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dimanche 17 septembre 2017

Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La chapelle Saint-Roch. En 1959 eut lieu l’inauguration de ladite chapelle, située entre Menil et Arbrefontaine. La précédente avait été détruite à la suite de la bataille des Ardennes 1944-45. On ne connaît pas la date de sa construction, mais elle aurait été érigée à la suite d’une épidémie de peste survenue vers le milieu du 18e siècle. »


Chapelle St-Roch actuelle, construite dans les années 1950.

Si le culte de St-Roch est effectivement associé à l’horrible maladie contagieuse, il n’en reste pas moins que la construction de l’ancienne chapelle est  largement antérieure à la moitié du XVIIIe s.
Les registres de la cour de Salm renseignent le relief effectué, le 07.03.1714, par Paquay TOUBON, d’Arbrefontaine, notamment d’un champ situé près de « la chapelle St Roche ».

Texte de 1714.

Ancienne chapelle, détruite à la guerre.

Situation de la chapelle sur une carte de la moitié du XIXe s.


©Georges BENOIT

vendredi 6 novembre 2009

Burtonville.

SOMMAIRE :


1. Origine de la localité.
2. La population.
3. Les chefs de ménage.
4. Personnages divers.
5. La chapelle. Les desservants.
6. Le presbytère.
7. Deux anciennes fermes importantes.
8. Petites industries.
9. L’enseignement.
10. Faits divers.
11. Les noms de lieux.


1. Origine de la localité

Burtonville n'est pas cité aux dénombrements de 1472, 1495, 1501, 1525, 1561.
Il est mentionné à celui de 1575, et avec cette remarque : « Burtonville qui sont maisons nouvellement érigées ».
Ces faits portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIe siècle.
Le village est né au passage de deux voies fort fréquentées jusqu'à la moitié du siècle dernier. L'une descend vers Sart Hennard et Petit-Thier ; elle conduisait à Stavelot et Malmedy, presque en ligne droite, les habitants de Rogery, Ourthe, Bèche, Cierreux, Bovigny.

L'autre chemin, venant de Vielsalm et Salmchâteau, court vers la direction de Saint-Vith, et le langage local l'appelle toujour « vôye deu saint Vé ».
Une eau de bonne qualité abonde à ce croisement : une fontaine près de la maison Octave, et un ruisselet issu de Laguespré (aujourd'hui capté pour alimenter une grande partie de la commune de Vielsalm).
Rien d'étonnant donc que des habitations se soient établies à cet endroit de passage.
A l'autre extrémité du village, du côté de l'Ouest, de vieux bâtiments pourraient être du XVIIe siècle. Toutefois, l'approvisionnement de ce lieu en eau n'a pu se faire que par un bief artificiel, toujours visible, d'environ 500 m., amenant une partie de l'eau de Laguespré.
Le nom de la localité signifie, semble-t-il bien ; village de Burton. Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIe siècle, comme surnom de « Jehan marteau dicte Burthon », habitant et originaire de l'endroit. Nous pensons que ce terme « burton » est un nom de métier, celui de creuseur de « beur » (terme wallon local signifiant : galerie, fosse, excavation), ou y travailler, activité en rapport avec les fosses et galeries des environs créées pour l'extraction du schiste ardoisier notamment.

(Aux actes de la Cour de Salm (AESTH), on note: « Jehan dict Burthon leur frère » (des enfants Marteau), le 14.3.1579 ; et « Jehan marteau dict le burthon » (AESTH, Cour de Salm, 1614, 22.2., et 1579, 14.5., registres 4.117 V° et 16/53))

2. La population.

Divers dénombrements et recensements donnent 1e nombre de feux ou d'habitants de Burtonville, à diverses dates:

En 1575 : 7 ménages « qui sont maisons nouvellement érigées ».
En 1589 : 6 ménages.
En 1604 : 9 ménages.
En 1611 : 11 ménages.
En 1656 : 12 ménages.
En 1766 : 19 ménages et 97 habitants.
En 1846 : 43 ménages et 210 personnes.
En 1896 : 213 habitants.
En 1900 : 233 personnes.
En 1910 : 208 personnes.
En 1922 : 145 ; la frontière du pays, à l’Est, ayant été déplacée, les douaniers résidant à Burtonville ont quitté la localité avec leur famille.
En 1947 : 104 personnes.
En 1964 : 102 personnes.

(AELUX, Dénombrements de 1589, 1604, 1611, 1656 ; AGR, Dénombrements de 1575 et 1766 ; AC Vielsalm)



3. Les chefs de ménage.

En 1575 :

ISRAËL - Léonard QUELIN - Henry BLAISE - Léonard COLETTE - La vefve Léonard gros HENRY -Georges MARTEAU - Jean le BURTON - Total : 7 ménages.

(AGR, Chambre des comptes, 718)

En 1604 :

Jean LEONARD - Henry BLAISE - Jean FRANÇOISE - ISRAËL - Jean le Buisson - Henry le ROCQ - Jean LEONARD - Colla MIGEAU - Vefve Georges MARTEAU.

(AELUX, Archives du Gouvernement)



En 1611 :

Jean MARTEAU - Guilleaume Henri GERARD - Jean FRANÇOISE - La vefve Matthieu GERARD - ISRAËL - Léonard COLLETTE - La vefve Colla MIGAU - Jean LEONARD - Henry Jean BLAISE - Henry BLAISE.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1656 :

Henry Jean LEONARD - Jean CHRISTOPHE - Jean RENA - Jennon vefve du HOURY - Catherine vefve BLAES - Magdalaine vefve ISRAËL - Servais COUVELIER - Closs WILLEM - Henry le CUVELIER - Henry HOURY.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1766 :

COMTE Gérard, époux de ENGLEBERT Catherine. 9 personnes.
CUVELIER Servais, époux de LEJEUNE Marguerite. 7 pers.
GAYE Hubert. 9 personnes.
RENARD Elisabeth, veuve de BODEUX Jean-Henri, 3 pers.
ISRAEL Jean-Joseph, époux de SCHEUREN Anne-Gertrude. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, époux de Burton Marie-Jeanne. 7 pers.
HOURY Noël, époux de COMTE Anne-Catherine. 6 pers.
RENARD Jean. 4 pers. veuf.
BLAISE Nicolas, époux de PITER Catherine. 4 pers.
CUVELIER Jeanne-Elisabeth, veuve de DEROCHETTE Jean-Henri. 4 p.
CLOSSE Jacques, époux de GERARD Marguerite. 2 pers.
LEBECQUE Henri, époux de Catherine. 6 pers.
JEUNEJEAN Jean, époux de COMTE Marie-Catherine. 10 pers.
WOZ Barthé1emey, époux de HOFFAY Marie-Elisabeth. 4 pers.
BURTON Guillaume. 4 pers.
SCHMITZ Jean, époux de WOZ Marie-Joseph. 5 pers.
NELIS Henri~Joseph, époux de RENARD Marie-Agnès. 4 pers.
RENARD Catherine. 2 pers.
COMTÉ Servais; vicaire. 2 pers.

(AGR, Comité pour le dénombrement du Luxembourg ; RP Salm, baptêmes et mariages).

En 1846 :

COLLIN Marie-Thérèse, 45 ans, veuve Henri-Joseph PAHAUT. 4 pers.
GOFFINET Henri-Joseph, vicaire, 26 ans. 4 personnes.
BURTON Jean, 42 ans, époux de Marie-Catherine ANDRIANNE, 43 ans. 5 personnes.
ERNOTTE Guillaume, 67 ans, époux de Marie-Catherine BRIANT, 53 ans. 5 pers.
FREDRICH Jean-Hubert, 46 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Catherine, 40 ans. 10 personnes.
SCHAUS Pierre, 49 ans, époux de THOMAS Marie-Jeanne, 46 ans. 5 personnes.
SCHMLTZ François-Joseph, cordonnier, 20 ans, époux de SCHAUS Marie-Catherine. 6 pers.
GABRIEL Jean-Pierre, 48 ans, veuf de BONTEMS Marie-Elisabeth. 4 personnes.
BONTEMS Guillaume-Joseph, 48 ans, époux de KLEIN Jeanne. 6 pers.
COUNSON François-Joseph, 37 ans.
GOFFINET Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Pétronille, 36 ans. 6 pers.
ZINNEN Nicolas, 70 ans, époux de SCHMITZ Marie-Catherine, 62 ans. 4 pers.
LABERGER Pascal, 69 ans, époux de HOURY Marie-Catherine, 66 ans. 4 pers.
COMTE Jean-Laurent, 52 ans, époux de LABERGER Marie-Anne, 37 ans. 6 pers.
COMTE Jean- Mathieu, 48 ans, époux de CUVEILLER Agnès, 38 ans. 5 personnes.
HOURY Jean-Henri, 40 ans, époux de SIMETTE Marie-Catherine, 35 ans. 6 personnes.
THOMAS Jean-Mathieu, 41 ans, époux de GREGOIRE Marie-Anne, 26 ans. 4 personnes.
HOURY Thérèse, 53 ans, veuve de Clément-Joseph CUVELLIEZ. 3 pers. DEROCHETTE Guillaume, veuf de BEAUPAIN Marguerite, 89 ans. 5 pers. BONTEMPS Pierre-Joseph, 53 ans, époux de BARTHELEMY Anne-Catherine. 8 pers.
BONTEMPS Antoine-Joseph, 38 ans, époux de BONTEMPS Marie-Thérèse. 7 pers.
BONTEMPS Anne-:Marie, 63 ans, veuve de LESAINT Jean-Antoine. 3 pers.
HOURY Jean-Henri, 64 ans, époux de DEPRELLE Marie-Catherine. 3 pers.
HOUPERTZ Nicolas, 42 ans, époux de HANTZEN Marie-Marguerite. 5 pers.
HOURY Michel, 2 ans, époux de COTTIN Catherine-Thérèse. 3 pers.
PAQUAY François, 49 ans, époux de LIGNOUL Marie-Joseph. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, 25 ans, époux de RENARD Marie-Catherine, 4 pers.
TOUSSAINT Clément, 64 ans, veuf. 2 personnes.
CAHAY Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Madeleine. 5 pers.
RAULET Jean-Baptiste, brigadier-douanier, 35 ans, époux de GUYOT Jeanne-Marie. 5 pers.
DESOIS Théophile, sous-brigadier douanier, 27 ans, époux de GERIN Félicie. 4 pers.
DUBUISSON Henri-Joseph, douanier, 45 ans; époux de JADOT Marie-Thérèse. 6 pers.
LABERGER Nicolas, 44 ans, époux de ISRAEL Marie-Elisabeth. 4 pers.
GABRIEL Jean-Joseph, veuf. 5 pers.
SCHMITZ Jean-Joseph, 53 ans, veuf de CAHAY Marie-Elisabeth. 6 pers.
CAHAY Nicolas, 49 ans, époux de LEMAIRE Catherine. 3 pers.
ADAM Marie-Jeanne, 45 ans, veuve de JACQUEMIN Laurent. 3 pers.
HERMAN Henri-Joseph, 27 ans, époux de PIRARD Marie-Catherine. 5 pers
SCHMITZ Barthélemi, 37 ans, époux de GENGOLFS Catherine. 4 pers.
ANDRIANNE Clément-Joseph, 45 ans, époux de THEIS Catherine. 3 pers.
SCHAUS Thérèse, 65 ans, veuve de COMTE Joseph. 2 pers.
COMTE Louis, 56 ans, époux de RENTMEISTER Marie-Barbe. 5 pers.
LAMBERT Pierre-Joseph, 37 ans, célibataire. 5 pers.
GUILLAUME François-Alexandre, douanier, 32 ans; époux de KEMP Marie-Jeanne, 36 ans, 5 personnes.
COMTE Jean, 64 ans, époux de ISRAEL Anne-Marie, 59 ans. 4 pers.

