm sont très-droites ou planes, mais un peu raboteuses; tellement dures qu'elles ne se détériorent jamais aux trous de clous; elles présentent cette ténacité et cette élasticité qui permettent de les percer, de les clouer et de se porter sur les toits qui en sont couverts, sans crainte de les briser. Elles pèsent de 700 à 800 livres le mille de Grandes-Voisines, de manière que, sous l'échantillon Flamandes, elles pèseraient 606 à 691 livres, soit 300 à 340 kilog. le mille.

Elles résistent parfaitement à l'action destructive des météores; mais elles se couvrent assez rapidement, dans plusieurs localités, de lichens et de mousse qui doivent, à la longue, compromettre la solidité des toits. II y a cependant chez M. Kuborn, à Martelange, un toit qui en est couvert depuis plus de 150 ans, qui est encore en fort bon état, quoique les couvreurs, dit le propriétaire, ne soient jamais montés dessus et sur lequel on ne voit pas la plus petite tache verte. Elles ont toujours été fort estimées non-seulement dans la province de Luxembourg, mais encore à Verviers et dans tous les environs, et jusqu'en Prusse; la production annuelle en est toujours considérable, quoiqu'assez variable (2 à 4 millions). On les vendait aux carrières en 1840:

Les Grandes-Voisines fr. 20 à 22 le mille.
Moyennes ,, 13
Petites ,, 6

Le transport de ces ardoises jusqu'à Verviers peut coûter, en moyenne, fr. 9 le mille; on estime que ce prix pourrait être réduit à fr. 7, si l'on construisait l'embranchement de route projeté vers celle de Bastogne à Liège.

Les parties du banc ardoisier de Viel-Salm qui ne peuvent point être fendues en véritables ardoises sont débitées en plaques irrégulières de plus grandes dimensions. On nomme Herbains ou Cherbains celles qui ont à peu près 0m35 de longueur sur 0m22 de largeur, et Ardoises à Mortier, celles de toutes dimensions que l'on emploie à couvrir, en les cimentant avec du mortier, les toits excessivement plats que l'on remarque, avec surprise, dans une grande partie de l'Ardenne, où les neiges sont si abondantes et si persistantes en hiver. Ces deux espèces d'ardoises se vendent principalement dans les environs, non pas en nombre, mais en volume. On place les Cherbains de champ les uns contre les autres et on vend ces tas à raison de fr. 2 le pied courant de S'.-Lambert (0m297), qui renferme ordinairement 40 pièces et au maximum 50. Quant aux ardoises à mortier, on en fait des tas irréguliers que l'on vend fr. 6, 7 ou 8 chacun.



Ministère des travaux publics et de la Guerre, Commission des matériaux indigènes. Premier rapport, ardoises, Bruxelles, 1841, pp. 33-35

jeudi 2 décembre 2010

Salm


SALM, seigneurie des Pays-Bas, au duché de Luxembourg, sur les frontières de l’évêché de Liège. Henri IV, dernier comte de l’ancienne maison de Salm ; institua pour son héritier Jean, seigneur de Reifferscheidt, son parent, auquel le comté fut adjugé en 1455, contre Engelbrecht de Rougrave qui s’en étoit emparé. C’est de ce Jean que descendent les comtes de Salm-Reifferscheidt.

Le principal produit de ce comté dérive de ses carrières d’ardoises & de pierres à émoudre ou à remouleur.

Le comté de Salm contient une petite ville de ce nom & 40 villages. Quant au château, il est tombé en ruines & abandonné. (R.)

mercredi 9 septembre 2009

vendredi 14 août 2009

Sur la fabrication des ardoises pour toitures (2).

(publié dans L’Annonce de Vielsalm, le 31 août 1952)

Un document de 1659 nous apporte des précisions quant aux personnes occupées au travail de la fabrication des ardoises. Il s’agit du dénombrement des chefs de ménages au comté de Salm. Pour les villages voisins du thier des ardoisières, il mentionne les noms de 14 personnes, savoir : de La Comté, Balduyn COUNET ; de Vielsalm, Collet ROUSSEAU ; Barthélemy GOME, Léonard de Cahay ; de Priesmont, Henri BERTOING ; de Ville-du-Bois, Piron le Tichon ; de Neuville, Denis Henri, Bertrand Michel ; de Bêche, Jean Colla, Grand Henri, Jean Didriche, Herman dessus l’eau, Hubert Pierre, Henri Duchamps.
C’est peu de travailleurs et, conséquemment, une exploitation fort minime. Il y a cependant un peu d’exportation puisque certains chefs de ménage de la région nous sont signalés comme transporteurs d’ardoises. Ainsi, en 1656 Jean Gérard de Ville-du-Bois « faict charoy d’ardoises, d’autre chose au retour » ; et Jean Gengout, de Ville-du-Bois également, est mentionné comme ne faisant « autre trafficque qu’au charoy avec ardoises granit et autres choses ». Et d’autres.

