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dimanche 27 avril 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 21 mars 1903 donne le compte rendu d’un conseil communal grandguignolesque qui a bien réjoui la nombreuse assistance. En voici quelques morceaux choisis.
Le conseiller Talbot de Ville-du-Bois conteste un sujet qui n’était pas mis à l’ordre du jour :  …lors de mon installation, vous m’avez servi un pied de cochon, je vous servirai un cochon tout entier.
M. Gomez : Serait-ce vous par hasard ?
M. Talbot : Je crois que je suis ici dans une ménagerie.
M. Gomez : Dont vous êtes le principal fauve.
M. Talbot, dans un accès de rage,  agresse alors M. Gomez qui reste calme sous l’avalanche des grossièretés et des calomnies qu’il est impossible à l’éditeur du journal de rapporter.
Rappelé à l’ordre, M. Talbot continue : J’entends vous faire enrager. A M. Gomez : Dis tout ce que tu veux, frère Gomez, on te connaît.
A propos d’une lettre envoyée par le notaire Crepin : C’est un mangeur de bouillon, il était saoul. Pendant la lecture de cette lettre, Talbot se démène d’une façon très violente et frappe à coups de poing sur le pupitre.
Comme il est de nouveau rappelé à l’ordre, Gomez dit : N’insistez pas, M. le Président, cela amuse la galerie et il est heureux qu’il ne se trouve pas dans la salle un garde de la colonie de Lierneux. Et l’autre rétorque : Tais-toi, vieux casseur de bon Dieu, tu as dit que j’étais un sauvage, je le serai.
Comme nos conseils communaux sont policés de nos jours ! Hélas, peut-être ?

Le 18 avril, l’Organe  annonce :
- la nomination comme notaire à la résidence de Vielsalm de J.A. Lambert, candidat notaire à Liège, en remplacement de M. Gomez appelé à d’autres fonctions ;
- les travaux de pavage entre Vielsalm et Salmchâteau sont enfin en voie d’exécution. Ce sera une excellente amélioration pour cette route sur laquelle le trafic est intense ;
- des essais pour le transport des voyageurs en autobus viennent d’être faits sur le parcours Vielsalm-Lierneux. Le trajet assez rude s’est effectué sans panne.
On peut s’étonner de ceci car le tram n’est en service que depuis cinq ans et les véhicules automobiles n’en sont qu’à leur début.

Dans l’Organe du 25 avril  on rapporte qu’on a trouvé au pied du remblai de la ligne de chemin de fer à Trois-Ponts le cadavre du piocheur Servus : jambe droite coupée, bras droit broyé. On suppose qu’il aura été surpris par un train descendant vers Trois-Ponts, soit celui de 19h40,  soit celui de 20h07. Agé de 37 ans, Servus qui habitait Rochelinval,  laisse une veuve et quatre enfants de 11, 9, 7 et 2 ans.


                                                                               Robert NIZET

mercredi 31 juillet 2013

La villa des Doyards


(carte envoyée en 1911)

La villa des Doyards tenait son nom de l’ancien douaire du curé situé en contrebas. Elle fut construite par le bourgmestre Bertrand Beaupain. Démolie pour céder sa place à la très démesurée cité Houyoux.

Bertrand-Guillaume-Joseph Beaupain était né à Cierreux le 6 juin 1826, fils de Jean-Guillaume, bourgmestre de Bovigny. Il exerça la profession de marchand-tanneur. En 1852, il fut élu bourgmestre de l'ancienne commune de Petit-Thier. Fonction qu'il conserva jusqu'en 1865. Ensuite, il devint bourgmestre de Vielsalm de 1879 à 1895. Mort à Vielsalm le 5 avril 1904, il fut le père de Louis, juge de paix à Sibret, et le grand-père de l'épouse du notaire Lambert.


samedi 25 mai 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe de Vielsalm du 16 avril 1905 rapporte que, en début de semaine, le greffier provincial et le contrôleur du cadastre se sont rendus à Poteau pour délimiter un terrain resté neutre, se trouvant entre la Prusse et la Belgique, près de la ferme des Mauvaises Pierres.

Suivant celui du 15 avril 1906, il circulerait une pétition pour obtenir la séparation de la section de Salmchâteau et sa création en commune distincte avec Bèche et [La]Comté.

Dans l’Organe du 18 avril 1909 
- par A.R. du 7 avril 1909 M. Jules Lambert est nommé notaire à la résidence de Vielsalm en remplacement de M. Gomez ;
-les travaux de pavage entre Vielsalm et Salmchâteau sont en voie d’exécution. Excellente amélioration pour cette route sur laquelle le trafic est intense ;
- des essais pour le transport des voyageurs  en autobus ont été faits sur le parcours Vielsalm-Lierneux. [Assez curieux quand on sait que le tram ne fonctionne que depuis 5 ans et qu’un service de malle-poste subsistera presque jusque la deuxième guerre, mais par Goronne]

L’Organe du 24 avril 1910 annonce la nomination comme doyen de Vielsalm de Monsieur Hallet, curé à Villers-devant-Orval. Il remplace Monsieur Martilly qui prend sa retraite.
 Celui-ci, semble-t-il ne sera pas regretté par tout le monde !

Vendredi dernier vers 7 heures du soir, un violent incendie s’est déclaré dans le pâté de maisons se trouvant derrière le pensionnat des frères, place du marché [Ces frères allemands ont succédé quelques années aux Sœurs de la Providence parties aux Chars-à-Bœufs dans leur nouveau pensionnat]. Le feu a pris naissance dans la toiture de la maison occupée par J. Erler et s’est propagé à celle de Jules Habotte. Les deux habitations ont été la proie des flammes malgré la promptitude des secours.

A propos encore du tram, le conseil communal, dont le compte rendu est donné par l’Organe du 12 avril 1936, supprime le parcours de Vielsalm-Gare au terminus, l’administration du vicinal faisant remarquer que ce trajet se fait en pure perte, sauf pour le train du cinéma, maintenu.
Ce n’est pas la première fois que le trajet du vicinal entre la gare et le terminus à proximité de la place du marché est mis en cause. Il faudra cependant attendre la guerre pour qu’il soit définitivement et totalement supprimé.

Une grave agression est rapportée dans les éditions des 10 et 17 avril 1910 de l’Organe de Vielsalm : dimanche vers 8h30 du soir un triste individu s’était embusqué à l’entrée de la propriété de Rosée et a arrêté la femme Jeanpierre-Caillet de Petit-Thier. Après une lutte vive, la victime put se sauver et demander l’aide de deux passants. La police s’efforce de mettre la main au collet de ce satyre. Mais huit jours plus tard, le mystère n’était pas encore éclairci malgré que près de quarante personnes eussent été interrogées à la gendarmerie.

                                                                                         Robert NIZET