(AC Vielsalm, Registre de population)

4. Personnages divers.

1655. Hommes capables de porter les armes.

Sevais COUVELIER, 45 ans
Henry COUVELIER , 42
Geore CHRISTOPHE, 19
Jean BLAESE, 25
Henry HOURY, 40
Englebert HOURY, 28

1805. Propriétaires fonciers.

Paul JEANPIERRE, 15,41
Jean HANSEN, 9,35
Nicilas COLLIN, 5,72
Barthélemy BONTEMS, 5,32
Guillaume DEROCHETTE, 25,20
Jean Henry HOURY, 6,23
Héritiers Jean SCHMITZ, 13,35
Henri François MELCHIOR, 6,5
Veuve Nicolas SCHMITZ, 12,95
Aubin SERVAIS, 2,19
Gengoux BONTEMS, 9,94
Jean JEUNEJEAN, 75,3
Nicolas BURTON, 5,37
Paul CAHAY, 8
Nicolas CORNESSE, 100,73
Veuve Jean COMTE, 30,25
Clément ANDRIANNE, 26,69
Jean LESAINT, 12,59
Guillaume ISRAEL, 7,8
Michel SCHMITZ, 1,61
Eustache BODEUX, 5,11
Mathieu BEAUPAIN, 30,10
Henri-Joseph RENARD, 11,92
Noël HOURY, 11,52
Gérard COMTE, 6,93
A. FAVRAY, 0,36
Burtonville, pour ses bois, 26,57

(AEL, Fonds français, 1816. Document du 7 floréal 13, extrait du rôIe foncier de la commune de Vielsalm. Les nombres sont en francs et centimes; ils sont ceux du montant de contribution foncière)



1809, 4 septembre.

HANZEN Jean, 54 ans
COLLIN Nicolas, 51
BONTEMS Jean Barthélemi, 22
DEROCHETTE Guillaume, 49
HOURY Jean-Henri, 29
COMTE Gérard, 54
BERGER Pascal, 34
SERVAIS Aubin, 59
SCHMITZ Michel, 46
BONTEMPS Gengoux, 48
JEUNEJEAN Nicolas, 46
THOMAS Mathieu, 39
CAhay Paul, 59 ans
GABRIEL Godfroid
GABRIEL Joseph
COMTE Joseph, 32
COMTE Jean-françois, 36
COMTE Jean, 26
SCHMITZ Jean, 34
LESAINT Jean-Joseph, 22
ISRAEL Guillaume , 52
BODEUX Eustache, 45
GENGOUX Jean-Joseph, 35
RENARD Henri-Joseph, 46

(AEL, Fonds français, 426)

Conseillers communaux :

Ont été conseillers de la commune de Vielsalm :
FREDRICH Jean-Hubert. De 1840 à son décès, le 27 septembre 1871, à 71 ans.
CLOTUCHE Louis. Né le 22 février 1843. Conseiller en 1876, puis réélu jusqu'à son décès le 16 octobre 1898. Echevin nommé par arrêté royal du 28 juin 1881.
DEROCHETTE Jean-Servais. Né le 24 novembre 1868. Succéda à CLOTUCHE, puis réélu en 1903.
RINCK Camille. Né le 12 juillet 1860. Elu le 15 octobre 1911.
COMTE Théophile. Né en 1879.

5. La chapelle.

Une première chapelle a été construite vers 1703.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913. - Et notes de l'abbé Cél. GUILLAUME)

Son emplacement, le même que celui de l'édifice actuel, était contigu à la propriété de l"ancienne famille CUELIER, celle-ci fort aisée, et le premier desservant de la chapelle fut le fils Pierre CUVELIER. On peut dès lors, raisonnablement penser, de ces faits, que c'est la famille Cuvelier qui a cédé cet emplacement pour la construction de l'édifice religieux, à quelques pas de sa demeure.

(AC Vielsalm, Plans cadastraux)

Monseigneur LIBOY, évêque de Liège, vint la consacrer en 1714.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913)

Elle a été démolie en 1878, pour permettre l'édification d'une nouvelle chapelle; la première avait donc vécu 175 ans. Moins grande en longueur, mais aussi large et haute à l'intérieur que la chapelle actuelle, elle avait un porche extérieur qui en garantissait l'entrée contre pluie et vent.
En 1878, devenue défectueuse, sans doute, elle fit place à une nouvelle construction. Pendant les travaux s'y rapportant, les offices eurent lieu dans la grange du presbytère, les hommes étant perchés sur le fenil, les femmes occupant l'aire. On y avait transporté l'autel d'aujourd'hui, mais sans son couronnement, de même que les bancs, des statues, et le banc de communion, qui servait de balustrade au fenil pour empêcher de tomber. L·unique cloche de la chapelle avait été suspendue à une branche de cerisier où on la mettait en branle pour lui permettre de remplir son office

(Souvenirs recueillis auprès de personnes âgées, et notes de Cél. GUILLAUME)

La nouvelle chapelle, l'actuelle, ne manque pas de beauté, étant bien proportionnée, de style dans toutes ses parties. Les murs sont en pierre d'arkose, extraite des environs , au lieu-dit « Les fosses » ; les encadrements des fenêtres et des portes sont en pierre blanche de France. Malheureusement, on ignore le nom de l'architecte : créateur des plans de l'édifice.
Le meuble le plus intéressant de la chapelle en est le magnifique autel. C'est l'autel de la première chapelle. Il est du maître-menuisier Thomas SCOLLE, de Saint-Vith.

(AELUX, requêtes au Conseil provincial, liasse 215. SHOLL effectua ces ouvrages à la demande de Jean CUVELIER, de Burtonville (requête du 4 mai 1720)).


Un tableau de bonne facture, représentant la résurrection du Christ, figure entre les colonnes à chapiteaux corinthiens surmontant la table d'autel.
Dans l'entablement de l’autel, une statue en bois, de saint Fiacre, patron de la chapelle. De chaque côté de l'autel, surmontant les portes de la sacristie, une statue de saint François d'Assise, du côté de l'Epître, et une statue de saint Ignace du côté de l'Evangile ; ces deux saints étant les patrons secondaires de la chapelle.
Autres statue s: dans le chœur, de Notre-Dame de Lourdes, et du Sacré-Cœur ; puis, à d'autres endroits, de saint Joseph, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Monon, et saint Donat.
L'Agneau symbolique de l'Apocalypse en cuivre doré, qui se trouve sur le devant de l'autel, y a été placé par l'abbé FRAITURE.
Le chemin de croix a été donné par la famille DHAENENS, de Saint-Nicolas-Waes, laquelle a des propriétés dans le voisinage.
Il a été bénit le 19 novembre 1911 par l'abbé HALLET, curé-doyen de Vielsalm.
Les cloches. une vient de la première chapelle. La seconde, « Marie », qui donne le mi-bémol, en haut, est une ancienne cloche de Ville-du-Bois et a été rachetée en 1884 quand on renouvela le clocher de Ville-du-Bois.

En 1930, l'autel de la chapelle et même la chapelle faillirent être la proie des flammes, par suite d'une imprudence des enfants de chœur. La partie endommagée de l'autel fut restaurée dans d'excellentes conditions par les frères Alfred et Louis OCTAVE, de Burtonville.


Les desservants de la chapelle.

Voici quels ont été les prêtres vicaires de résidence à Burtonville, et connus :

- CUVELIER Pierre, né en 1650 à Burtonville, fils de Henri et Catherine. Vicaire jusqu’à son décès le 7 octobre 1722.
- GERARDY Georges, cité en 1724.
- LATOUR Jean-François. 1735-1738.
- BILLIARD Nicolas. Cité en 1754. le 11 novembre 1754, signe le testament de Guillaume BAPTISTE de Neuville. (CS 1749-1763/316)
- COMTE Servais, cité au dénombrement de population de 1766. Né le 25 avril 1719, fils de Henri et de Catherine. Décédé le 26 juillet 1782 à Vielsalm.
- ISRAEL Jean-Henri, de Burtonville. Né le 7 janvier 1726, fils de Guillaume et d’Anne-Marie ENGLEBERT. Décédé le 5 août 1793.
- RAPHAEL Jean-Baptiste, de Vielsalm. Né le 1er septembre 1731, fils de Jean et de Barbe-Catherine. Décédé le 23 décembre 1802.
- BREYRE. Cité en 1804.
- MICHEL Bertrand-Joseph, de Neuville. Baptisé le 28 janvier 1755. Fils de Bertrand, et Jeanne-Thérèse DAIROMONT. Cité en 1804 et 1807. Décédé le 22 octobre 1807.
- GOFFINET Henri-Joseph, de Dochamps. Né en 1820. A Burtonville à partir de 1845.

La présence d’un vicaire à Burtonville a été interrompue à plus d’une reprise, notamment de 1880 à 1910.

- RASKIN. Jusqu’en 1880. Retraité à Soy-Fisenne.
- BAUREK Jean-Marie. Du 4 novembre 1910 à 1912. Né à Les Bulles. Parti à Gomery.
- AUBRY Alphonse. Né à Moircy le 28 octobre 1886. Décédé à Resteigne le 11 janvier 1973. A Burtonville de 1912 à fin 1918, puis curé à Neuville.
- SELECK Nicolas. Né à Odeigne. A Burtonville en 1924, parti à Chêne-al-Pierre.
- VERDAY Hubert. Né à Harre le 28 janvier 1893. Ordonné le 26 mars 1921. A Burtonville en 1924, puis à Courtil-Bovigny en 1925. Décédé à Moscou (URSS) le 3 septembre 1977.
- FRAITURE Servais. De Goronne. Parti à Rogery.
- GUILLAUME Célestin. Né à Courtil-Bovigny le 15 janvier 1868. A Burtonville de 1931 à son décès le 28 décembre 1944, à 9 h. du matin. Enterré à Courtil, mais d’abord en son potager, au cours de l’offensive des Ardennes.


6. Le presbytère.

La première chapelle, de 1703, occupait l’emplacement de la chapelle actuelle, et orientée comme elle.
(Notes de l’abbé Célestin GUILLAUME)

A côté, vers le Sud, était une maison vicariale ; vrasemblablement pour le moins aussi âgée que la chapelle, elle fut démolie en même temps que celle-ci, en vue de la construction d’une nouvelle chapelle en 1878.

(Plans cadastraux de la commune de Vielsalm)

toutefois, peu auparavant, le desservant local avait pu disposer d’une autre maison vicariale, nouvellement construite, et certainement plus confortable.

Celle-ci était le résultat d’une donation à la Fabrique d’église, par Henri-Joseph BONTEMPS, originaire de Burtonville, curé de Xhoris, et selon son testament du 2 octobre 1871.

(Acte notaire LEURQUIN, de Liège. Donation approuvée par arrêté royal du 20 avril 1873, et comportant d’autres biens immobliliers que la maison vicariale, et à charge de célébration de messes (RP Vielsalm). Henri-Joseph BONTEMPS était né à Burtonville le 28 février 1796. Etait fils de Barthélemy BONTEMPS et Marie-Catherine HOURY.)