L’ancien usage.

La fabrication des ardoises, à ce moment, (fin du XVIIe siècle), ne doit d’ailleurs guère aller au delà des besoins de la région proche, selon ce que nous éclairent à ce sujet deux ordonnances du comte de Salm, du 15 décembre 1736 et 30 juillet 1738.
D’abord, cette fabrication était réservée aux seuls habitants du comté de Salm. D’autre part, un privilège quant à la propriété ou l’usage du fonds n’était en faveur d’aucun de ces sujets. Droit égal pour tous d’exploiter, moyennant paiement d’une rente prévue, mais personnelle, et pour cause. La propriété du fonds restait ainsi dans l’appartenance du pouvoir souverain, pour l’utilisation de tous.
L’ordonnance du 15 décembre 1736, publiée le 3 janvier 1737, rappelle notamment :
- que les « carrières d’ardoises, pierres à rasoir et autres qui se sont
ouvertes
» dans le comté de Salm sont la propriété du Seigneur comte et lui
« appartiennent incommutablement » ;
- que les rentes à payer au
seigneur par ceux qui exploitent les carrières sont « purement personnelles
et ne donnent aucun droit au fond des dites carrières … de manière que les dites
rentes se paient simplement par le profit que chaque ouvrier retire de la
carrière où il travaille il est naturel et de droit que tous ceux qui y sont
emploiés paient autant de rente au Seigneur propriétaire des dites carrières
n’étant pas raisonnable qu’un particulier travaillant sur le fond d’autrui …
puisse en emploier d’autres avec luy et tirer double profit du dit fond
».
L’ordonnance veut remédier au fait que certains sujets, de façon abusive, « s’imaginent » qu’en ne payant qu’une seule rente, ils peuvent « tenir deux carrières ou portions d’icelle », ou y travailler avec
d’autres ouvriers à leur propre profit, leurs enfants ou autres personnes.
L’ordonnance :
- interdit l’ouverture de nouvelles carrières dans
l’étendue du comté, sans la permission spéciale et expresse du seigneur comte ;
- défend « de rentrer dans une carrière abandonnée dont la rente n’a pas été
payée depuis trois ans
» sans la permission spéciale du comte.
- Ordonne de
réformer les abus introduits dans les carrières à ce moment.


L’autre ordonnance, du 30 juillet 1738, sur le même sujet, confirme la teneur de celle du 15 décembre 1736 pour la partie de cette dernière sur les carrières.
Elle ajoute que seuls pourront travailler dans les dites carrières les « sujets naturels actuellement résidens dans notre comté » et que les sujets du comté « qui s’en sont retirés ou s’en retireront sur le fait seront et demeureront exclus et privez du bénéfice et grace de travailler aux dites carrières dès le moment de leur retraite ».
Le 7 février 1739, les mayeur et échevins de la haute justice du comté fixent, à Vielsalm, les amendes à payer par ceux qui contreviendront à l’ordonnance, c’est-à-dire « six florins d’or pour la première fois, le double pour la seconde et d’être amendé arbitrairement en cas d’ultérieure récidive ».
Le 8 février 1739, le sergeant du comté, GEORGE, déclare avoir, ce jour même, lu, publié et affiché, l’ordonnance « à la sortie de la première messe paroissiale de Vielsalm ».

Au XVIIIe siècle.

L’usage que rappellent ces deux ordonnances se comprend, s’il veut donner à tous un même droit et s’il ne s’agit de satisfaire que des besoins locaux. Mais que des besoins nouveaux apparaissent, et l’usage peut prendre de nouvelles formes. C’est ce qui a fini par arriver, mais au XVIIIe siècle seulement.
C’est qu’à ce moment la vie de la région se modifie fortement. Bien des signes d’une activité commerciale qui se développe s’y révèlent. Le commerce d’ardoises a dû se ressentir de cet état de choses, y trouvant des possibilités d’expansion.
Dans cet ordre d’idées, est-il surprenant que des abus se soient glissés dans l’ancien usage d’exploitation des carrières ? Précisément, les ordonnances de 1736 et 1738 rappelées ci-dessus déclarent de façon formelle être provoquées par l’existence d’abus de ce genre.
Est-il surprenant aussi de trouver, quelques années plus tard, une situation nouvelle que la vie aura sans doute imposée !
Ainsi, vers la moitié du siècle, on constate, fait important, que la propriété des carrières d’ardoises, du moins pour une partie, est passée dans les mains de certains particuliers ; car elle est l’objet de transactions. L’ancien usage paraît bien aboli.
D’ailleurs, les ordonnances de 1736 et 1738 ont été annulées en 1759.
Dans le même temps, le développement de la fabrication d’ardoises apparaît bien par deux indications précises : le nombre d’ouvriers occupé à ce travail, en 1759, est de 80 environ avec les ouvriers de pierres à rasoir ; d’autre part, à cette date la rente qui va au seigneur et à raison du denier onzième ou 9 p.c. environ, sur le prix des ardoises, est d’une centaine d’écus, ce qui représente une production d’une valeur d’environ un bon millier d’écus ou, par comparaison avec une unité d’ordre familier et pratique, pour une région agricole, la valeur d’une bonne centaine de vaches.
Production sérieuse ; toutefois, à notre avis, elle ne semble pas tellement considérable encore, et capable de justifier l’aspect du thier d’extraction dans se physionomie actuelle.

La carrière tragique.

Depuis, bien des évènements ont passé.
Au siècle dernier, la fabrication des ardoises a pris de l’extension. Et l’exploitation de la pierre y est devenue souterraine.
Que de familles y ont trouvé une possibilité de revenus. Le temps n’est pas si éloigné où, matin et soir, les chemins escaladant la pente montant vers Cahay et le Gros-Thier, se couvraient de travailleurs, commandés par la tâche quotidienne.
On rapporte même qu’à la fin du siècle dernier le nombre de ces courageux comportait plus d’une femme.
Travail dur, obstiné, qui vaut une noblesse.
Mais la carrière, pourtant, n’a pas livré ses richesses sans imposer ses âpres exigences.
Combien de « vieux rhumes, par exemple, tenaces, n’y ont-ils pas été contractés ? Peut-être en subit-on, aujourd’hui encore, les suites funestes en plus d’un foyer.
Et la carrière, certain jour, a été tragique. Elle a fait des blessures, et des éclopés.
Elle a tué. Les actes de décès nous signalent, dans leur langage peut-être original, de tristes faits. Citons :
- 1689, 28 septembre, « a estez accablez dans la fosse d’ardoise Mathieu
Freçon de Rincheux
».
- 1717, « le 17me mars Jean Hubert Pierre de
Beche at eu la teste escrazée travaillant dans la carrière aux ardoises par une
pierre médiocre
».
- 1723, « le 18 octobre est décédé aux carrières
Bartholomé Jean Evrard de la Comté
».
- 1803, 20 mai, est décédé
Jean-Pierre ENGLEBERT de Ville-du-Bois « à 4 h. à la suite de l’éboulement
d’un rocher qui l’a écrasé dans l’ardoisière dite Linard
».

La carrière a fait souffrir et pleurer.
Ce n’est pas sans émotion que l’on évoque aujourd’hui tant de labeur sur ce coin de terre de chez nous.

Gaston REMACLE

vendredi 7 août 2009

Sur la fabrication des ardoises pour toitures (1).

(publié dans L’Annonce de Vielsalm, le 24 août 1952)

Une nouvelle industrie est née à Vielsalm. La société anonyme « Les Ardoisières du Gros-Thier » a engagé de gros capitaux pour l’utilisation des déchets de schiste ardoisier accumulés au pied du thier.
Et la question vient tout naturellement à l’esprit. Où faut-il reporter la naissance de terrils ? Depuis combien de siècles les hommes ont-ils reconnu, là, les propriétés du schiste ardoisier ? Depuis quand ont-ils tendu là leurs muscles pour le mettre à leu service ?

C’est une histoire longue …

Et ardente, d’un dur et patient effort que ces terrils pourraient révéler.
Celle d’hommes qui ont peiné, pour vivre.
Depuis plus de deux cents ans, nous a-t-on dit.
PLINE, dans son « Histoire naturelle », rapporte que dans la province Belgique on rencontrait des pierres qui se laissent travailler, dont on fait une espèce de toiture.
Qui sait si, en s’exprimant de la sorte, la pensée de PLINE n’allait pas aussi au schiste ardoisier du pays de Salm.
Toujours est-il que des fragments en nombre considérable, d’ardoises pour toiture, ont été retrouvés sur l’emplacement de villas gallo-romaines qui ne sont pas tellement éloignées de Vielsalm, à Mont-Houffalize et la commune de Limerlé. Ces ardoises venaient-elles de chez nous ?
On ne sait. En tout cas notre schiste ardoisier est d’excellente qualité et il ne serait nullement étonnant que celle-ci ait été reconnue au début de notre ère déjà.