Avant la destruction du premier presbytère et lors de la construction de la chapelle actuelle, on célébra les offices durant quelque temps, dans la grange, les hommes perchés sur le fenil, les femmes occupant l’aire.

Comme on peut le constater actuellement encore, le presbytère actuel, tout en restant proche de la chapelle, s’en écarte toutefois un peu ; il n’a donc pas été construit sur l’emplacement de l’ancien.

Après le décès de l’abbé Célestin GUILLAUME, dernier desservant, le 28 décembre 1944, le bâtiment est resté longtemps inoccupé, ayant d’ailleurs été endommagé lors de l’Offensive des Ardennes, puis, finalement, il a été vendu publiquement avec le terrain d’aisance, le 10 novembre 1972, pour 365 000 frs., à Mr. CHOQUE.

7. Deux anciennes fermes importantes.

Deux groupes de bâtiments importants d’exploitation agricole sont à remarquer à Burtonville : celui qu’occupe la famille BAILLY, et celui de la ferme ANTOINE.

Le premier montre, sur le mur longeant le chemin, une pierre portant la date de 1765.

En 1766, y habite « Jean Jeune Jean senior, marchand ». Il est, à ce moment, propriétaire d’un bien important. Originaire de Ville-du-Bois, né le 18 mars 1709 (fils de Paul et Anne REMACLE), il a épousé, le 3 août 1738, Marie-Catherine COMTE, de Burtonville, originaire d’une autre maison de Burtonville (née le 21.2.1712, fille de Jean, et Catherine CUVELIER). D’autre part, la date de 1765 figure en évidence sur une pierre du bâtiment. Ces faits permettent d’en déduire, sans doute, que JEUNEJEAN aura été le constructeur du bâtiment et peut-être sur un bien de la famille COMTE.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 11 de Burtonville)

Après lui (décédé le 5 mars 1777), selon des souvenirs de famille et des sources documentaires, le bien est resté longtemps dans sa descendance. D’abord lui a succédé son fils prénommé Jean également (1739 – 1819), marié le 21.11.1764 à Marie-Catherine MIGEAL, puis le fils de ceux-ci, Jean-Nicolas (1765 – 1830), époux de Elisabeth SCHNEIDERS ; puis les deux filles de ces derniers, qui se partagèrent l’immeuble pour en faire deux demeures : Anne-Catherine (épouse de François-Joseph DANTINE), et Marie-Catherine (épouse de Jean-Hubert FREDRICH).

La part d’Anne-Catherine a été vendue par les enfants de la propriétaire, le 28 janvier 1845, ce à Jean-Aubin MICHEL, de Stavelot, pour 4 660 frs, puis est passée plus tard en d’autres mains.

(Acte du notaire DENIS, Vielsalm)

la part de Marie-Catherine, la principale, est restée dans sa descendance jusqu’aux environs de 1950, et a été achetée par l’occupant actuel, BAILLY Jacques-Joseph, auparavant à Christine PONCELET.

L’autre bâtiment important de Burtonville est celui qu’occupe actuellement le fermier ANTOINE, locataire.

Au début du XVIIe siècle, s’établirent, à Burtonville, les frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, nés respectivement en 1610 et 1613. (Ils ont respectivement 45 et 42 ans en 1655 (AEA, Hommes capables de porter les armes).
Défricheurs et travailleurs, sans doute, ils arrivèrent à constituer un bien immobilier d’importance, effectuant même la fabrication et le transport de « potasse ».

(AEA, Dénombrement de 1656)

Petits-enfants de Servais, et enfants de Jean et Catherine, Jean (1668 – 1742), Catherine (1666 – 1749) et Eve ( 1679 – 1743) se partagèrent la succession de leurs parents en 1713.

(AELUX, Cons. prov. Requête du 4.2.1719, liasse 211)

Catherine, épouse CORNESSE, de Stavelot, eut la moitié des biens, et le reste finit par aller à Eve, puis de celle-ci, célibataire, à son filleul Nicolas-Jacques CORNESSE (né en 1706) de Stavelot, puis à un fils de ce dernier, c’est-à-dire Nicolas-Denis CORNESSE.

En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait notamment environ 15 hectares de terres labourables et 12 de prairies. Elle était louée à un censier pour 130 écus annuels.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 15 de Burtonville)

Le 10 avril 1810, Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville, puisque à cette date il est repris comme tel à une liste de contribuables de Burtonville, et avec sa cote d’imposition qui était la plus forte de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.

(AEL, Fonds français, liasse 1191)

Vers 1820, acheta le bien Jean-Baptiste BURNAY, de Courtil-Bovigny, mais établi à Lisbonne (Portugal). Son beau-père, Mathieu BEAUPAIN, de Cierreux, assurait la gérance du bien., le louant, le 2 novembre 1823, à Godefrin MARQUET, de Rogery, pour 219,24 florins annuels. Bail renouvelé le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. Par an.

(Acte notaire Pierre-Joseph JACQUES, Vielsalm)

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général français retraité à Bruxelles. Il loue la ferme pour trois ans, à raison de 600 frs. Par an. Le 24 décembre 1836, il achète le bien pour 21 164 frs. Fin 1840 déjà, la propriété de NIELLON était à vendre, par expropriation forcée.

(Journal L’écho du Luxembourg, du 2 décembre 1840, qui donne le détail des immeubles à vendre)

Acheteur : Toussaint-Joseph LAMBERT, de Hourt-Grand-Halleux, ingénieur à Gand.

(On le retrouve comme propriétaire à L’Atlas des chemins vicinaux, de Vielsalm, de 1844 (au secr. Comm. de Vielsalm))

Nouvelle vente en 1862, ce à Théodore PETY de THOSEE, président de la Cour d’appel de Liège ; il dirigeait alors lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme.

(Archives du cadastre, Vielsalm)

En 1871, devient propriétaire, Adèle, fille de Th. PETY de THOSEE, épouse Adolphe MAILLET, d’Avenailles, et décédée en 1879. Montant de la vente : 55 000 frs.

A. MAILLET-PETY étant décédé en 1879, la propriété passe à sa fille Catherine-Julia, chanoinesse au monastère de Berlaymont. Le 25 mars 1889, cette dernière vend le bien, pour 55 000 frs. A Marie-Catherine ARRASSE (1838 – 1897), épouse TOUBON Jean-François, de Menil-Arbrefontaine.

(Archives de l’Enregistrement, Vielsalm)

La descendance de M.C. ARRASSE est toujours, actuellement, propriétaire du bien, en la personne de Mme DUSSART-GEORIS, de Vielsalm.

N.B. Sur cet immeuble, voir aussi G. REMACLE, Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville, dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4.

8. Petites industries.

Le recensement des manufactures en Luxembourg, de 1766, note la présence à Burtonville d’une fabrique de potasschen (à l’aide de cendres de bois), depuis 1756.

Une seule personne, mais dont on ignore le nom, s’en occupait.

La production en était de 25 000 livres, annuellement, évaluée à 420 florins ; elle s’écoulait en Brabant, en Flandre, par transporteurs et attelages.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)


Brasserie. Les souvenirs ont rappelé la présence, près de la ferme ANTOINE actuelle, d’un petit bâtiment pourvu d’un ancien matériel de brasserie.
De fait, Jean CUVELIER, qui habitait l’endroit à ce moment, à fourni, en février 1687, « une tonne de bière » au curé de Salm, pour paiement à l’occasion d’un décès, de « Henri le Houri » de Burtonville.

(RP Salm, décès)

Tannerie. Le recensement des manufactures, de 1766, signale l’existence à Burtonville, depuis 1753, d’une petite tannerie, dépendant du propriétaire à ce moment – c’est-à-dire Nicolas CORNESSE, de Stavelot – de la ferme ANTOINE actuelle.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)

En fait, selon des documents de l’époque et certains souvenirs, le travail des cuirs, qui avait besoin d’eau, se faisait à Beaufays en des bâtiments aujourd’hui démolis et que nous avons encore vus, près de la maison TALBOT.

En 1766, la tannerie occupait 16 cuves, et tannait annuellement 6 000 livres de cuir à semelles, évaluées à 3 000 florins. Les cuirs finis étaient entreposés à Burtonville même, dans un bâtiment qui subsiste encore, en face de la ferme ANTOINE ; et, dit le document de 1766, le débit s’en faisait « partie à Francfort et partie en France » ; le transport vers ces endroits devait se faire nécessairement par attelage de chevaux.

Un moulin à tan, à moudre les écorces de chênes, se trouvait en amont de la tannerie, et depuis 1753 également. Il payait annuellement 2 florins 2 sols au comte de Salm pour le coup d’eau .
(D’après notamment document AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

A la fin du siècle suivant, le petit bâtiment de ce moulin a été agrandi et transformé en maison d’habitation. La mouture des écorces s’est alors effectuée près de la tannerie, l’établissement d’un moulin à tan y ayant été autorisée par le Conseil communal le 22 avril 1889.

Vers 1815, la famille CORNESSE vendit ses biens de Burtonville et environs à Jean-Baptiste BURNAY, de Bovigny, gendre de Mathieu BEAUPAIN qui, de Burtonville, venait de s’établir à Cierreux. Pau après, l’existence d’une tannerie, sous le nom « d’usine » est bien signalée à Beaufays en 1839 déjà, et appartenant à la famille BEAUPAIN ; celle-ci l’exploitait encore en 1917, mais elle cessera son activité peu après.

(Des fournitures d’écorces de chêne pour fabrication de tan ont encore été effectuées en 1917 par des personnes de Ville-du-Bois et que nous avons vues travailler à l’écorçage des chênes. La tannerie payait les écorces à 11 frs les 100 kgs, à ce moment-là. Le dernier ouvrier tanneur à Beaufays a été Henri-Joseph REMACLE (né en 1859) de Ville-du-Bois.)

Les environs de Burtonville, à l’Est et au Sud, et jusque dans la partie boisée vers Beaufays, sont parsemés d’une quantité de blocs d’arkose.

Parmi eux, nous avons découvert un grand nombre, plus de septante, de meules de moulin circulaires, en arkose, à différents degrés d’achèvement, ainsi que bien des déchets du travail de taille de pierres qui ont été probablement enlevées après achèvement. Vu leur type et leurs dimensions, ces pierres ne peuvent que se rapporter à une industrie des premiers siècles de notre ère.

Dans la même région, nous avons trouvé également, gisant sur le sol, quelques petites meules ovoïdes, de même nature, et de type préhistorique.

(Cfr. G. REMACLE, Les meules en arkose de la région de Salm, dans Ardenne et Famenne, 1960)

Les hommes qui ont taillé ces pierres, en quantité, devaient certainement avoir leur habitation non loin de leur travail. Etait-ce, du moins partiellement, au site devenu Burtonville ? On l’ignore.

La fabrication de « potasse » (potaschen) a aussi occupé autrefois quelques personnes de Burtonville.

Il s’agit d’un produit provenant de cendres de bois, dont le lessivage donne ces carbonates impurs, utilisés en savonnerie, chamoisage des peaux, blanchiment, etc.

Le dénombrement de 1656 note que « Servais Couvelier » de Burtonville est « faiseur de potasse ».

(AELUX)

En 1766, le rencensement des manufactures au comté de Salm note aussi, pour Burtonville, la fabrication de potaschen, depuis 1756, pour une quantité de 2 500 livres évaluées à 420 florins, et que le débit de ce produit s’en faisait en Brabant et en Flandre.

(AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

Nous avons vu, venus de familles de Burtonville, plusieurs blocs de pierre dite « de Prüm », de nature sableuse, creusés en forme de réservoirs et qui, de tradition, servaient de dépôt pour la potaschen ; le plus grand portait la date de 1763.

9. L’enseignement.

C’est à partir de l’application de la loi scolaire du 23 septembre 1842 que Burtonville comporta une école primaire publique ; l’administration communale de Vielsalm la créa à ce moment, ainsi qu’en d’autres sections de la commune. Auparavant, l’école la plus proche de Burtonville était à Neuville, créée par l’Administration communale de Vielsalm pour Neuville et Burtonville, à partir du 1 décembre 1828.

Instituteur désigné : MICHEL Henri-Joseph, de Neuville (né le 4 octobre 1799), au traitement mensuel de 92 florins (environ 190 francs) dont il fallait déduire 10,97 florins pour bois de chauffage de l’école.

L’école devait se tenir à partir du 1er décembre (plus tard, à partir du 15 novembre) et jusqu’au 30 juin de l’année suivante. En été, les enfants qui le désiraient, pouvaient alors fréquenter l’école de Vielsalm qui, elle, était permanente sauf en septembre.

L’application de la loi organique de l’enseignement primaire, du 23 septembre 1842, modifia sans doute quelque peu la tenue de l’école. Comme dans les autres sections de la commune, il y eut désormais à Burtonville une école primaire permanente, et communale. Elle était mixte, et tenue par un instituteur.

Voici le nom des membres du personnel enseignant de Burtonville :

- COUTURIER Antoine, de Tavigny. Epousa, en 1846, 13 juillet, Marie-Thérèse SCHMITZ, de Burtonville, et devait donc, à ce moment, résider à Burtonville depuis quelque temps déjà. Démissionna en 1848, à l’âge de 24 ans.
- COLLIN Jean-Félix, de Tavigny. Né le 20 décembre 1824. Nommé le 28 février 1848. En fonctions jusqu’à septembre 1882. Avant sa nomination, il exerçait déjà depuis trois mois, ses fonctions, provisoirement. Epousa Catherine-Joseph GABRIEL, de Burtonville, le 10 octobre 1849.
- SERVAIS Jean-François-Adolphe, de Rettigny. Nomé le 15 septembre 1882. En fonctions jusqu’à fin 1903. Décédé à Petit-Thier.
- SERVAIS Gustave. Fils du précédent. Nommé le 18 février 1906. En fonctions à Burtonville jusqu’à 1920. En fonctions temporaire au début de 1905. Parti pour Géromont-Malmedy.
- SANTKIN Léopold, de Bèche. Nommé le 27 mars 1920. Démissionna en 1923, et nommé à Bèche le 1 juin 1923.
- GERARD Gabrielle, de Wanne. Intérimaire désignée le 7 juillet 1923.
- MALCHAIRE Firmin, de Neuville. Nommé le 20 octobre 1923. Transféré à Ville-du-Bois en 1937, l’école de Burtonvile étant supprimée.

La maison d’école a été bâtie vers 1850. Auparavant, et durant quelque temps, l’ancienne maison vicariale a servi d’école, ont rapporté des souvenirs de personnes âgées.

Le 18 janvier 1848, les habitants de Burtonville désirant faire construire une salle d’école et à leurs frais, demandèrent à l’administration communale de Vielsalm de pouvoir exploiter, au profit de la dite salle d’école, la coupe ordinaire de bruyères de 1847 se trouvant dans le Grand-Bois, sur la parcelle de la section, cette coupe n’ayant pas été exploitée.

(Les notes qui précèdent sont basées notamment sur des donées des archives communales de Vielsalm, et sur des informations recueillies par nous auprès de personnes âgées de Burtonville à l’époque, dont notamment l’abbé Cél. GUILLAUME, vicaire de l’endroit.)

10. Faits divers.

En 1766, le bétail agricole de Burtonville comportait, pour les 19 ménages de la localité : 20 chevaux, 124 bêtes à cornes, 240 moutons, 18 porcs.

(AGR. Comité pour le dénombrement du Luxembourg, n°86)

Après la construction de la voie du chemin de fer Saint-Vith-Vielsalm, en service actif de 1917 à 1940, une gare exista entre Burtonville et Beaufays, et dénommée de « Burtonville ».

Après la suppression du trafic ferroviaire, à partir du 10 mai 1940, des ponts sur la voie ayant été détruits ce jour, peu à peu les déprédations au bâtiment de la gare ont fini pa la démolir.

En février 1906, des voleurs s’étant introduits en la chapelle de Burtonville, ils y enlevèrent le contenu des troncs, comme ils le firent également à Neuville.

(Journal « L’Organe de Vielsalm », 11 février 1906)

Au cours de difficultés religieuses de la fin du XVIIIe siècle, sous le régime français, un prêtre, parent de la famille se cacha en la maison de Jean-Nicolas JEUNEJEAN, actuellement maison BAILLY. Il y occupait une pièce, fermée, dont l’accès était interdit aux serviteurs de la maison.
Mais une servante, curieuse, regarda par le trou de la serrure et vit, étonnée, le « priesse » lisant son bréviaire. Elle ne résista pas à l’envie de divulguer la chose ; le prêtre dut alors chercher une autre résidence.

Il s’agit vraisemblablement de l’abbé Jonas SCHNEIDERS, ou Jean-Jacques GRITTEN, respectivement cousin et oncle d’Elisabeth SCHNEIDERS, épouse de Jean-Nicolas JEUNEJEAN.

(Souvenirs de famille)

Des traces d’une maison subsistent au Sud de Burtonville, dans le bois des « Bouchons ». Aucun recensement n’en fait mention.

On peut penser qu’il s’agit de la demeure des « Jean des Buissons » et « Léonard des Buissons » son père, signalée plusieurs fois au début du XVIe siècle aux registres de la Cour de Salm.

(AESTH, Cour de Salm)

Le 19 février 1844, Jean-Hubert FREDRICH, de Burtonville, acheta, à Nicolas ENGLEBERT, cet endroit, « place d’un vieux bâtiment avec les décombres, ainsi que les terrains y annexés d’une contenance d’environ onze ares, pour le prix de vingt francs ».

(Acte notaire DENIS, Vielsalm)

Au début de 1905, une société d’agrément se constitua à Burtonville, sous le nom de « L’aurore ».
(Organe de Vielsalm, 15 janvier 1905)

Elle a fêté joyeusement son cinquantième anniversaire en juin 1956.
(Pays de Salm, 3 juin 1956)

Le canton de Saint-Vith, auparavant était du duché de Luxembourg, ayant été annexé à l’Allemagne après 1815, un service de douanes fut établi à la nouvelle frontière.

C’est ainsi que, plus tard, un poste de douaniers exista à Burtonville. Voici quelques noms d’agents de ce poste :

En 1846 :

LEPORCQ Isidore-Joseph, 36 ans, né à Pesches le 13.6.1816.
COUNSON François-Joseph, 37 ans. Entré en 1845. Né à Vaux de Bodeux en 1809.
RAULET Jean-Baptiste, 35 ans. De 1844 à 1848. Né à Saite-Cécile en 1809.
DESOIS Théophile, 36 ans. De 1836 à 1867. Né à Sart-la-Buissière le 22.9.1819.
DUBUISSON Henri-Joseph, 45 ans. De 1843 à 1848. Né à Bonsin.
GUILLAUME François-Alexandre, 32 ans. En 1842. Né à Chantemelle en 1810.

(Registre de population de Vielsalm)

Plus tard, on relève d’autres noms :

BIOT Hubert. Etait à Burtonville en 1893.
FOGUENNE Emile, en 1900.
MACHUROT Léopold, 1901.
PETIFRERE Gustave, 1903.
CHWINNEN Jean-Pierre, 1905.
LAMBERT Jules, 1908.
ROBERT Nicolas-Joseph. 1908.
SEVRIN Alphonse, 1911.
LACHENAL François, 1911.
NEYENS Joseph, 1914.
WINKIN Camille, 1915.
DERNIVOY Aimé, 1917.
KOOP Henri-Joseph, 1920.
HUBERT Alphonse, 1923.

Après la guerre de 1914-1918 et le déplacement de la frontière à l’Est, le poste de douaniers de Burtonville a été supprimé.

(Registre de fréquentation scolaire de Burtonville, qui donne le nom des parents dont les enfants fréquentaient l’école du lieu)

11. Les noms de lieux.

Beurtonvèye
O mayârt sârt
O grand prî
Drî lès rowales
O pachis
O l’acin
O l’raspaye
O l’bayâde
Divant l’bwès
Drî mon blâse
Tchan mitchî
Vôye dès grands prîs
Prî Dumont
Ozès longs sârts
Dizo l’fayi
O l’fagne
A bwès Vincent
Tère do sègneûr
Noû tchan
Dizo lès hèsses
Prî r’bâ
A mon Yanne
Ozès èreus
Prî Bosquèye
Vôye di Saint-Vé
Vôye di C’mansteur
Vôye di Rodj’rî
A laguès’prï
Drî lès rowales
O pachis
A mo Mitchî
Tchan grand Henri
Tchan dès cènes
A l crû tchan Pîre
Tchan Maintelette
A sainfoin
Prî do maire
Azès trôs d’sâvion

(D’après le langage local)


Gaston REMACLE

dimanche 4 octobre 2009

La paroisse de Salm-Vielsalm.

(publié le 21 décembre 1978)

Il y a bien des siècles déjà qu’un centre paroissial s’est créé à l’endroit devenu Vielsalm ; mais on ne sait quand. Il s’agissait alors d’une grande paroisse régionale.

Un document de 1131 mentionne l’existence de l’ « ecclesia de Salmes » ; c’est à propos de redevances dues par cette église à l’abbaye de Stavelot. Sans nul doute, cette église de Salm est l’ancienne paroisse de Salm qui a subsisté jusqu’en 1803.
Ainsi signalée en 1131, elle existait alors déjà depuis longtemps, certainement, et sa création ne peut être due qu’au travail apostolique des moines de Stavelot.
C’est vers 650 que l’abbé Remacle et ses compagnons s’installèrent à Stavelot et commencèrent sans tarder l’évangélisation de la région.

Cette paroisse de Salm était fort grande. Elle comprenait les territoires des actuelles communes de Grand-Halleux, Petit-Thier et Vielsalm, de même que les villages de Goronne, Cierreux et Commanster. Elle avait ainsi pris les limites de deux anciens domaines contigus. On ne sait quel a été son nom à son origine ; celui de « Salm » n’a pu lui être attribué qu’après la création du comté de même nom.

Pendant longtemps, cette ancienne paroisse ne comporta qu’un seul édifice du culte, chapelle ou église, que tous les paroissiens rejoignaient en temps opportun.
Dès le début, une église s’est-elle fixée à l’endroit devenu Vielsalm, désert à ce moment-là ? Ce n’est pas certain, et nous pensons que, édifiée non loin toutefois, elle n’y est venue qu’après quelque temps avec la naissance du comté de Salm vers l’an mille, et une nouvelle autorité civile dans la région.
Au cours des siècles, l’augmentation de la population notamment devait rendre l’église paroissiale trop petite, et d’accès trop éloigné pour bien des personnes. Aussi vit-on peu à peu des communautés villageoises en expansion s’efforcer d’avoir chez elles un édifice du culte également, avec un vicaire écolâtre, ce avec l’accord de l’autorité religieuse. Ainsi, Grand-Halleux eu sa chapelle déjà avant 1430, Goronne en 1691, Commanster en 1683, Salmchâteau en 1725, Burtonville en 1703, Petit-Thier en 1704, Cierreux en 1704, Ville-du-Bois en 1766.