A la découverte.

Les archives ne disent rien, croyons-nous, pour situer les débuts de l’exploitation du schiste ardoisier du thier dominant Cahay.
Certains auteurs ont bien pensé qu’il faudrait remonter aux temps gallo-romains pour y trouver déjà la fabrication et le trafic des ardoises.
Mais, à notre connaissance, ils n’apportent, pour étayer cette opinion, aucun élément de preuve. Présomption, sans plus. Il faut chercher des informations à d’autres sources.
Par un effort sincère de l’esprit et en s’attachant à l’observation soigneuse de l’endroit, ne parviendrait-on pas à déceler des indices révélant l’âge des exploitations primitives ? Pour notre part, nous le croyons bien.

L’exploitation du schiste du thier n’est souterraine que depuis un siècle environ, nous basant, pour cet avis, sur la constatation d’un voyageur au pays de Salm en 1854, et qui consignait ainsi son observation : « A la différence des autres ardoisières de l’Ardenne, la pierre s’exploite ici non par galeries, mais à ciel ouvert ».
Mais alors, les déchirures du flanc du thier sont d’une époque antérieure ! Leur aspect, à bien les regarder, révèle un long passé. Leur importance surtout nous reporte à bien des siècles en arrière. Non, ce ne sont pas là les vestiges d’un travail d’il y a deux siècles. Il faut les situer bien plus loin.
L’œil attentif découvre toutefois des signes d’une autre valeur, et qui ne trompent pas. Des chemins.
C’est un fait que la voirie des premiers siècles de notre ère s’est inscrite au sol selon des principes bien connus : maintenir la ligne droite et garder la hauteur. On peut les reconnaître encore fort souvent, et le promeneur trouve à cet examen une satisfaction passionnée.
Précisément, que remarque-t-on ? L’on voit accourir de l’horizon combien de ces chemins antiques, comme à un rendez-vous commun qu’ils se sont donnés. Les uns dégringolent par les Quatre-Vents, les autres viennent à leur rencontre, par le bas du thier.
Celui-ci apparaît de la sorte, en cet âge reculé, comme un centre de rayonnement. Et centre d’activité ; car s’il y a eu, là, une force expansive, créatrice de voies de circulation, c’est qu’il y a eu présence fort active de l’homme.
Cette dernière ne trouve ici son explication que dans le fait d’une exploitation des couches du thier.
Nous croyons donc qu’il y a lieu d’admettre, sur base des signes toujours marqués au sol, que la fabrication des ardoises, chez nous, a été entreprise sur une échelle sérieuse au début de notre ère.
Et, sûrement, cette exploitation s’est opérée selon le système en vigueur à l’époque dans l’empire romain.
Mais Rome n’était pas éternelle.

Déclin et renouveau.

A la fin du IIe siècle déjà, avec les Chauques, puis au IIIe, avec les Francs, voici que des invasions déferlent sur notre pays. La paix romaine est menacée. Bien des centres d’activité tombent peu à peu en ruines.
La vie industrielle et commerciale en subit les conséquences.
Aussi, note-t-on d’une façon générale, pour ce qui est de l’emploi de l’ardoise pour toitures, qu’il tombas peu à peu en désuétude, à tel point que, par exemple, lorsque Wiric, abbé de Saint-Trond, fit recouvrir d’ardoises une aile de son monastère en 1157, le procédé paraissait entièrement nouveau, et excellent contre les incendies.

Pour notre région, à quel moment peut on fixer une reprise sérieuse de l’exploitation du schiste ardoisier ?
Il est difficile de l’établir, à défaut d’archives. Sans doute, a-t-elle dû être progressive.
Toutefois, des éléments d’informations de la fin du XVIe siècle nous donnent la certitude qu’à ce moment-là il y a une réelle exploitation de notre schiste ardoisier. La dénomination de « thierme des ardoises », de « chayres » est alors bien établie. Des personnages sont signalés comme adonnés au travail des ardoises, tel ce « Jean Jacques, escailteur, demeurant e la vieille Saulme » en 1565.
Des transactions commerciales s’opèrent au sujet d’ardoises.

Gaston REMACLE

jeudi 30 juillet 2009

De l’exploitation des ardoises et du coticule au Comté de Salm, antérieurement à l’an 1625.

(publié dans les Annales de la Société géologique de Belgique, tome XXXVIII, 1910-1911, BB 3 à 5)

J’ai eu l’occasion, il y a peu de temps de lire un ouvrage devenu très rare, qui n’existe plus à ma connaissance qu’à la Bibliothèque royale de Bruxelles, et qui donne quelques renseignements sur l’exploitation du coticule et de l’ardoise du Comté de Salm ; je crois intéressant de transcrire tels quels les passages de ce travail concernant cette industrie, ainsi qu’un autre passage vantant les qualités d’un « pouhon » de la région.

Le titre de l’ouvrage est celui-ci :
« Déclaration chronologique concernante la vertueuse et mémorable vie S. Symetre, prestre et martyr. Entremeslée d’une chronographie tant des lieux de sa conversation que de plusieurs autres. Translatée et augmentée par M. Christophe de Gernichamps, Pasteur de Villers-S. Gertrude, au territoire de Durbuy ». (Imprimé à Liège par Léonard SHEAL, imprimeur-juré, en l’an 1625)

« annotation. Chronographie du Comté de Salm [suite]
D’avantage ce territoir a ce bonheur qu’il produit des pierres de moulin, et a mesme des carrieres à tirer des pierres propres à tout usage de massonerie. On y voire en une montagne pas fort distante du château se voyent plusieurs fosses d’où l’on tire des escailles très propres pour les couvertures des édifices, lesquelles en ce sont admirables, qu’elles se peuvent fendre si menuement et délicatement qu’on les peut quelque peu fleschir avant qu’elles se viennent à rompre estantes aucune d’une couleur perse, d’autres verdes.
L’usage et le soleil les endurcissent tellement que ne cédantes pas au fer, les cloux avec lesquels on les attache se trouvent consommez et mangez par la rouille, icelles demeurant entières ; et voilà pourquoi on en fait grand cas, les menant par navigation jusqu’en Hollande, Zélande, Angleterre et autres provinces, ce qui cause grand profit aux habitateurs de ce lieu.
D’où vient que parfois sont à voir des ouvriers s’employans alentour de cet ouvrage à nombre de septante et davantage lesquels vivent sous des loix et statuts particuliers tels, que si quelque difficulté ou doute entre eux survient, ils ont recours à iceux, ce qui cause qu’ils sont toujours très concordés et unanimes.
Mais à cause que leur vocation est fort pénible et laborieuse, ils se recréent quelquefois par boisson et d’autant qu’en taillant et fendant les roches il peut arriver que quelque lourde pièce de quelque rocher tombant dans les fosses et concavitez, vient à mettre tout en dégast par prevoyance et indices que le naturel des rochers leur a par expérience enseigné ils eschapent facilement semblables périls, de façon qu’iceux bien rarement se trouvent accablez ni endommagez aucunement. De mesmes pierres se font des tablettes très comodes à recevoir la croye, petites et grandes, portatifères autres lesquelles on apporte comunément es régions estrangères.
Outre tout quoi, il se trouve proche des fondations du Chasteau des queües à aiguiser toute sorte de ferremens [coticule], les plus exquises singulières et rares qui se peuvent recouvrer en aucun pays voisin comme attestent ceux qui les ont expérimenté. D’où ils ont prins occasion de les transporter annuellement en grand nombre aux relevées foires de Francfort et de là à Venise et ès autres provinces.
Celles sont d’une couleur jaunastre tirant sur le blanc, mais le moyen avec lequel on les tire est assez dangereux, partant que ceux qui les veulent mettre au jour se trainent par des trous soubterriens de bien longue estendue et fort estroitz, tellment qu’ils sont contraints par nécessité se trainer et grimper avant qu’ils arrivent aux lieux prétendus ; ou estant ils les tranchent du rocher selon les veines trouvées et menées et taschent les ayant préparées (ou le commodité de la place le permet) les jeter en lumière ; duquel œuvre ils sont pour le plus souvent empeschés et retardés au temps d’esté pour la crudité du lieu subterrien, et de sa froidir excessive. De façon que tant plus piquante et aprè est la froidure de l’hiver, tant plus aisément font ils leur besoing.
Cette contrée… elle est arrosée du fleuve nommé Glaine [La Glaine ou le Glain est l’ancien nom de la Salm] produisante de très bons poissons comme truites, barbillons et autres au bord et rivage duquel se voit une fontaine acide ou comme on dit vulgairement pouhon [Près de Grand-Halleux probablement], de mesme naturel que celuy de Spa, on y voire le surpassant en légèreté tesmoin l’expérience, en sorte que d’aucuns personnages d’auctorité l’on à icelle préférée ; ses effects sont de purger l’estomach, donner appétit, deschasser l’hydropisie, refroidir de foye, rompre la gravelle. La preuve de tout quoy est, partant que les paysants de ce lieu qui en boivent ordinairement ne se trouvent jamais atteints de ces infirmités ».