La paroisse actuelle de Vielsalm est née en 1803, du démembrement de l’ancienne paroisse et à la suite du concordat napoléonien de 1801.

La nouvelle organisation des paroisses fit aussi de Vielsalm le centre d’un doyenné du même nom.

Cette nouvelle paroisse de Vielsalm ne comprit plus Cierreux, Goronne, Grand-Halleux, Petit-Thier, Salmchâteau. Plus tard, elle perdit encore Commanster en 1835, Ville-du-Bois en 1842, Neuville et Burtonville en 1913.

La paroisse de Vielsalm, ainsi que toutes celles du canton, sont passées le 15 janvier 1843 au diocèse de Namur, alors que précédemment, la région avait toujours fait partie du diocèse de Liège.

Gaston REMACLE

dimanche 20 septembre 2009

Notes historiques. Regné-Bihain (2).

(publié dans Pays de Salm, le 13 décembre 1953)

Notre première pensée sera de visiter l’église. Dédiée à Saint Benoît, elle a été érigée en paroisse en 1857. M. l’abbé KARENHOEVEN fut le premier desservant. On compte dans la paroisse, 300 âmes environ.

La chapelle primitive aurait été édifiée en ce lieu en l’an 1715, avec la permission du Grand Vicaire de LIBOIS du chapitre de Liège. Cette chapelle dépendait de la paroisse de Bihain.

Le 4 février de la même année, un certain nombre de manants de Regné comparurent devant la Haute Cour de Malempré où ils reçurent l’autorisation de pouvoir faire célébrer dès ce moment, l’office de la messe.

Sire Jean GOBAUSSE, curé de Bihain, fut avisé officiellement de la promulgation de ce décret daté de Luxembourg, le 14 mai 1718. La consécration de la chapelle par Mgr Jean-Baptiste GILLIS, évêque suffrageant de Liège, eut lieu le 27 juin 1730.

Le maître-autel, que nous avons vu avant les évènements, est assez intéressant, dominé par une belle statue de St Benoit. À gauche et à droite du tabernacle, deux tableaux en bois sculpté représentent les disciples d’Emmaüs et le sacrifice d’Isaac.

On peut voir une chaire de vérité dont les panneaux portent les effigies des quatre évangélistes, très artistiquement sculptés.
Quelques statues complètent l’ornement du sanctuaire. St Clément, patron des carriers ; St Antoine, deuxième patron de l’église ; Ste Philomène ; Ste Thérèse de l’Enfant Jésus ; la Ste Vierge ; St Joseph, Notre Dame de Lourdes, etc.

Dans un document de 1343 (cartulaire Houffalize), on y lit :
« Collin de Raignez qui releva à Stavelot le fief qu’il avait acquis de Lambert, mari de Marie de Malmepré… ».


En 1469, on écrivait « Regnez ». dans un acte relatif à la chapelle de Verleumont, il y est cité « Reigné », (1722).

Quant à l’étymologie, voici ce que nous trouvons chez TANDEL : Regné- Ré indique un ruisseau. Gnez ou Gné sont des formes de « grez » et désignent une demeure.

Les vicaires connus, du moins les plus anciens, sont :

Maître HENEN, 1721.

Léonard REMY, 1725.

Hubert COLIN, Jean MICHELS, 1729,1731.

Pierre LOSTE, de Salm, 1735.

N. LEMAIRE, 1736.

Jean-Marie, 1741.

N. GEORIS, 1745.

Severin de HARRE, 1747 – 1754.

J.-F. CHARPENTIER, 1754 – 1773.

A.-H. Léonard, 1779 – 1788. Etc.


Une ancienne statistique révèle qu’en 1793, Regné comptait trois maisons de laboureurs, douze maisons de première classe, treize de seconde et quatre de troisième.

En 1891, la population était de 265 habitants et il y avait 62 maisons. En construisant la route de La Roche à Vielsalm, on a retrouvé les ruines assez nombreuses d’anciennes habitations.

Le « Mont » des forges de jadis rappelle cette industrie qui se trouvait au pied de la colline. Aujourd’hui, on voit encore des tas de résidus de charbon, de morceaux de fer et de verre.

Quelques familles prétendent que les âtres qu’elles possédaient ont été fabriquées à ces forges. Ces âtres datent de 1600 et portent l’inscription suivante :
« Dominus mitri auditor, 1600 ». De chaque côté de l’âtre se tient un énorme lion (à voir au musée archéologique d’Arlon).

On rencontre encore à Regné plusieurs vieilles fermes authentiques, respirant un air d’autrefois. Néanmoins, l’ardoise a vaincu la paille et le cachet est sensiblement modifié. Les habitations aux murailles schisteuses d’une tonalité noirâtre caractérisent bien le « Haut Pays ».

Si l’on remonte la route vers le plateau, à quelques kilomètres, on jouit bientôt d’un immense panorama infiniment intéressant, mouvementé, dont les multiples lignes se profilent dans un horizon des plus étendu et sans limite précise.

Regné, affirme-t-on, doit son nom à un roi scandinave appelé « Régnier » et qui avant les Romains et sous ces maîtres du monde, servait de faubourg à « Bisange » (Bihain).

Ch. PIERARD

samedi 19 septembre 2009

Notes historiques. Fraiture (3).

(publié dans Pays de Salm, le 11 juillet 1954)

Nous n’avons pas sous la main le chiffre de la population de Fraiture pour 1953. On comptait en 1940, 70 hommes et nonante femmes : total de 160 habitants.

En 1793, selon E. TANDEL, il existait trois laboureurs, onze maisons de première classe, treize de seconde, quatre de troisième.

En 1891 : 163 habitants ; 28 maisons, 25 laboureurs, un cordonnier, un couvreur, un fileur de laine, deux menuisiers, deux personnes hors d’état de gagner leur vie, et un membre du clergé séculier. 30 granges et 46 écuries.

À cette époque, la paroisse de Fraiture dépendait de Bihain et du décanat de Stavelot.

L’église date de 1763, la tour de 1830, le presbytère de 1849 et l’école de 1866. L’église, comme on le sait, a tout particulièrement souffert de la guerre, endroit où des combats d’une extrême violence se déroulèrent.



Après les évènements, on songea à restaurer l’édifice, mais on ne s’y appliqua qu’imparfaitement. Des plans ont cependant été dressés et soumis à la commission des monuments et des sites qui les approuva. Il s’agissait de conserver certains aspects de la tour assez originale.
Sur ce point, complet accord. Les travaux, nous dit-on, seraient entrepris au cours de cette année.

Le patron de l’église est Saint Hilaire de Poitiers dont la fête se célèbre le dimanche qui suit le 14 janvier.

On signale qu’il existait une chapelle au 17me siècle ; il y est fait allusion dans des actes de 1604 et 1704. C’est seulement depuis 1808 que Fraiture est le siège d’une paroisse.

Citons quelques vicaires ayant été en fonction avant cette date :

Jean Mathieu LÉONARD, de La Vaux lez Lierneux, en 1708.

Maître LÉONARD, de Regné, au commencement du 18me siècle.

Jean MICGAELIS, cité le 3 mai 1722.

Jacques François MACORPS, cité le 25 juillet 1726.

Pierre DECROTIER, cité le 30 juin 1733 et le 26 avril 1735, mourut le 27 janvier 1739 et fut enterré dans la chapelle de Fraiture.

Henri MARTINI, de Limerlé, cité le 19 septembre et le 23 novembre 1738, mourut le 6 décembre 1738 et inhumé dans la chapelle de Fraiture.

N. HEURAY, vicaire, 1740.

Jean CANARD, cité le 26 avril 1747 et le 20 mai 1758, mourut à Fraiture le 5 novembre 1770, à l’âge de 88 ans.

Henri LÉONARD, 1769 – 1777.

Jean Bernard GUILLEAUME était vicaire de Fraiture en 1781 et 1789.

Jean Lambert MINET, cité le 26 janvier 1795, dans un acte de baptême de Fraiture, était sans doute chapelain à cette date, etc.


À suivre.

HISTORIENS.

dimanche 13 septembre 2009

À Saint-Martin (Bovigny).

(publié le 7 décembre 1978)

Entre Rogery et Bovigny, sur un plateau dans la forêt, se dresse isolée une chapelle. L’endroit est connu sous le nom de « Saint-Martin ».

C’est le centre antique d’une paroisse régionale, devenue maintenant « de Bovigny ».

Elle portait à l’origine le nom de paroisse « Glain », du nom d’un ancien domaine auquel elle appartenait. Elle est signalée déjà dans un document de 814, mais il n’est pas douteux qu’à ce moment elle existait déjà depuis pas mal de temps.
Elle comprenait le territoire de la commune de Bovigny, sauf Cierreux qui dépendait de Salm. En des textes latins, elle est dénommée « de Glaniaco » en 814 et 950. Plus tard, au XIIe siècle, on la désigne sous le nom de « Saint-Martin », du nom du patron.

À la suite d’événements malheureux de toutes sortes, guerres, ravages, épidémies, aux XIVe et XVe siècles, le curé de la paroisse finit par devoir abandonner son presbytère non loin de l’église, et son séjour à Bovigny, de provisoire d’abord, devint peu à peu définitif. Le 2 juin 1717, la chose fut régularisée et le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle » de Bovigny. Le bâtiment, qui vraisemblablement était alors fort défectueux, finit par tomber en ruines. Toutefois, en 1850, l’abbé DEBRA, curé de Bovigny, fit construire la chapelle actuelle, sur l’emplacement de l’ancien édifice ; elle est connue sous le nom de « chapelle N.D. des Malades ».





Il n’y a jamais eu d’habitation à côté de la chapelle, qui est toujours restée isolée. Le presbytère se trouvait au bas de la côte conduisant à la chapelle, près de la rivière.

Gaston REMACLE

mardi 8 septembre 2009

À Goronne-Vielsalm. Centenaire du sanctuaire Notre-Dame de la Salette.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 22 septembre 1954)

Le 19 septembre 1846, sur les hauteurs alpestres de la Salette, deux petits bergers. Mélanie et Maximin, avaient vu une « belle dame », la robe très longue, très ample, le fichu, la haute coiffe, le diadème, les roses qui brillaient sur sa tête, ses épaules et ses chaussures, le crucifix qui reposait sur sa poitrine et des larmes dans les yeux. La belle dame leur avait parlé de l’oubli du repos dominical, du devoir de l’assistance à la messe du dimanche, des obligations du Carême et des blasphèmes. Elle parla en français d’abord, en patois ensuite. Elle ne cessait pas de pleurer. Les bergers la virent enfin s’élever de terre en regardant le ciel et disparaître. Après des enquêtes longues, prudentes et minutieuses, l’autorité ecclésiastique proclama la réalité et l’authenticité de cette apparition.

En 1853, des faits étranges et qui ne sont pas sans rapport avec le miracle de la Salette, jetèrent dans l’étonnement les populations du pays de Salm. Sur le plateau de Goronne, solitude de forêts et de pâturages, un paysan, Jean-Maurice CUVELIER, se mourait dans la chambre basse d’une ferme. Marié à une dame FREDERICH, de Grand-Halleux, il n’avait eu en cette vie que peines et misères. De ses sept enfants, cinq étaient morts. Lui-même, condamné par un médecin, avait embrassé, sans espoir de le revoir jamais, son fils aîné, appelé à Liège par la loi de la conscription. Et voici qu’après une nuit de coma, l’agonisant s’éveilla sain de corps et d’esprit. Il expliqua à sa femme qu’une « belle dame » et qui pleurait lui était apparue en songe. Elle lui avait parlé : « Si tu veux être guéri, promets de construire une chapelle en mon honneur à Pelhémon ». il avait promis.

En ce temps-là, Goronne vivait à l’écart des bruits du monde. CUVELIER et sa femme ignoraient tout des prodiges de la Salette. Le curé de la paroisse, l’abbé PONDANT, plus instruit des nouvelles religieuses, n’eut aucune hésitation en écoutant la description de la dame faite par le miraculé ; il s’agissait sans aucun doute de la Vierge de la Salette. Maurice CUVELIER entreprit sans retard l’exécution de sa promesse. Non loin de la route, entre Arbrefontaine et Goronne, au lieu dit « Pelhémon », s’éleva une spacieuse chapelle dédiée à Notre-Dame de la Salette.
En 1854, tandis que les paroisses du doyenné de Vielsalm se préparaient à fêter l’inauguration du nouveau sanctuaire, une nouvelle sensationnelle courut toute la région et attira des foules de curieux à Goronne : la femme de CUVELIER avait mis au monde un enfant apparemment non-viable : sans bras, le petit corps portait dans sa chair, imprimés en stigmates, les signes de la Dame de la Salette, le front en coiffe, des marques roses autour de la tête, aux épaules et aux pieds, une croix dessinée sur la poitrine et des larmes dans les yeux. Ressemblance douloureuse avec la statue de la Vierge qui, dans la chambre de l’accouchée, attendait d’être transportée en procession dans le sanctuaire de Pelhémon. L’enfant vécut neuf mois. Jamais, l’autorité épiscopale ne s’engagea dans la reconnaissance des merveilles de Goronne. La chapelle de Pelhémon resta un lieu de dévotion du pays de Salm. Elle est probablement de toute la Belgique le plus ancien sanctuaire dédié à Notre-Dame de la Salette.





Le 19 septembre 1954, cent ans après les étranges événements de Goronne, des cérémonies commémoratives ont attiré de nombreux pèlerins autour du sanctuaire de Pelhémon. Les descendants de la famille CUVELIER étaient accourus de partout : fait curieux, sur la cinquantaine de descendants du miraculé d’il y a cent ans, aucun n’habite plus Goronne. Tous sont dispersés à travers la Belgique. Malgré le temps gris et une pluie fine qui ne cessa presque pas de tomber, du matin au soir, de ce dimanche anniversaire, les processions de 10 h.30 et de 15 heures ne furent pas mouillées.
Le char de Notre-Dame de la Salette, le matin, et celui de Notre-Dame de Luxembourg, l’après-midi, entraînèrent derrière eux la foule des grands jours. Les chants étaient dirigés par l’infatigable Désiré JACQUES.
M. le Doyen de Vielsalm célébrait la messe, assisté de M. le Préfet des Salésiens de Farnières et de M. l’aumônier du Pensionnat du S[acré].C[oeur].

[ill.]

Statues en bois sculpté de Notre-Dame de la Salette et des deux bergers Mélanie et Maximin, telles qu'elles furent placées, il y a cent ans, dans la chapelle de Pelhémon. Comme les autres statues du sanctuaire, elles sont l'oeuvre du sculpteur de Grand-Halleux, connu au XIXe siècle, dans le pays de Salm, sous le nom de « le bon Dieu de Grand-Halleux ».


Après l’Evangile, le R.P. Edmond, supérieur des Franciscains de Liège, rappela les paroles et les leçons de la « belle dame ».
À l’harmonium, M. l’abbé BACCUS, curé d’Arbrefontaine, accompagnait le chœur des jeunes filles de la paroisse.

Aux vêpres solennelles de l’après-midi dans une brève allocution, le R.P. Edmond félicita les paroissiens de Goronne pour l’ornementation parfaite du long parcours de la procession, pour leur générosité et leur ferveur dans la participation aux cérémonies de la journée.

La « belle dame », qui pleurait à la Salette sur l’ingratitude des hommes, aura certainement ressenti de la consolation en ce centenaire de sa chapelle de Pelhémon. Un pèlerin étranger disait après la cérémonie du soir : « Quelle belle et nombreuse jeunesse possède Goronne ! Je croyais que c’était un village mort. Et voici que j’y ai vu et entendu des jeunes gens et des jeunes filles d’une vitalité riche en promesses ! ».

A.E.D.

Ndlr :

1) Le 21 décembre 1961, la 3e Chambre de la Cour d'appel de Liège a rendu son arrêt à l'encontre des prévenus PAQUOT, MAHAIM, FONTAINE, DODENGE et SIMON. Ceux-ci avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de Marche. Depuis 1958, ils avaient organisé une cinquantaine de vols d'objets religieux et d'objets d'art dans les églises, notamment à Vaux-Chavanne. Ce ne fut qu'en mars 1960 que la police judiciaire de Marche procéda aux arrestations, après un nouveau vol commis à Goronne-Vielsalm. Un lot de 10 statuettes avaient été volé dans cette dernière chapelle, statuettes évaluées à plus de 300 000 fr. Celles-ci en bois sculpté datant du XVIIe siècle, d'autres exécutées par un menuisier de Grand-Halleux, Henri LAMBERT, qui était surnommé "Hinri dè bon dju". (coupure de presse)

lundi 7 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle (2).

(publié dans Pays de Salm, le 28 mars 1954)

(suite)
La chapelle bâtie en 1765, et les autorisations nécessaires accordées en 1766 et 1767, restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure à la localité.

En ce temps-là, les curés et les vicaires ne recevaient aucune allocation des pouvoirs publics. Leurs ressources venaient en général de leurs biens personnels, du casuel, de certaines redevances et offrandes. Certains prêtres même, étaient exploitants agricoles, les mœurs d’alors différant de celles d’aujourd’hui.

Le 26 décembre 1766, les chefs de ménage de Ville-du-Bois assemblés vinagèrement par devant le notaire RAPHAEL, de Vielsalm, avec comme témoins « sire Laurent Martiny official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux » et « Jean Etienne George de Rencheux » s’engagèrent, par n acte revêtu de leurs signatures, « volontairement et solidairement l’un pour l’autre et tant pour eux que pour leurs descendants et successeurs » à pourvoir à la subsistance et entretien d’un prêtre, et ce, de la façon suivante :

- payer au prêtre « pour rétribution annuelle chaque ménage un demi stier de seigle ou deux escalins et un stier d’avoine ou deux escalins à la nouvelle année, avec un pain ou une plaquette ; et au mois de mai une livre de boeur et un demi quartron d’œufs ou au lieu de ce cinq sols et demis ce qui importera annuellement au moins quarante-huit écus et treize sols de cette province, attendu qu’ils sont au nombre de septante-trois ménages actuellement ».

- lui fournir « une demeure honête et décente ». un bâtiment fut mis à la disposition du vicaire et dans lequel, dès 1767 déjà, le prêtre tint école. C’est le presbytère actuel. A ce bâtiment fut joint un potager d’environ sept ares, donné à la maison vicariale par des habitants du village.

- fournir « le pain et le vin nécessaire pour la célébration des messes ».

- en outre, pour la tenue de l’école, le « prêtre percevra une plaquette de chaque enfant non escrivant, et un escalin de ceux qui apprendront à écrire, et fourniront au surplus le chauffage nécessaire » (l’escalin valait deux plaquettes ou francs 0,58 environ).

De son côté, le prêtre devait :

- tenir l’école « assiduement » ; de fait, une école sera mentionnée déjà en 1767.

- et célébrer « les messes des dimanches et lundis et des fêtes de la vierge qui se faiteroient à l’intention des habitants ».

et ainsi, dès 1767, un prêtre fut attaché à demeure comme vicaire à Ville-du-Bois : l’abbé Jean-Pierre DECROTIER, auparavant vicaire à Goronne, et originaire de Mont-le-Ban.

Il y resta jusqu’à sa mort, à Ville-du-Bois, le 13 octobre 1801, soit donc trente-cinq ans.

Nous donnons maintenant la fin du document du 26 décembre 1766, constituant l’engagement de la communauté de Ville-du-Bois concernant le prêtre de la localité :

« … en foi de quoi lecture distinctement faite les dits habitans ont signé
et respectivement marqué ne sachant écrire en présence de sire Laurent Martiny
official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux et de Jean
Etienne George de Rencheux témoins requis et appellés qui ont aussi signé et moi
susdit notaire sousigné au dit Ville du Bois ut supra sont à la minute
originelle signés et respectivement marqués Jean Cottin ; Pierre Cuvelier,
marque de Barbe X veuve Pierre Gengoux ; signé Gilles Bertrand pour sa mère ;
marque d’Anne X veuve Bastin Christophe ; signé Léonard Deprelle ; marque de
Pierre Jean X Pierre ; signé Pierre Englebert ; marque de X Mathieu Melchior ;
signé Joseph Dantinne ; Bartholomé Jeunejean ; Jean Henri Piron ; Bartholomé
Henri Bontems ; marque X de Jean Piron Tichon ; marque X de Mathieu Counet ;
marque X de Maurice Lebecque ; signé Jean-Henri Laurent ; marque X de Henri
Bontems ; marque X de Gérard Jeunejean ; marque X de Jean Gérard Remacle ;
marque X de George Fourgon ; signé Jean Joseph Talbot ; marque X de Henri
Alexandre pour la veuve Alexandre sa mère ; signé Joseph Lebecque, Noel Jean
George ; marque de X Hubert Bontems, signé Hubert Cuvelier ; Gengoux Roualle ;
marque de X Joseph Englebert ; signé François Deprelle le jeune ; marque de
Servais X Cahay ; marque X de Henri Dantine ; signé Pierre Warny ; marque X de
Marie Catherine veuve Bartholomé Bontems ; marque X de Marie Elisabeth Georis
pour sa mère veuve ; marque de X Mathieu Pierre Noel ; plusieurs étant absens
les suivans commis de la communauté se font forts et pleigent caution pour eux
sont signé François Deprelle ; François Gengoux ; Mathieu Remacle ; marque X
d’Englebert Henri Jean Henri ; signé Henri Jeunejean ; Gengoux Dantine ; Jean
Benoit Cuvelier ; Jean Servais Gengoux ; puis L. Martiny curé de Salm témoin ;
Jean Etienne George témoin ; et soussigné in fidem J.F. Raphaël notaire ».

Gaston REMACLE

samedi 5 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle.

(publié dans Pays de Salm, le 21 mars 1954)

Faisant partie de la paroisse de Salm, pendant longtemps Ville-du-Bois n’a possédé aucune chapelle ou église.

Vers la moitié du XVIIIe siècle, les habitants du village jugeant « leur communauté fort grande et peuplée » soit 73 ménages, décidèrent de « faire ériger une chapelle et « d’y faire célébrer la sainte messe, moyennant la permission des supérieurs, par un prêtre duement à ce salarié ».

Si l’on se représente l’état des chemins en ce temps-là, ainsi que l’ittinéraire à parcourir, on comprend que pour une population de plus de 300 personnes, l’érection d’une chapelle se justifiât.