J’ai trouvé ce passage intéressant en ceci qu’il est de ceux qui donnent le plus de détails sur ces exploitations anciennes, qui ont si peu changé aujourd’hui si ce n’est que les exploitants du coticule s’éclairent à présent à l’acétylène et se protègent sous des boisages encore très primitifs ; ce qui a en tous cas le plus changé, c’est la foi dans l’omnipotence du pouhon de Grand-Halleux pour soulager tous les maux des humains. Dans cette région, le mode d'exploitation des ardoises est, comme on le sait, resté bien simple encore comme d’ailleurs celui du coticule ; l’exploitation en est presque partout discontinue et de fait au fur et à mesure de la commande dans presque toutes les carrières. Les progrès de l’exploitation des mines n’ont fait qu’effleurer cette contrée, où la lutte pour la vie n’a point encore créé la concurrence, protagoniste du progrès économique.

Charles FRAIPONT, ingénieur Civil des Mines, assistant à l’Université.

mercredi 29 juillet 2009

Carrières.

Des fragments en nombre considérable d’ardoises pour toitures ont été retrouvés sur l’emplacement de villas gallo-romaines qui ne sont pas tellement éloignées de Vielsalm : à Mont-Houffalize, à Sommerain, près de Limerlé et près de Bourcy.
D’où venaient ces ardoises ? On ne sait. En tout cas, le schiste ardoisier des environs de Cahay est d’excellente qualité et il ne serait nullement étonnant que celle-ci ait été reconnue au début de notre ère déjà.
Les archives ne disent rien à ce propos, à notre connaissance.
Des auteurs signalent comme probable l’exploitation de notre schiste ardoisier aux temps de Rome, mais sans indiquer sur quoi se fonde leur opinion.

( R. DE MAEYER, De Romeinsche villa’s in Belgie, Anvers, 1937, pp.47 et 303 ; C. DUBOIS, Vestiges antiques dans les cantons de Malmedy et de Saint-Vith, dans Folklore Stavelot-Malmedy, 1947, p.14 ; G. JOTTRAND, Vielsalm et ses environs ; C.-J. COMHAIRE, L’emploi de l’ardoise pour couvrir les toitures, dans A.S.A.B. T.XV, 1901, pp.365-372)

Pour Gaston REMACLE, il estime que l’observation soigneuse du thier allant des Quatre-Vents au Gros-Thier perçoit des signes révélant le long passé des exploitations primitives.
C’est que les derniers terrils situés du côté de l’est présentent un aspect fort ancien. Ils ont même été contournés pour une exploitation plus récente, mais encore à ciel ouvert alors que l’exploitation moderne est souterraine depuis un certain temps déjà, et s’est portée davantage vers l’ouest.
L’œil attentif découvre des signes d’une autre valeur encore, des chemins. Le bas du thier, près des plus anciens terrils, apparaît comme un centre de rayonnement, dans toutes les directions, de voies présentant les caractéristiques des chemins des premiers siècles.
Mais un tel centre de rayonnement, de force expansive, ne se justifie que par la présence fort active de l’homme. Ici, seule l’exploitation des couches du thier peut l’expliquer.
Gaston REMACLE croit donc qu’il y a lieu d’admettre, sur base des signes toujours marqués au sol, que la fabrication des ardoises, dans la région de Vielsalm, a été entreprise sur une échelle sérieuse au début de notre ère.

Quant à la pierre dite « à rasoir », et qui se rencontre notamment près de Salmchâteau, les Romains en ont-ils pratiqué l’industrie ?
Les travaux auxquels ils se seraient livrés éventuellement à ce sujet ne pouvaient être importants, vu le peu d’ampleur des endroits d’extraction. On n’en a trouvé aucun vestige. Les archives non plus n’en font pas mention.
Gaston REMACLE précise qu’il n’a jamais rencontré de pierre à rasoir dans un musée archéologique.