Il y a lieu de remarquer qu’en effet à ce moment, et pendant un siècle encore, le chemin reliant Ville-du-Bois à Vielsalm différait totalement de celui d’aujourd’hui. De Ville-du-Bois à Hermanmont il s’en écartait vers le sud, tandis qu’à partir de Hermanmont il descendait au gué du Tienne-messe et, de là, se dirigeait vers l’endroit appelé actuellement Sous-bois. Et quel chemin !

Aussi, combien ne pouvaient que difficilement se rendre à Vielsalm pour la messe dominicale. Et que de difficultés aussi pour la fréquentation de l’école paroissiale, l’instruction religieuse, les baptêmes, etc. Situation pénible à laquelle une solution s’imposait.

On imagine qu’intervenait bien un peu également une raison d’amour-propre. Depuis longtemps Ville-du-Bois était la plus populeuse des localités de la paroisse de Salm, dépassant même Vielsalm, comme il le dépasera pendant près d’un siècle encore. Or, Salmchâteau, Goronne, Burtonville, Petit-Thier, Cierreux, Commanster, localités de population moindre, avaient leur chapelle depuis quelque temps déjà.

C’est ainsi qu’au cours de 1766, une requête fut introduite auprès de l’Evêque de Liège, dont notre région relevait alors au point de vue religieux, et ce jusqu’en 1842.
Intempéries, rigueurs de l’hiver, distance à franchir, relief accidenté du sol, rivière à traverser, eaux stagnantes sur le parcours, constituent un ensemble de raisons mises en relief.

La réponse fut favorable. Fin 1766, Monseigneur l’Evêque de Liège reconnaissait le bien fondé de la requête, et l’autorisation est accordée.

Mais il y avait l’autorité civile. Une requête lui fut également présentée. Elle rencontra un refus, le 27 avril 1766.

Il faut se rappeler ici qu’au comté de Salm, à ce moment, se multipliaient les débats entre le seigneur et les sujets. D’autre part, la reconstruction de l’église de Vielsalm, un peu auparavant, avait entraîné des dépenses considérables que le comte avaient blâmées. Qui sait si la crainte de nouvelles dépenses n’a pas eu son influence dans le rejet de la requête.

Et pourtant, les habitants de Ville-du-Bois voulaient leur chapelle. Ils n’avaient pas attendu la réponse à leurs requêtes pour se mettre à la besogne. Au cours de l’été 1765 déjà, un édifice avait été érigé, entièrement à leurs frais.

Le 29 mars 1765, Jean Gérard DELVEAUX et Quirin LAMBORELLE, tous deux de Houffalize, firent accord avec les commis de la communauté de Ville-du-Bois pour exécuter la construction d’une chapelle. Le premier, de faire, pour septembre, toute la charpente nécessaire, pour une somme équivalent à 71 écus (environs 330 frs.). le second, de faire les murailles crépies, de 3 pieds moins un quart d’épaisseur et 18 de hauteur, pour un bâtiment mesurant à l’intérieur 53 pieds de long et 25 de large, avec, de chaque côté, trois fenêtres larges de 3 pieds et hautes de 6, et cela pour le prix de 56 écus (environ 260 frs.) ; le travail de maçonnerie devant commencer en mai. L’édifice comporterait un clocher comme celui de l’église de Salmchâteau à ce moment-là.

Les commis de Ville-du-Bois signant cet accord étaient François-Pierre GENGOUX, François-Gérard ANDRIANNE, Jean-Benoît CUVELIER, Mathieu REMACLE, Jean LEONARD, Jean GEORGE, Gengoux DANTINNE, Henri JEUNEJEAN.

C’est avec les « commis de la communauté » que l’accord était conclu, bien qu’en présence de deux habitants de Vielsalm figurant au nom de la paroisse de Salm, preuve de l’accord au moins tacite de l’autorité religieuse locale.

Dès lors, le rejet de la requête à l’autorité civile, comme nous l’avons dit ci-dessus, arrivait trop tard. Cette dernière se trouvait devant le fait accompli.

La chapelle bâtie, il restait à pouvoir y bénéficier de la célébration du culte et de la présence à demeure d’un prêtre.

Le 26 décembre 1766, les autorisations manquant toujours, les habitants expriment la volonté de pourvoir à « l’honête entretien » de leur chapelle « en subvenant promptement à sa décoration et à tous les ornements nécessaires ». et, ajoutent-ils en gens décidés, de pourvoir également à la subsistance et l’entretien d’un prêtre. A cette date déjà même des fondations de messes sont faites à la dite chapelle.

Le 31 décembre enfin, Monseigneur l’Evêque accorde la demande de bénir l’édifice et fait savoir, qu’à la première occasion opportune, celui-ci sera consacré.
Six semaines plus tard, le 12 février 1767, le Conseil provincial de l’Impératrice permet également au curé MARTINY de Vielsalm de bénir la chapelle.

Dès lors, on peut considérer l’édifice comme ouvert au culte et devenu centre de vie religieuse pour la localité.

L’emplacement de la chapelle était le même que celui de l’église actuelle. Mais le bâtiment s’orientait de l’est à l’ouest, avec entrée du côté de l’ouest.

Restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure au village.

(La fin au prochain numéro)

Gaston REMACLE

vendredi 4 septembre 2009

Ville-du-Bois. Ses prêtres.

(publié dans l’Annonce de Vielsalm le 6 octobre 1946)

En ce mois d’octobre, il y a 26 ans qu’arrivait à Ville-du-Bois, pour y desservir la paroisse, M. le Curé LEFEBVRE.
Un quart de siècle, cela compte.
Les vingt six ans de pastorat de M. le Curé LEFEBVRE prennent une belle place dans la série de prêtres ayant exercé les fonctions sacerdotales dans la paroisse. C’est pourquoi nous croyons l’occasion bonne de donner le relevé des prêtres qui ont présidé spécialement à la vie religieuse de cette localité.

C’est seulement depuis 1842 que le village constitue une paroisse propre.
A cette date, Ville-du-Bois est distrait de la paroisse de Vielsalm dont il faisait partie depuis 1803, et son église était érigée en succursale.

Avant 1803 et pendant des siècles, Ville-du-Bois avait été une des localités de la paroisse de Salm. Celle-ci occupait tout le territoire allant de Cierreux à Poteau et de Commanster à Grand-Halleux ; l’église et le presbytère se trouvaient à Vielsalm.
La plus ancienne citation de la paroisse de Salm date de 1131. toutefois il y a lieu de penser qu’elle remonte à l’époque caloringienne. Son origine serait antérieure à celles du comté de Salm et de Vielsalm. Quoiqu’il en soit, pour l’instant il s’agit seulement de rappeler les prêtres connus qui ont particulièrement reçu en charge les intérêts spirituels des habitants de Ville-du-Bois.

Le premier était Sire Jean-Pierre DECROTIER, originaire de Mont-le-Ban et fixé à Ville-du-Bois dès 1767. Il y restera 34 ans.

Les circonstances de sa venue méritent d’être signalées. Vers le milieu du XVIIIe siècle, les habitants de Ville-du-Bois jugèrent que leur communauté « fort grande et peuplée » méritait bien une chapelle et un prêtre la desservant en permanence. Ils entreprirent à cet effet des démarches auprès de l’autorité civile et de l’autorité religieuse. Et sans même en attendre le résultat, on bâtit. La chapelle érigée, l’autorité dut bien reconnaître le fait. Il y a lieu de penser que le Curé de Salm, Sire Laurent MARTINY, n’était pas hostile à l’entreprise. Bref, l’Abbé DECROTIER, vicaire à Vielsalm, fut chargé des fonctions sacerdotales à Vile-du-Bois. Il tint également école pour les enfants de la localité.

La fin de sa carrière rencontra l’hostilité du Régime français. Les Sans-culottes s’étaient installés dans la région en 1795. dès 1796, surgirent des difficultés religieuses, notamment avec le Curé de Salm, l’Abbé BARTHELEMY, qui est obligé de s’enfuir. Pressé de prêter le fameux serment de haine à la Royauté et à l’anarchie, l’abbé DECROTIER refuse ; en conséquence, le presbytère doit être mis sous séquestre.

L’attitude du prêtre ne manqua pas d’influencer celle de ses ouailles. Ville-du-Bois ayant été érigée en commune, son agent et l’agent-adjoint démissionneront plutôt que de prêter aussi le serment. En guise de protestation, la localité diffère même de tenir les assemblées primaires et de faire le nécessaire en matière d’impôt. La résistance fut vive, comme en d’autres localités voisines d’ailleurs.
Elle cédera, mais devant la menace, celle d’envoyer des garinsaires dans les maisons du village.

Après le fameux coup d’Etat de Napoléon en 1799, le serment exigé fut remplacé par une simple promesse de fidélité à la constitution nouvelle. Le 20 janvier 1800, l’Abbé DECROTIER fit à Vielsalm la promesse demandée.
Il mourut le 13 octobre 1801 à Ville-du-Bois.

Lui succéda le R.P. THIMOTEE prémissaire et écolâtre.

Puis l’Abbé François REUCHENBERG, cité dès 1805. il était natif d’Aix-la-Chapelle. Il est mort à Ville-du-Bois, à 50 ans, le 5 septembre 1816. sa pierre funéraire se trouve encore actuellement au cimetière de Vielsalm.

Vient après lui l’Abbé GUILLAUME, de 1818 à 1823. c’est lui qui notait que parmi les devoirs du vicaire figure celui de « tenir les écoles en hiver ».

Puis l’Abbé Paul COLLIN, de 1824 à 1833. lui aussi s’occupe de l’instruction des enfants. En 1828, lorsque l’Asministration communale de Vielsalm établira une école primaire à Ville-du-Bois, c’est l’Abbé COLLIN qui est nommé instituteur.

En 1833, il est remplacé par l’Abbé KELLEN, précédemment à Burtonville. Celui-ci restera jusqu’en 1843.
En 1842, Ville-du-Bois étant érigé en paroisse, M. KELLEN est nommé premier administrateur.

Vient alors l’Abbé PONDANT, curé pendant 18 mois, de 1843 à 1845.

Ensuite l’Abbé GROGNA, 18 mois également, jusqu’en 1847.

M. l’Abbé WATHELET, originaire de Vielsalm, arrive le 19 octobre 1848. il restera 26 ans, jusqu’au 14 novembre 1874. transféré à Gesves, puis à Lomprez, il garda un souvenir tel de Ville-du-Bois qu’il voulut y être enterré en 1885.

Après lui, M. l’Abbé Félix GROFILS, de Wandre, de 1874 à Pâques 1897. transféré à Lesves, il fut élevé par après au canonicat. Lui aussi voulut être enterré à Ville-du-Bois en 1911. comme l’indique son épitaphe, il dirigea « la paroisse avec un zèle ardent et une exquise bonté ». aimant beaucoup sa paroisse, il se dépensa pour la doter d’une nouvelle église, une des plus belles de la région. Sans cesse préoccupé du bien de la localité, cultivé, il fut également le promoteur de plusieurs autres projets en faveur de ses ouailles.

M. l’Abbé HENNUY, originaire de Rettigny, le remplaça, de 1897 au 1 octobre 1920. la maladie lui imposa la retraite. Longtemps, il s’était dévoué au service des écoles locales de filles, et on lui doit aussi l’existence d’une laiterie prospère durant une dizaine d’années.
C’est M. le Curé LEFEBVRE qui lui a succédé.

De l’œuvre entreprise par ces prêtres, il y aurait beaucoup à dire. Bornons-nous à relever leur effort sans cesse poursuivi en faveur de l’instruction des enfants.

Quand les pouvoirs publics décidèrent d’établir une école primaire à Ville-du-Bois et que l’Abbé COLLIN fut nommé instituteur, il y avait soixante ans que l’Abbé DECROTIER avait commencé son œuvre d’instruction, continuée par ses successeurs, succédant elle même à celle que depuis longtemps les Curés de Salm avaient entreprise pour leurs paroissiens.
Plus tard, dès le début du Xxe siècle et toujours dans le même esprit de développer la vie intellectuelle du village, le prêtre local suscita la création d’une école primaire de filles et d’une école gardienne qui ont duré quarante ans, et une école dominicale de jeunes filles qui exista vingt ans.

Bel effort qui, à lui seul, mérite bien à ses auteurs pour le moins un fervent souvenir.

Gaston REMACLE

jeudi 3 septembre 2009

Arbrefontaine-Le chemin de croix.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg le 10 août 1952)

Pour y aller, il faut le vouloir. Ni train, ni autobus. Une route communale bien asphaltée. Elle descend des casernes de Rencheux-Vielsalm dans le val de Goronne, remonte sous les ombrages jusqu’au village du même nom et redescend vers un ruisseau connu déjà en 666, sous le nom d’Alba Fontana, et d’Albus Fons en 815 et 950. Moines de Stavelot et Rois Francs, puis Maires du Palais de Lierneux, furent les premiers à se partager les domaines de l’une et l’autre rive. Bientôt, les comtes de Salm convoitèrent l’ensemble de ce territoire et se l’approprièrent, par violence, disent les uns, par accord avec les moines, disent les autres. Fin du 16me siècle ou début du 17me, le patronage de Lierneux, sur la paroisse d’Arbrefontaine, est enlevé en leur faveur par les mêmes comtes de Salm. Sous la République française, le village est inscrit au canton de Vielsalm, arrondissement de Malmedy et département de l’Ourthe. En 1818, il passe à la province de Luxembourg.

Aujourd’hui avec ses hameaux de Menil, Chenay et Devant-le-Bois, Arbrefontaine compte 311 habitants et, depuis 1843, appartient au diocèse de Namur.
On raconte que le premier curé nommé par l’Evêque de Namur s’appelait « Maka ». soucieux de mettre au clair, et il y réussit, le sommier des titres antérieurement fort embrouillé, il n’eut pas le même succès avec les gens de sa paroisse ; ses brouilles avec plusieurs d’entre eux et ses démêlés sont restés célèbres. Lors d’une visite épiscopale, la première après le rattachement d’Arbrefontaine au diocèse de Namur, les cloches de l’église St-Maurice sonnaient à toute volée pour saluer le départ de l’Evêque. Au bourgmestre qui l’accompagnait jusqu’à la sortie du village, Monseigneur dit : « Vous avez de bien belles cloches, M. le bourgmestre ». – « Oui, Monseigneur, répondit le mayeur ; c’est dommage que le « maka » [le battant] ne vaut rien ! ».

L’un des successeurs de l’abbé MAKA, M. BONNECOMPAGNIE, curé de 1852 à 1871, devint doyen de Vielsalm. Son ministère fut illustré par les aventures du célèbre sorcier « Le Vieux Berger ».
Mais, plus que la sorcellerie, la piété a peuplé Arbrefontaine d’histoires merveilleuses. À chaque pas se lèvent des croix, des chapelles, dont la voix populaire raconte les origines légendaires ou vraies, toujours étranges, et surtout ce remarquable monument de la foi des anciens : « Les stations de la Chapelle du Calvaire », vieux de plusieurs siècles et dont le curé actuel, M. l’abbé BACCUS, a entrepris l’audacieuse et la couteuse restauration matérielle et spirituelle.









À la sortie du village, vers Odrimont, le long d’un chemin encaissé, chemin qui mène au bois, au lieu dit « Blanchar », à l’ombre de hêtres et de chênes, apparaissent, adossés au talus de droite, quatorze édicules d’une architecture curieuse, rustique et cependant de proportions harmonieuses. Ils s’échelonnent suivant la courbe du chemin dans un chatoiement d’ombres et de lumières. Un étroit sentier ç flanc de talus permet de passer d’un édicule à l’autre et d’aboutir à une chapelle carrée avec autel et statue de la Vierge.

Les archives paroissiales ne donnent aucune précision sur la date d’érection de ce monument. Elles parlent comme les vieilles gens : « Autrefois, depuis longtemps déjà, un dimanche par mois, les paroissiens d’Arbrefontaine et des environs avaient coutume de faire solennellement en cet endroit le chemin de croix ».

Une tradition rapporte qu’une ancienne religieuse, retirée à Arbrefontaine, Mlle Anne MASSOZ, décédée en 1772, fit construire en sa demeure un sanctuaire. On peut encore voir l’emplacement. Personne très pieuse, elle aurait, -- cette supposition ne s’appuie sur aucune preuve sérieuse, elle semble purement sentimentale, -- elle aurait, de son vivant, dirigé les travaux des stations et de la chapelle du Calvaire.
Une croix de schiste, retrouvée dans les ruines de l’édifice après l’offensive des Ardennes, et plantée aujourd’hui à gauche de l’allée centrale, face à la chapelle, porte l’inscription suivante :

IHS
IN : MEMOIR : DE LA MORT
ET : PASSION :DE IESUS CHRIST
PRIE : POUR LES : TREPASE
P 1736 Z
PV AVE


1736 ? Serait-ce la date recherchée ? Peut-on se fier à ce document gravé dans la pierre ? Les gens du village vous diront : « Nos stations du calvaire sont d’un temps plus reculé. Elles remontent probablement au 17me siècle ».
Sur quoi s’appuient-ils pour parler de la sorte ? Peut-être sur les matériaux et l’architecture du monument.

Chaque édicule, en pierres plates de schiste superposées, témoigne d’un art ancien. Il forme un bloc massif de 1m.50 de haut sur 0m.90 de large et de long, le tout recouvert d’une dalle de schiste de 1m.30 sur 1m.10. C’est surtout la superposition des pierres plates de schiste qui donne à ces édicules un étonnant cachet. Leur austère beauté s’allie à la représentation primitive des mystères le la Passion. Au centre, face au chemin, une ouverture profonde, étroite, grillagée, abrite l’une des scènes des quatorze stations. Les anciens du village se souviennent des personnages en bois sculpté qui composaient chacune des scènes. Ces statuettes ont disparu lors de la dernière restauration des édicules, en 1898. Elles furent remplacées par de mièvres plâtres sulpiciens en ovale. Dans la restauration, entreprise en cette année 1952, M. l’abbé BACCUS espère recueillir l’argent nécessaire à la remise en place, au fond des logettes de schiste, de personnages en bois dans le style simple et un peu rude des édicules.

La grande chapelle de la Vierge a souffert de la guerre. Un obus l’a détruite en partie. Aucun dossier de dommages n’en a été relevé. La négligence est d’autant plus regrettable que l’ensemble des stations et de la chapelle du calvaire mériterait d’être classé au nombre des sites et des monuments historiques. En attendant, pour en achever la restauration, le dévoué curé compte sur la générosité de ses paroissiens. Sur les étrangers aussi qui reprendront bientôt la coutume plusieurs fois séculaire de gravir l’étroit sentier du chemin de croix.

Aux touristes, Arbrefontaine offre la curiosité de ses vieilles fermes ardennaises, véritables musées d’antiquités où vivent des paysans parmi des ustensiles, des meubles et des boiseries, conservées avec le plus grand soin et d’une valeur inestimable. Au cours de leurs promenades au bord du ruisseau, dans la fraicheur des bois, ils cueilleront des légendes avec fraises, framboises, airelles et myrtilles. Aux carrefours des chemins, au creux du vallon, à la limite des herbages, chaque croix, chaque chapelle leur dira l’histoire d’un passé lointain ou récent : celle des dévots de Menil parlant à saint Roch, celle encore « au Chenay » de l’homme qui échappa miraculeusement aux brigands en faisant vœu de construire une chapelle à Marie, et cette autre d’hier, quand la famille TOUBON s’enfuit en mai 1940 devant l’invasion des brigands nazis. Sur les routes de l’exode. Dame TOUBON pleurait : tous les membres de sa famille avaient été dispersés par l’ouragan. Elle promit de construire un sanctuaire à Notre-Dame de Grâce si elle avait le bonheur de retrouver tous les siens réunis, la guerre terminée. Elle eu ce bonheur, et, en 1949, au lieu dit Plennsoul route d’Odrimont, s’élevait la chapelle du vœu à N.-D. de Grâce.

Les habitants d’Arbrefontaine, gens calmes, travailleurs, aimables, accueillants, ont une voirie que leur envient les communes environnantes. Ils seront bientôt très fiers de montrer aux étrangers dans sa beauté retrouvée l’un des plus rares monuments de la foi des anciens du pays de Salm : les quatorze édicules en schiste des stations du Calvaire et, sur la colline, devant le vaste horizon de bois et de prés, la chapelle de la Vierge, enveloppée de solitude et du souvenir des trépassés.

A.E.D.

lundi 31 août 2009

Notes sur la paroisse Sainte-Anne de Commanster.

P. LEJEUNE, dans G.S.H.A. n°6 (1977) pp.48-52.

Dotation de la chapelle de Règné (Bihain) en 1717.

L. MARQUET, dans G.S.H.A. n°6 (1977) pp.25-30.

Paroisse de Bovigny. Édifices religieux.

(publié dans le Bulletin paroissial, août 1910)

L’ancienne chapelle de Notre-Dame, érigée à Bovigny au 15e siècle devint officiellement le centre paroissial en 1717. Elle avait été reconstruite et agrandie en 1684 sous le pastorat de Sire Henri RUTH. Elle fut consacrée en 1714, sous le pastorat de Sire Nicolas MACHURAY, par Mgr. LIBOIS, évêque suffragant de Liège. La cloche actuelle date de 1723.
L’église actuelle a été réédifiée et agrandie en 1891, elle est dédiée à St. Martin.

Courtil possédait une chapelle, dédiée à St. Hubert, déjà citée en 1604. Elle a été démolie et remplacée par la belle chapelle actuelle en 1898. Courtil fut érigé officiellement en chapellenie l’an 1762.

Rogery fut doté d’une chapelle en 1714. Le patron était St. Eloi. L’érection en paroisse eut lieu en 1839.
La section paroissiale de Cierreux, sauf 3 maisons situées sur l’ancien chemin de Vielsalm (le moulin) avait une chapelle vicariale dépendant de Vielsalm et construite en 1704. Le village de Cierreux fait partie de la paroisse de Bovigny depuis 1802. Jusqu’en 1816, un vicaire y résidait. L’ancienne maison vicariale a été démolie il y a quelques années. Actuellement Cierreux n’est plus qu’une annexe reconnue vers l’an 1874 desservie par e vicaire de Courtil.

Halconreux possède une petite chapelle d’origine inconnue et dédiée à St. Donat. Souvent les habitants de Halconreux ont engagé un prêtre qui célébrait la messe le dimanche. Nous trouvons les noms de Sire PIROTTE, de 1759 à 1763, de Sire RENARD en 1763, de sire CRINE en 1762. C’est à Halconreux que M. WAGNER vicaire de Courtil se retira en 1861. Il y mourut en 1866.